❖ Des nouvelles de l'armée la plus morale du monde ... #3
L'étoile bleue de la honte, la complicité flagrante de l'Occident Vs la résilience, le courage & l'humanité de tout un peuple laissé pour compte. Tour d'horizon de l'actualité, articles & témoignages
"Le fait que tant de personnes soient allées voir le film est extraordinaire, le fait qu'il soit autant d'actualité est alarmant. Pour faire écho à ce que nous disions il y a un an, nous voulions que le film nous pose à tous des questions sur la déshumanisation. Aujourd'hui, la Shoah et la sécurité juive sont utilisées pour justifier les massacres et le nettoyage ethnique à Gaza […]".
- Jonathan Glazer, qui a remporté le César du meilleur film étranger, pour La Zone d'intérêt, qui traite des camps de concentration nazis pendant la seconde guerre mondiale, dénonçant en direct le génocide palestinien sous des applaudissements spontanés.
SOMMAIRE :
1- En bref ou en résumé
Témoignage à l'ONU
Les tortures ignobles infligées aux prisonniers palestiniens
Vidéos en musique générées par AI : vidéo postées par Trump vs. celle réalisée en réponse par de jeunes Gazaouis
Sept nouveau-nés palestiniens sont morts de froid et de faim en une semaine à Gaza
Vols et pillages à Gaza, au Liban et en Syrie par des commandos israéliens
L'armée d'occupation israélienne étend son offensive Mur de fer dans le nord de la Cisjordanie
Aaron Bushnell & l'obligation morale
La CPI invitée à enquêter sur Biden et Blinken pour des allégations de crimes de guerre
Israël lance une attaque aérienne majeure contre Damas
Tous ces agendas israéliens ont été planifiés longtemps à l’avance
La famille Bibas exige que le gouvernement israélien cesse d'exploiter la mort des membres de sa famille à des fins de propagande
Un lieutenant de l'armée de l'air en service actif demande à être déchargé de ses fonctions en raison du génocide perpétré à Gaza
Israël bloque l'entrée de l'aide à Gaza après la fin de la première phase du cessez-le-feu
Washington prépare le terrain politique pour l'annexion de la Cisjordanie par Israël
Trump approuve un programme d'armement de 3 milliards de dollars pour Israël
Israël approuve la mobilisation de 400 000 réservistes
Connivence des "grands" médias censés être les chiens de garde
Israël est infiltré partout
No Other Land oscarisé
The Last Sky
Articles
2 - Pour Netanyahou, les otages n'ont jamais été qu'un prétexte pour reprendre le génocide - Jonathan Cook
3 - Personne n'a pris la peine de vous dire qu'Israël a déclenché une guerre contre les "libérateurs" de la Syrie - Ricky Hale
4 - La vérité pas si cachée sur ce qui s'est passé le 7 octobre 2023 - Lee Camp
5 - Les monstres ne sont pas seulement dans les livres d'histoire. Ils vivent parmi nous. Ils sont partout - Jonathan Cook
6 - Israël recommence à asphyxier Gaza, avec le plein soutien de Trump, larbin d'Adelson - Caitlin Johnstone
7 - Hommage à Francis Boyle - Dr Chandra Muzaffar
Témoignages
8 - Les cicatrices sur la terre - Cara MariAnna
9 - Essayer de reprendre le cours de la vie dans les ruines de Gaza - Taghreed Ali
10 - Le carnet sous les décombres - Bassam Emad
11 - Un mois pour se rétablir, puis mourir en trois jours - Anonyme
12 - Mon cœur s'est brisé 20 fois - Mohammed R Mahawish
13 - Le massacre de 90 civils, membre d'une même famille à Gaza - Euro-Med Human Rights Monitor
14 - The Palestine Laboratory
1- En bref ou en résumé
Témoignage à l'ONU
Si on respectait une minute de silence pour chaque enfant palestinien tué par Israël, "cela durerait 300 heures", c'est ce qu'a rappelé un ex-négociateur pour Israël à l'ONU.
Rapport de la journaliste Mariam Barghouti sur la situation depuis la Cisjordanie :
Près de 60 personnes ont été tuées en 37 jours d'opération "Mur de fer", dont 8 enfants. Des dizaines de personnes ont été blessées par des tirs à balles réelles, dont beaucoup ont subi des blessures qui ont changé leur vie, tandis que plus de 45 000 personnes ont été déplacées en l'espace d'un mois.
La situation à Jénine est plus que catastrophique.
Des milliers de personnes ont été déplacées (de même à Tulkarem et Tubas) et lorsque les familles tentent de retourner au camp pour rassembler quelques affaires, leurs maisons sont méconnaissables.
Nous n'avons pu voir que les abords du camp, et des chars sont stationnés à la périphérie, en surplomb du camp.
Les gens n'arrêtent pas de répéter : "Où pouvons-nous aller ? Nous sommes bloqués, c'est le Ramadan et nous n'avons plus de chez nous".
Il s'agit d'un déplacement. Parallèlement, les soldats israéliens mènent des campagnes de terreur nocturnes en lançant des pierres sur les bâtiments (sans parler des bâtiments transformés en bases militaires).
Les familles de la ville rapportent également que les soldats vocifèrent des obscénités au beau milieu de la nuit et tirent parfois au hasard.
La même chose est rapportée à Naplouse où des adolescents ont reçu des balles aux jambes, à la poitrine et à la tête.
Ce sont des abus violents et systématiques visant à ouvrir la voie à la colonisation.
Les tortures ignobles infligées aux prisonniers palestiniens
◾️ Source Twitter X Anas Al-Sharif, journaliste palestinien du camp de réfugiés de Jabalia, reporter d'Al Jazeera Channelnews
"Le prisonnier palestinien libéré Mohammed Abu Tawila, arrêté par les forces d'occupation israéliennes il y a un an à Gaza, porte des signes flagrants de torture sauvage. Il a été brûlé au visage et sur le corps avec des substances chimiques hautement corrosives, lui ayant causé la perte de son œil gauche et laissé de graves séquelles physiques et psychologiques".
◾️ Source Twitter X Suppressed News avec vidéo du témoignage.
Un captif libéré de Gaza a révélé que Mosab Haniyeh, détenu palestinien de 35 ans, enlevé par les forces israéliennes lors de l'invasion de la ville de Hamad en mars 2024, est mort en détention israélienne après avoir été brutalement torturé [viol]. Selon le témoignage, un bâton lui a été enfoncé dans l'abdomen jusqu'à ce qu'il ressorte de l'autre côté.
Malgré ses graves blessures, il n'a pu bénéficier d'aucun traitement médical. L'occupation israélienne a prétendu à tort qu'il était mort d'un cancer, mais des rapports indiquent qu'il a été martyrisé le 5 janvier 2025.
Vidéos en musique générées par AI : vidéo postées par Trump vs. celle réalisée en réponse par de jeunes Gazaouis
Difficile de faire plus obscène que cette vidéo postée par Donald Trump. Elle montre la véritable vision occidentale pour l’avenir du monde. Elle la montre cash, sans filtre, sans les hypocrisies de façade et les postiches humanistes.
Comme le dit Caitlin Johnstone, L'Empire dans ce qu'il a de plus honnête. Cette vidéo est à la fois la plus américaine et la plus israélienne qui soit. Mensongère. Grossière. Sociopathique. Génocidaire. Emblématique de toutes les valeurs les plus laides que les deux civilisations dystopiques en sont venues à incarner.
Toute cette civilisation est malade. Pas seulement l'Amérique et Israël, mais toutes les nations du monde qui subissent les métastases de leur influence cancéreuse. Ils nous rendent tous plus stupides, plus malades, plus mauvais, plus cruels. Moins créatifs, moins artistiques, moins bienveillants, moins perspicaces. Ils empoisonnent nos esprits et transforment nos cœurs en véritables merdes.
J'ai toujours dit que la seule chose de positive chez Trump, c'est qu'il donne un visage honnête à l'empire, révélant ainsi le visage hargneux et éclaboussé de sang qui se cache sous le masque. Pour le reste, il n'est guère différent des autres présidents républicains.
Sept nouveau-nés palestiniens sont morts de froid et de faim en une semaine à Gaza
Alors qu'une vague glaciale s'est abattue sur le territoire palestinien ravagé par la guerre et qu'Israël retarde l'entrée des caravanes et des tentes, sept nouveau-nés palestiniens sont morts de froid et de faim en une semaine à Gaza.
"J'ai déboutonné ses vêtements et je l'ai caressée, mais elle ne respirait pas et son cœur ne battait plus. Hier, je jouais avec elle, je lui donnais le bain... Elle faisait mon bonheur . C'était une [belle] enfant, comme la lune", confie Yusuf al-Shinba, effondré, son père.
Vols et pillages à Gaza, au Liban et en Syrie par des commandos israéliens
Des commandos israéliens ont reçu des dizaines de missions clandestines. Un article récent publié en hébreu sur Ynet décrit le vol de masse perpétré par "l'unité de pillage" sioniste qui a dépouillé Gaza, le Liban et la Syrie de leurs biens au cours de leurs campagnes génocidaires d'accaparement des terres qui ont commencé après le 7 octobre 2023.
Selon l'article, des caisses d'argent d'une valeur de plus de 100 millions de shekels (28 millions de $ US) ont été volées, ainsi que de l'argent liquide, des lingots d'or et des bijoux dans des maisons à Gaza, au Liban et en Syrie. Des dizaines de milliers d'armes et d'unités d'artillerie ont été volées au Sud-Liban, à Gaza et au Liban, notamment des chars de l'ère soviétique, des armes françaises et allemandes datant des guerres mondiales, des systèmes de défense aérienne, des lanceurs de missiles et des missiles. Suffisamment d'armes pour former une "petite armée", selon Ynet.
Les forces d'occupation israéliennes ont non seulement fait exploser des secteurs résidentiels entiers à Gaza et dans le sud du Liban, mais elles ont également dépouillé les quartiers de tout résidu de valeur que les habitants déplacés de Gaza n'ont pas pu emporter avec eux, fuyant sous les bombardements, les tirs isolés et les attaques de drones, leurs maisons réduites à l'état de ruines au fur et à mesure de leur fuite.
L'unité de pillage comprend une force de 500 hommes, en majorité des réservistes, sous le commandement du centre d'approvisionnement central de l'armée sioniste au sein de la division de la technologie et de la logistique. On estime toutefois que 2 400 soldats sionistes ont participé aux opérations de pillage qui ont dépouillé la Palestine, le Liban et la Syrie (depuis le coup d'État international qui a finalement renversé le gouvernement et les dirigeants syriens).
Source : article de Vanessa Beeley
L'armée d'occupation israélienne étend son offensive Mur de fer dans le nord de la Cisjordanie
L'armée israélienne a étendu son offensive Mur de fer dans le nord de la Cisjordanie, envoyant des chars à Jénine pour la première fois depuis deux décennies, faisant entrer les véhicules blindés dans la ville aux premières heures du dimanche matin et a commencé à les démolition. Israël Katz, le ministre israélien de la Guerre a annoncé dans une déclaration écrite l'extension de l'offensive du Mur de fer à Qabatiya et a également admis que les forces israéliennes avaient expulsé 40 000 Palestiniens de trois camps de réfugiés à Jénine et à Tulkarem, un chiffre rapporté par l'UNRWA il y a quelques semaines. Israël a également décrété que 40 000 Palestiniens déplacés dans le nord de la Cisjordanie ne seraient pas autorisés à revenir.
"Nous ne reviendrons pas à la réalité du passé", a-t-il affirmé. "Nous continuerons à nettoyer les camps de réfugiés et les autres centres terroristes afin de démanteler les bataillons et l'infrastructure terroriste".
L'escalade de la violence en Cisjordanie a reçu le soutien de dirigeants israéliens de tous bords politiques. Lundi, le chef de l'opposition israélienne Benny Gantz a déclaré qu'Israël devait envoyer davantage de forces en Cisjordanie.
Entre-temps, lBenjamin Netanyahou a annoncé une nouvelle escalade dans la région. Dans un discours prononcé lors d'une cérémonie de remise de diplômes à des officiers de l'armée israélienne, il a déclaré dimanche qu'Israël maintiendrait ses forces sur le mont syrien al-Cheikh et dans les territoires syriens qu'il occupe depuis l'effondrement du régime d'Assad en décembre dernier. Le Premier ministre israélien a également souligné qu'Israël n'autoriserait aucune présence militaire de la nouvelle armée syrienne au sud de Damas.
Parallèlement, des avions de combat israéliens ont bombardé plusieurs sites dans le sud du Liban et dans la vallée libanaise de la Bekaa, dimanche, lors de la cérémonie funéraire des dirigeants du Hezbollah, Hasan Nasrallah et Hashem Safiyuddin, à Beyrouth. Les avions israéliens ont également survolé à basse altitude les foules participant aux funérailles.
L'escalade israélienne sur tous les fronts intervient au moment même où le gouvernement de Netanyahou manœuvre pour éviter d'entamer des négociations avec le Hamas sur la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu à Gaza, qui inclurait la fin de la guerre.
Lundi, le quotidien israélien Haaretz a rapporté que le Premier ministre israélien avait présenté à l'émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, un plan prévoyant la libération en une seule fois de tous les Israéliens encore captifs à Gaza, sans passer à la seconde phase de l'accord de cessez-le-feu. Selon le quotidien israélien, Netanyahou espère que les États-Unis feront pression sur le Hamas pour que ce dernier accepte une prolongation de la première phase et évite de passer à des négociations sur la fin de la guerre.
La semaine dernière, Netanyahou a suspendu la libération de 600 prisonniers palestiniens après qu'Israël a reçu trois captifs et quatre cadavres libérés par le Hamas à Gaza. Son cabinet a déclaré que la raison en était les cérémonies de libération "dégradantes" du Hamas, tandis que le Hamas a accusé le Premier ministre israélien d'essayer d'échapper aux obligations convenues dans l'accord de cessez-le-feu.
Source Qassam Muaddi via Mondoweiss
Aaron Bushnell & l'obligation morale
Il y a un an, Aaron Bushnell s'immolait pour dénoncer le génocide de Gaza. Son souvenir devrait enflammer nos âmes et nous pousser à évaluer notre engagement en faveur d'un monde meilleur. Il nous rappelle que nous n'en faisons pas assez.
Les politiciens de Washington, Londres, Paris, Berlin n'en ont pas tenu compte. Personne ne s'en est soucié. Washington et les Européens ont continué à livrer des armes mortelles à Israël, des armes qui tuent toujours plus de femmes et d'enfants. Depuis la mort d'Aaron, des dizaines de milliers de personnes ont perdu la vie sous les bombardements israéliens à Gaza, en Palestine et au Liban bien que la Cour internationale de justice ait émis trois ordonnances exigeant qu'Israël mette fin aux massacres et déclaré expressément que l'occupation israélienne était illégale, exigeant qu'elle cesse et que des indemnités soient versées aux victimes palestiniennes. Ordonnances qui ont été ignorées par Israël. En vain, car Washington, Londres, Paris et Berlin sont tous complices. Oui, un génocide se déroule sous nos yeux. Les articles 2 et 3 de la Convention sur le génocide sont clairement invoqués et la question de l'"intention" est clairement établie aux pages 57 à 69 du mémoire juridique présenté par l'Afrique du Sud à la CIJ. À la télévision et sur Internet, nous assistons au bombardement d'hôpitaux, d'écoles et d'abris de l'ONU.
Le 10 mars 2024, la ville de Jéricho, en Cisjordanie, a rebaptisé une rue du nom d'Aaron Bushnell. Le maire a dévoilé le nouveau panneau Rue Aaron Bushnell devant un petit rassemblement de personnes. Bushnell "a fait un sacrifie ultime" pour les Palestiniens, a rappelé le maire de Jéricho, Abdul Karim Sidr.
À l'occasion du premier anniversaire de la mort d'Aaron Bushnell, réfléchissons à la signification de son acte. Œuvrons pour la paix et la réconciliation dans le monde.
La CPI invitée à enquêter sur Biden et Blinken pour des allégations de crimes de guerre
C'est la première fois qu'une organisation basée aux États-Unis demande à la Cour d'enquêter sur un ancien président pour complicité dans des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité présumés.
La demande de 172 pages soumise par l'organisation Democracy for the Arab World Now (DAWN) allègue que plusieurs personnalités - dont l'ancien président Biden, l'ancien secrétaire d'État Antony Blinken et l'ancien secrétaire à la défense Lloyd Austin - ont aidé et encouragé les crimes de guerre israéliens dans la bande de Gaza.
"Cette affaire peut faire l'objet d'un rejet politique, mais cela ne change rien au message qu'elle envoie : l'impunité n'est pas un fait acquis. Si l'État de droit est censé avoir un sens, il doit s'appliquer à tous - pas seulement à nos ennemis, mais aussi à nos amis, et oui, à nous-mêmes", a déclaré à Zeteo Reed Brody, procureur pour les crimes de guerre et membre du conseil d'administration de DAWN.
"Nous sommes à un tournant. La question est de savoir si la CPI et le droit international permettront ou non ... plus de victimes ensevelies sous les décombres de Gaza".
Source Prem Thakker, le 24 fevrier 2025 pour Zeteo
Israël lance une attaque aérienne majeure contre Damas
Ce mardi 25 février, Israël a lancé une attaque aérienne massive contre Damas, la capitale syrienne, ainsi que contre d'autres villes du sud du pays. Des sources médiatiques locales ont fait état de frappes près de Damas, ainsi que dans les villes de Quneitra et de Deraa. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a confirmé ces attaques, déclarant que "toute tentative des forces du régime syrien et des organisations terroristes du pays de s'établir dans la zone de sécurité du sud de la Syrie se heurterait à des tirs".
La "zone de sécurité" désigne une vaste bande du sud de la Syrie qu’Israël tente d’annexer. En effet, ces attaques ont eu lieu un jour après une annonce choquante du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a exigé la "démilitarisation complète" du sud de la Syrie. Cette exigence interdisait en effet au nouveau gouvernement de déployer des troupes au sud de sa propre capitale, tout en jetant les bases d’une occupation militaire israélienne indéfinie de la région.
"Prenez note : nous ne permettrons pas aux forces de HTS ou à la nouvelle armée syrienne d’entrer dans la zone au sud de Damas", a déclaré dimanche Netanyahou. "Nous exigeons la démilitarisation complète du sud de la Syrie".
Lundi, le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a déclaré lors d’une conférence de presse à Bruxelles que le nouveau gouvernement syrien était "un groupe terroriste islamiste djihadiste d’Idlib qui a pris Damas par la force".
Le gouvernement syrien avait déjà appelé la communauté internationale à contraindre Israël à retirer ses troupes de son territoire, une demande d’intervention qui avait peu de chances de se voir concrétisée. Les récentes déclarations menaçantes des responsables israéliens ont déclenché des manifestations dans toute la Syrie, augmentant la pression politique sur le gouvernement, dirigé par des islamistes sunnites affiliés au groupe militant Hayat Tahrir al-Sham (HTS), pour défendre le pays contre des violations de plus en plus flagrantes de sa souveraineté.
Les responsables syriens qui ont parlé avec Drop Site ont décrit une situation catastrophique à l'intérieur du pays.
Source Murtaza Hussain & Ali Younes, le 26 février 2025 pour Drop Site News
Tous ces agendas israéliens ont été planifiés longtemps à l’avance
Israël a annoncé qu'il continuerait à occuper indéfiniment certaines parties de la Syrie et du Liban, et que le nouveau gouvernement syrien n'avait pas le droit d'avoir une présence militaire au sud de Damas. Israël a également envoyé des chars en Cisjordanie pour la première fois depuis des décennies, en précisant qu'ils y resteraient pendant au moins un an. Une semaine plus tôt, Netanyahou a juré de "finir le travail" concernant l'Iran avec l'aide de l'administration Trump.
Le Moyen-Orient subit une restructuration spectaculaire qui s'aligne sur les objectifs israéliens de longue date. Gaza a été détruite et Trump propose un plan visant à expulser définitivement tous les Palestiniens de l'enclave, et ils s'emploient déjà à faire de même en Cisjordanie. La Syrie a connu un changement total de régime, permettant ainsi à Israël de s'emparer de vastes étendues de terre et d'exercer un contrôle stratégique. Le Hezbollah a été considérablement affaibli et Israël contrôle effectivement le sud du Liban. Qui sait quelles terribles choses ils préparent concernant l'Iran.
Et je pense qu'il est bon de mentionner, alors que tout cela se déroule, que des montagnes et des montagnes de preuves existent montrant qu'Israël savait que l'attaque du 7 octobre allait avoir lieu et l'a intentionnellement laissée se produire, fabriquant ainsi un soutien pour l'avancement de tous ces agendas. Dernièrement, un nouveau rapport du site hébreu Ynet affirmait que Mohammed Deif avait failli annuler l'opération Al-Aqsa Flood (Déluge d'Al-Aqsa) à la dernière seconde parce que le Hamas avait remarqué qu'Israël ne se mobilisait pas contre l'attaque à venir en dépit de ses immenses capacités de surveillance, soupçonnant qu'il pouvait s'agir d'un piège. Il semblerait qu'il s'agissait bien d'un piège, mais peut-être pas du type que les responsables du Hamas soupçonnaient.
Source Caitlin Johnstone, le 26 fevrier 2025, Blog Personnel
La famille Bibas exige que le gouvernement israélien cesse d'exploiter la mort des membres de sa famille à des fins de propagande
En outre, de nombreuses preuves viennent étayer les affirmations selon lesquelles ils ont été tués par une frappe aérienne israélienne.
La famille Bibas est devenue un symbole du sort des Israéliens faits prisonniers le 7 octobre, mais la vérité sur leur expérience reste obscurcie par la propagande officielle. Les quatre membres de la famille ont été faits prisonniers le 7 octobre, mais le père a été séparé dans le chaos.
Bien qu'il ait survécu à sa détention par le Hamas et ait été libéré plus tard en Israël, sa femme, Shiri, et ses deux jeunes fils, Kfir et Ariel, ont été tués alors qu'ils étaient détenus par les Brigades des moudjahidines, une faction plus petite et moins connue. Selon un commandant des Brigades des moudjahidines,
"Lorsque [Shiri Bibas] a été capturée [le 7 octobre], nous avons fait en sorte qu'elle soit accompagnée de ses enfants, par compassion pour eux. Elle a été tuée par l'occupant israélien, ainsi que ses enfants, de même que leurs ravisseurs, après avoir été bombardés".
Le commandant a également déclaré que Shiri Bibas avait servi comme soldat dans l'unité 8200 de la division de renseignement de l'armée israélienne, qui espionne et cherche à compromettre les habitants de Gaza, avant de servir dans la division de Gaza de l'armée.
Bien que le Hamas ait annoncé que Shiri, Ariel et Kfir Bibas avaient été tués lors d'une frappe aérienne israélienne en novembre 2023, les autorités israéliennes se sont montrées réticentes à reconnaître ouvertement leur sort. Lors d'un échange de captifs le mois suivant, le Hamas a proposé de remettre les dépouilles des membres de la famille décédés. Le 3 décembre, Yarden Bibas a envoyé un message vidéo depuis sa captivité, déclarant que sa femme et ses enfants avaient été tués lors d'une frappe aérienne israélienne - comme des dizaines d'autres otages israéliens - et a supplié son gouvernement de négocier leur libération afin qu'il puisse leur offrir un enterrement digne de ce nom. Mais Israël a rejeté ces appels et a repris ses opérations de décimation de la bande de Gaza.
La famille aurait interdit aux représentants du gouvernement israélien d'assister à la cérémonie. La veille des funérailles, la sœur de Yarden Bibas, Ofri, a publié un message sur Facebook demandant au Premier ministre israélien de "se taire" et l'accusant d'"abuser pour son propre compte d'une famille qui a traversé 16 mois d'enfer".
Pendant ce temps, alors qu'une nouvelle analyse indépendante confirme les affirmations selon lesquelles les membres de la famille Bibas ont été tués par une frappe aérienne israélienne, Tel-Aviv a déployé l'un de ses plus célèbres spécialistes de la propagande pour continuer à rejeter la responsabilité sur le Hamas.
L'enquête officielle sur les causes exactes de la mort n'est pas encore terminée. Néanmoins, le 22 février, le directeur de l'institut médico-légal officiel d'Israël, le Dr Chen Kugel, a publié une vidéo insistant sur le fait que les membres de la famille Bibas n'ont pas été tués par des bombardements israéliens.
Dans la lettre de la famille Bibas, ses avocats accusent explicitement Kugel de tenter de "violer le secret médical" en divulguant à plusieurs reprises des détails sur la mort de leurs proches sans l'autorisation de la famille, faisant référence à des "informations confidentielles et sensibles" dont ils notent que "seule la famille a le droit de décider comment et si elles seront utilisées".
Ce ne serait pas la première fois que le Dr Kugel travestirait la réalité pour renforcer la propagande officielle du gouvernement israélien. Moins d'un mois après l'attaque du Hamas du 7 octobre, il était déjà à pied d'œuvre pour alimenter le mythe des bébés décapités utilisé par Israël pour obtenir le consentement à son génocide. Un journaliste de The Economist a ainsi écrit : "Le Dr Chen Kugel... m'a dit avoir vu les corps brûlés et décapités de bébés".
Il s'est avéré qu'il s'agissait d'un incroyable mensonge, puisqu'un seul bébé a été tué le 7 octobre : Mila Cohen, âgée de 11 mois, accidentellement tuée par une balle tirée à travers la porte d'une pièce sécurisée d'un kibboutz.
En 2016, Kugel avait tenté de protéger un soldat israélien des poursuites judiciaires en affirmant au cours du procès que la blessure de sortie d'un jeune Palestinien de 17 ans qui avait été abattu lors d'une manifestation ne correspondait pas à la position de tir de l'accusé, déclarant au cours du procès : "rien ne permet d'expliquer la direction du tir".
Le soldat a reconnu plus tard avoir tiré "accidentellement" une balle réelle après avoir déclaré ne pas avoir vérifié que son arme était chargée à blanc et ne pas avoir chargé une balle en caoutchouc dans un adaptateur séparé. Un article publié dans le New York Times à l'époque notait que "selon les documents du tribunal, [l'accusé] a exprimé ses regrets d'avoir visé le jeune homme et d'avoir tiré sur lui".
Encore avant cela, Kugel a été un témoin clé dans l'équipe de défense du tireur d'élite israélien ayant tué le militant britannique des droits de l'homme Tom Hurndall d'une balle dans le cerveau. Malgré les efforts de Kugel pour déformer la vérité, le soldat a été condamné par un tribunal israélien, qui l'a sanctionné d'une simple tape sur les doigts.
Tout en insistant sur le fait qu'Israël n'était pas responsable de la mort des garçons Bibas, Kugel a confirmé qu'Israël avait reçu le corps de leur mère, Shiri Bibas, après que les restes initialement restitués par le Hamas se sont avérés appartenir à une autre femme. Le Hamas a par la suite reconnu "la possibilité d'une erreur ou d'une confusion des corps", l'attribuant cette confusion à la difficulté de récupérer les corps et parties de corps sous les décombres causés par les bombardements israéliens indiscriminés.
Mais même après qu'Israël a reçu les Shiri Bibas, le ministre des finances du pays, Bezalel Smotrich, notoirement fanatique, a condamné la confusion comme une "grave violation de l'accord", tandis que Netanayahu s'est engagé à "veiller à ce que le Hamas paie le prix fort pour cette violation cruelle et diabolique de l'accord".
Deux jours plus tard, invoquant ce qu'il a appelé "les violations répétées de l'accord par le Hamas", Israël a unilatéralement déclaré la fin du cessez-le-feu, refusant d'honorer son engagement de restituer plus de 600 Palestiniens détenus sans inculpation.
La directive Hannibal
Le 25 février, Argamani a témoigné devant les Nations unies du moment déchirant où son compagnon de captivité Yossi Sharabi a été tué lors d'une frappe aérienne israélienne, et où elle a failli subir le même sort :
"Je ne pouvais pas bouger. Je ne pouvais pas respirer. J'ai cru que c'était la dernière seconde de ma vie. J'ai crié très fort pour que quelqu'un m'entende, et j'ai entendu Yossi crier aussi. Mais au bout de quelques secondes, je ne l'ai plus entendu".
Lors d'une réunion avec le cabinet de Netanyahou, un ancien otage aurait déclaré :
"La réalité, c'est que j'étais dans une cachette qui a été bombardée et que nous sommes devenus des réfugiés blessés. Cela n'inclut même pas l'hélicoptère qui nous a tiré dessus alors que nous nous rendions à Gaza. Vous prétendez qu'il y a des renseignements, mais la réalité est que nous avons été bombardés".
On estime qu'environ 800 civils israéliens ont trouvé la mort lors de l'attaque du 7 octobre, mais on ne sait toujours pas exactement combien ont été tués par les militants palestiniens et combien ont été tués par l'armée israélienne. Un mois après le début de la guerre, un pilote d'hélicoptère israélien a confirmé que l'armée avait déployé un "Hannibal de masse" contre son propre peuple ce jour-là. En vertu de la directive Hannibal d'Israël, les soldats sont autorisés à ouvrir le feu sur les civils et les soldats israéliens faits prisonniers pour éviter qu'ils ne servent de monnaie d'échange.
Après avoir été extraits vers Gaza, au moins trois Israéliens ayant réussi à échapper à leurs ravisseurs du Hamas ont été tués par les forces israéliennes qui ont par la suite déclaré les avoir pris pour des Palestiniens. Ces soldats ont même traqué à pied l'un des otages en fuite et l'ont exécuté à bout portant.
En janvier 2024, la mère d'un soldat israélien tué alors qu'il était détenu à Gaza, Ron Sherman, a révélé que son fils avait été tué par ses propres forces lorsque l'armée israélienne a gazé le tunnel de Gaza dans lequel il se trouvait - une mort qu'elle a qualifiée de "semblable à Auschwitz".
Noam Dann, la nièce de la captive Ofer Calderon, s'est plainte publiquement :
"Ils sont en train de mener une procédure Hannibal contre nous. Mon cabinet, mon premier ministre, mon ministre de la défense mènent des opérations sur ma famille, sur des citoyens qui ont été kidnappés chez eux - une procédure Hannibal".
De nombreux captifs libérés ont déclaré avoir eu plus peur des bombardements israéliens que de leurs ravisseurs du Hamas. Cette peur a peut-être été le mieux résumée par Menir Oz, un Israélien libéré qui a déclaré au cabinet du pays que "lorsque nous étions assis dans les tunnels, nous avions terriblement peur que ce ne soit pas le Hamas mais Israël qui nous tue, et alors ils diraient - le Hamas vous a tué".
Bien qu'il puisse sembler absurde que le régime de Netanyahou bombarde délibérément des sites utilisés pour détenir des otages israéliens, selon le sociologue israélien Yigal Levy, "la décision du gouvernement d'attaquer Gaza malgré la présence d'otages dans les sites bombardés peut être considérée comme une extension de la directive 'Hannibal'".
Source Wyatt Reed & Max Blumenthal, le 25 fevrier 2025 pour The Grayzone
Un lieutenant de l'armée de l'air en service actif demande à être déchargé de ses fonctions en raison du génocide perpétré à Gaza
Je m'appelle Joy Metzler et je suis un lieutenant de l'armée de l'air en service actif qui cherche à obtenir une décharge d'objecteur de conscience. Cette décision est en grande partie due à l'horreur que m'inspire le soutien continu des États-Unis au génocide de Gaza, en violation directe d'un grand nombre de lois et de valeurs qui m'ont été enseignées à l'Académie de l'armée de l'air.
J'attends que mon dossier soit approuvé, mais je n'ai jamais caché mon opposition à la politique américaine à Gaza. L'auto-immolation d'Aaron Bushnell, il y a un an, m'a mis sur la voie et, en ce jour anniversaire de sa mort, je ressens plus que jamais le poids des crimes commis par notre pays.
L'une des pages que je suis et avec laquelle j'interagis, About Face Veterans, a publié un message sur Instagram pour honorer sa mémoire. Les actions d'Aaron Bushnell ont joué un rôle déterminant dans l'évolution de ma pensée, et je lui attribue, ainsi qu'à Dieu, tout le bien que je fais. J'aimerais pouvoir dire que le fait de se souvenir de lui a été un soulagement pour mon âme, mais je me suis surpris à m'attendre aux inévitables commentaires condamnant ses actions.
Ayant moi-même lutté contre des idées suicidaires, je comprends que l'on veuille empêcher toute imitation, et j'espère que beaucoup de commentaires viennent de la bonne direction, mais il y a peu ou pas de reconnaissance du fait que l'auto-immolation n'est pas un suicide. Au contraire, Aaron Bushnell s'est immolé pour une raison très explicite : Il refusait d'être plus longtemps complice d'un génocide. "C'est ce que notre classe dirigeante a décidé comme étant normal".
Pourtant, la peur demeure chaque fois que quelqu'un essaie de se souvenir de lui, mais ce n'est pas la bonne façon d'empêcher d'autres auto-immolations. La réponse n'est pas de supprimer ou d'effacer ce qui s'est déjà produit, mais d'éliminer le catalyseur ! Je suis convaincu que si le gouvernement américain avait mis un terme à la crise humanitaire persistante en Palestine, Aaron Bushnell serait aujourd'hui en vie et en bonne santé. Il a très clairement expliqué la raison de son acte de protestation. Rappelez-vous qu'Aaron est mort en criant "Free Palestine", il n'est donc pas difficile d'imaginer que si la Palestine avait été libre avant qu'il ne s'immole, il serait encore parmi nous.
[…] J'éprouve un sentiment de dissonance morale chaque jour lorsque je me rends au travail après avoir parlé avec un habitant de Gaza qui a tout perdu. C'est la dépression qui me suit alors que je prétends que le monde va bien, riant de choses insignifiantes, comme Guy essayant de trouver de la compagnie auprès de sa femme alors que sa fausse réalité s'effondre. À l'intersection de mon désir d'être un bon aviateur (qui fait honneur à ceux avec qui je travaille) et de ma foi - imbriquée dans mon être même ! - exigeant que je ne contribue pas à un système destiné à apporter la mort et la destruction, se trouve une question simple : jusqu'où puis-je supporter cela ?
[…]
Le manque d'empathie qui imprègne notre monde aujourd'hui me perturbe profondément. Même après la mort d'Aaron, de nombreuses personnes restent apathiques ou, pire encore, disent à d'autres personnes qu'elles devraient faire de même. Entre les deux, certains affirment qu'il "n'était pas bien dans sa tête" ou tentent de détourner la conversation du sujet même de son acte de protestation. J'aimerais autant que tout un chacun qu'Aaron soit encore en vie aujourd'hui pour prêter sa voix au mouvement, et j'aimerais qu'il puisse voir ce que son acte a déclenché. À défaut, la meilleure chose à faire - peut-être la seule - est de veiller à perpétuer son message de manière à lui rendre hommage.
Source Joy Metzler, le 27 février 2025 via Mondoweiss
Israël bloque l'entrée de l'aide à Gaza après la fin de la première phase du cessez-le-feu
Le cabinet de Netanyahou a annoncé dimanche qu'Israël avait empêché l'aide humanitaire d'entrer dans la bande de Gaza à la suite de l'expiration de l'accord de cessez-le-feu sur les prisonniers. Un responsable israélien a déclaré que cette décision avait été prise en totale coordination avec l'administration Trump.
Israël a violé l'accord de cessez-le-feu en refusant d'entamer des pourparlers sur la deuxième phase.
Samedi soir, le cabinet du premier ministre israélien a annoncé qu'Israël avait adopté la proposition américaine de cessez-le-feu temporaire couvrant les périodes du Ramadan et de la Pâque en échange de la libération de la moitié des prisonniers israéliens vivants.
Israël a appelé le Hamas à libérer cinq captifs vivants et dix corps de captifs décédés en échange de prisonniers palestiniens et d'une augmentation de l'aide à la bande de Gaza et a également cherché à prolonger la première phase du cessez-le-feu d'une semaine. Israël a demandé, par l'intermédiaire de médiateurs, la réponse du Hamas à sa proposition avant la fin de la journée de vendredi.
Le Hamas a informé les médiateurs qu'il rejetait la proposition israélienne et qu'il la considérait comme une violation des accords de cessez-le-feu.
L'ancien ministre israélien Itamar Ben-Gvir, partisan de la ligne dure, a déclaré :
"Le moment est venu d'ouvrir les portes de l'enfer, de couper l'électricité et l'eau, de reprendre la guerre et, surtout, de ne pas se contenter de la moitié des prisonniers. Au lieu de cela, nous devons suivre l'ultimatum du président Trump : soit la libération immédiate de tous les prisonniers, soit l'ouverture des portes de l'enfer sur Gaza".
Le bureau des médias du gouvernement à Gaza a déclaré :
L'annonce faite par Israël de bloquer l'entrée de l'aide essentielle à Gaza représente la poursuite de la guerre génocidaire contre le peuple palestinien.
Empêcher l'entrée de l'aide revient en fait à mener une guerre de famine contre la population de la bande de Gaza, qui dépend entièrement de l'aide acheminée par les postes-frontières.
Nous avons mis en garde dès le premier jour contre les dangers du silence concernant les violations par Israël de l'accord de cessez-le-feu.
Nous exigeons que les médiateurs, en tant que garants, fassent pression sur l'occupant israélien pour qu'il remplisse ses engagements au titre de l'accord dans toutes ses étapes, qu'il mette en œuvre le protocole humanitaire et permette l'entrée d'abris et de fournitures de secours.
Dans un communiqué de presse, le mouvement Hamas a pour sa part déclaré :
La décision de Netanyahu d'interrompre l'aide humanitaire est un chantage bas de gamme, un crime de guerre et un coup d'État contre l'accord de cessez-le-feu.
Les médiateurs et la communauté internationale doivent faire pression sur l'occupant israélien et mettre fin à ses mesures punitives et immorales contre plus de deux millions de personnes dans la bande de Gaza.
Les allégations d'Israël concernant la violation de l'accord de cessez-le-feu par le Hamas sont fallacieuses et sans fondement.
Le comportement de Netanyahu et de son gouvernement viole clairement l'article 14 de l'accord, qui stipule que toutes les mesures liées à la première phase se poursuivent dans la seconde.
Nous réaffirmons notre engagement à mettre en œuvre l'accord signé dans ses trois phases, et nous avons annoncé à plusieurs reprises que nous étions prêts à entamer des négociations pour la seconde phase de l'accord.
Nous appelons les médiateurs à faire pression sur l'occupation pour qu'elle mette en œuvre les obligations qui lui incombent en vertu de l'accord, dans toutes ses phases, et pour qu'elle applique le protocole humanitaire.
Source Collectif Countercurrents, le 2 mars 2025
Washington prépare le terrain politique pour l'annexion de la Cisjordanie par Israël
Brian Mast, le nouveau président de la commission des affaires étrangères du Congrès, a insisté pour que le personnel désigne la Cisjordanie par son nom hébreu "Judée et Samarie" utilisée par l'occupant.
À la tête de l'une des commissions les plus puissantes de Washington, Mast, un ancien soldat israélien et l'un des membres les plus fidèles de l'AIPAC, a envoyé un mémo décrivant le changement de langage à la cinquantaine d'employés républicains de la commission des affaires étrangères mardi ; les employés démocrates n'en ont pas reçu la demande.
Le mémo souligne à plusieurs reprises le droit des Israéliens à considérer la Cisjordanie, un territoire qu'ils occupent illégalement, comme leur patrie.
La note indique :
"En reconnaissance de notre lien indéfectible avec Israël et du droit inhérent du peuple juif à son ancienne patrie, la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants fera dorénavant référence à la Cisjordanie en tant que Judée et Samarie dans la correspondance, la communication et la documentation officielles".
"En tant que comité et représentants du peuple américain, nous devons faire notre part pour endiguer cette vague répréhensible d'antisémitisme et reconnaître la revendication légitime d'Israël en tant que berceau de la civilisation juive.
Source Stavroula Pabst, 27 fevrier 2025, Responsible Statecraft
Trump approuve un programme d'armement de 3 milliards de dollars pour Israël
Le Département d'État Trump-Vance vient d'approuver 3,01 milliards de dollars de ventes d'armes et d'équipements à Israël 2,04 milliards de dollars de bombes 675,7 millions de dollars de bombes et de kits de guidage d'armes 295 millions de dollars de bulldozers L'administration a déclaré qu'il existait "une urgence nécessitant la vente immédiate", lui permettant ainsi de contourner le Congrès, comme l'administration Biden l'a fait à plusieurs reprises. Cependant, les armes ne seront pas livrées avant 2026 ou 2027.
Source Brett Wilkins, 27 fevrier 2025, Common Dreams
Israël approuve la mobilisation de 400 000 réservistes
L'agence Anadolu a rapporté que le gouvernement d'occupation israélien avait adopté un projet de loi autorisant l'armée à faire appel à 400 000 soldats de réserve supplémentaires, alors que les négociations pour la deuxième phase d'un cessez-le-feu à Gaza et d'un accord d'échange de prisonniers connaissent des retards.
Source Al Mayadeen, le 2 mars 2025
Connivence des "grands" médias censés être les chiens de garde

Les rédacteurs de la BBC et du Guardian ont tenu des réunions privées avec le général israélien Aviv Kohavi.
Les informations sur la visite de cet ancien officier supérieur de l'armée israélienne - qui, avant de devenir chef d'état-major général, a été commandant de la division de Gaza de Tsahal, chef du commandement du Nord et directeur du renseignement militaire - proviennent de documents obtenus en Israël en vertu de la loi sur la liberté d'information par l'avocat Elad Man et consultés par Declassified.
Pendant son mandat, il a justifié les attaques contre les journalistes, déclarant que les soldats qui ont abattu la journaliste Shireen Abu Akleh en Cisjordanie "ont fait preuve de courage" et qu'il n'avait pas une "once de regret" pour avoir détruit le bureau de l'Associated Press (AP) à Gaza.
Le voyage a été spécifiquement conçu pour profiter d'un "renversement perçu de l'attitude des pays occidentaux envers Israël [à la lumière de] la gravité des événements… du 7 octobre".
À cette fin, Kohavi a été chargé de cultiver le soutien à Israël alors que ce dernier intensifiait son offensive militaire brutale à Gaza. Son itinéraire complet peut être consulté de l'article.
Dans les documents de planification du voyage de novembre 2023, le lieutenant-colonel (de réserve) Gad Yishayahu de l'armée israélienne note : "Les visites de hauts dignitaires israéliens dans les pays occidentaux contribueront à influencer divers publics cibles et, par conséquent, à renforcer la tendance au soutien d'Israël".
Yishayahu a travaillé sur la "gestion de crise" au sein du cabinet du premier ministre israélien et a servi dans les forces spéciales de l'armée israélienne. Il a récemment accompagné le général israélien Oded Basyuk lors d'une visite secrète à Londres et figure sur la liste des conférenciers invités de la City University de Londres.
Les médias britanniques sont considérés par Yishayahu comme une cible particulièrement précieuse dans le cadre de cette opération d'influence israélienne :
"Dans le cadre de l'idée d'influencer les personnes influentes", note-t-il, "nous souhaitons organiser des réunions entre Kohavi et des personnalités médiatiques de premier plan, notamment le PDG de la BBC, des hauts fonctionnaires de Sky et d'autres encore".
Il poursuit :
"Nous considérons ces réunions comme très importantes pour traiter avec des individus qui ont un impact significatif sur la légitimité de l'État d'Israël dans la guerre de l'épée de fer", la guerre d'Israël contre Gaza depuis le 7 octobre 2023.
Il a également été proposé que Kohavi rencontre Madeleine Alessandri, la présidente du Joint Intelligence Committee britannique, et "d'autres hauts fonctionnaires des ministères britanniques des affaires étrangères, de la défense et de l'intérieur". Une autre cible était le général Sir Nick Carter, l'ancien chef de l'armée britannique qui, en 2020, a signé un accord conjoint avec Kohavi pour "formaliser et renforcer" la coopération militaire entre le Royaume-Uni et Israël, dont les détails restent confidentiels.
Source Alex Morris & John McEvoy pour Declassified
Israël est infiltré partout
Le think tank pro-israélien WINEP démasqué comme étant une opération d'argent noir à l'origine des guerres américaines.

Le Washington Institute for Near East Policy (WINEP), affilié à l'AIPAC et qui se présente souvent sous le simple nom de Washington Institute, a récemment été dénoncé comme un think tank de "l'argent noir" en raison de son manque de transparence sur les donateurs et continue de pousser les États-Unis à s'engager dans des conflits à l'étranger au profit d'Israël. Son cas soulève des questions sur la manière dont le lobby israélien fonctionne par le biais de think tanks à tous les niveaux, façonnant la politique étrangère américaine en coulisses.
Le WINEP a une longue histoire de participation à la politique étrangère américaine. Il a été profondément impliqué dans la campagne néoconservatrice pour un changement de régime en Irak, rejoignant les appels à l'administration Clinton pour renverser Saddam Hussein dès 1998. Il a également fait pression pour une intervention militaire américaine et a contribué à justifier l'invasion finale en 2003.
Au début de l’année, le Quincy Institute for Responsible Statecraft a dévoilé le "Think Tank Funding Tracker", un projet unique en son genre qui a examiné les sources de financement des 50 principaux think tanks américains depuis 2019 et a évalué leur transparence de 0 à 5. WINEP et 16 autres – dont la Fondation néoconservatrice pour la défense des démocraties (FDD) – ont reçu une note de transparence de zéro, exposant ainsi leur dépendance aux contributions de "l’argent noir".
Bien que WINEP affirme sur son site Internet "être financé exclusivement par des citoyens américains", il ne divulgue pas publiquement sa liste de donateurs. Ses racines dans l’AIPAC ont été révélées pour la première fois en 2006 par Stephen Walt et John Mearsheimer dans la London Review of Books, où ils ont décrit WINEP comme une branche de l’AIPAC qui faisait avancer le programme d’Israël sous couvert de recherche indépendante. Le duo a écrit à l’époque : "le lobby a créé son propre think thank en 1985, lorsque Martin Indyk a aidé à fonder WINEP. Bien que WINEP minimise ses liens avec Israël et affirme au contraire qu’il offre une perspective "équilibrée et réaliste" sur les questions du Moyen-Orient, ce n’est pas le cas. En fait, WINEP est financé et dirigé par des individus profondément engagés dans la promotion du programme d’Israël".
Cette affirmation selon laquelle l’AIPAC aurait créé le WINEP a été corroborée plus tard par l’ancien responsable de l’AIPAC, MJ Rosenberg, qui a écrit dans le HuffPost : "Comment puis-je le savoir ? J’étais dans la salle lorsque l’AIPAC a décidé de créer le WINEP". Le cofondateur du WINEP, Martin Indyk, aujourd’hui décédé, était également à la tête du Saban Center for Middle East Studies, financé par le milliardaire israélo-américain Haim Saban.
Les récents développements de la politique étrangère américaine n’ont fait que renforcer l’influence de WINEP. Le soutien indéfectible de l’administration Biden à la guerre d’Israël contre Gaza, notamment un programme d’aide militaire d’urgence de 14 milliards de dollars, s’inscrit dans la volonté de longue date de WINEP de garantir que l’aide militaire américaine à Israël reste intouchable. WINEP a activement façonné le discours public au fur et à mesure de la progression de la guerre, le directeur exécutif Robert Satloff ayant salué le refus de Biden de soutenir un cessez-le-feu précoce, le qualifiant de "correct et courageux".
Lorsque les législateurs de la Chambre des représentants ont convoqué des auditions fin 2023 pour attaquer la politique iranienne de l'administration, leur rhétorique reflétait les discours du WINEP, en particulier l'opposition à tout allègement des sanctions. Des témoins d'institutions adjacentes au WINEP comme le FDD et le JINSA ont été convoqués pour renforcer l'argument en faveur d'une posture plus agressive envers l'Iran. Pendant ce temps, le WINEP continue de faire pression pour que les États-Unis exercent une influence militaire dans la Syrie post-Assad, un autre domaine politique clé dans lequel l'administration Biden a discrètement suivi ses recommandations en maintenant une présence militaire et en ciblant les actifs iraniens avec des frappes aériennes.
La relation de porte à tambour de WINEP avec le gouvernement américain ne contribue guère à effacer sa réputation de facteur d’orientation politique. En mai 2023, le conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan a prononcé un discours liminaire lors du symposium annuel Soref de WINEP, louant le "travail extraordinaire" de Satloff. La participation de Sullivan n’était pas seulement symbolique : elle a renforcé la position de WINEP en tant que pôle politique informel mais essentiel. Cela est démontré par l’adhésion de l’administration aux accords d’Abraham, une autre priorité de WINEP.
Dan Shapiro, ancien membre du WINEP, a été nommé conseiller principal du département d’État pour l’intégration régionale, mettant en œuvre la vision de longue date du think thank sur la normalisation arabe avec Israël. WINEP est actuellement dirigé par Michael Singh, Robert Satloff, Dennis Ross et Dana Stroul. Stroul, qui occupe le poste de directrice de recherche du WINEP, a repris ce poste après avoir été secrétaire adjointe adjointe à la défense pour le Moyen-Orient de l’administration Biden de 2021 à 2024. Au cours de son mandat, elle a joué un rôle central dans les initiatives anti-iraniennes de Washington, la réponse à la guerre de Gaza et l’élaboration de la politique américaine en Syrie.
Au-delà de WINEP, la question plus large de l’influence des think tanks fait désormais l’objet d’une attention accrue. En 2023, les législateurs ont présenté le Think Tank Transparency Act, qui oblige les organisations politiques à divulguer les financements et les accords contractuels des gouvernements étrangers. Bien que WINEP ne reçoive pas de financement direct d’Israël, les organismes de surveillance ont souligné que son programme pro-israélien est soutenu par de riches donateurs américains étroitement liés à l’AIPAC. L’utilisation de contributions nationales pour faire avancer un programme de politique étrangère a permis à WINEP de fonctionner sans tomber sous le coup des lois sur le lobbying étranger, même si ses "universitaires" façonnent les positions américaines sur l’Iran, la Syrie et le conflit israélo-palestinien.
Actuellement, les deux principaux sujets à l'ordre du jour du WINEP sont la meilleure façon d'exploiter l'influence américaine pour façonner l'avenir de la Syrie post-Assad et la manière d'assurer un changement de régime en Iran. L'influence du think tank est démontrée par le fait que non seulement sa stratégie de ligne dure en Syrie correspond exactement au modèle utilisé par les États-Unis pour favoriser le changement de régime à Damas, mais que son chercheur principal a été embauché comme haut fonctionnaire par l'administration précédente.
Comme le démontre le nouveau rapport du Quincy Institute, le manque de transparence sur l'identité exacte de ceux qui financent le think thank "découpé" du lobby de l'AIPAC soulève de sérieuses questions sur ceux qui façonnent réellement la politique étrangère américaine et au profit de qui.
Robert Inlakesh est un analyste politique, journaliste et réalisateur de documentaires basé à Londres, au Royaume-Uni. Il a vécu et réalisé des reportages dans les territoires palestiniens occupés et anime l'émission "Palestine Files". Réalisateur de "Steal of the Century : Trump's Palestine-Israel Catastrophe". Suivez-le sur Twitter @falasteen47
Source Robert Inlakesh pour MintPress News
"No Other Land" oscarisé
Après avoir été récompensé à Berlin, No Other Land, qui dénonce l'occupation de la Cisjordanie et le nettoyage ethnique des Palestiniens, devient le premier film palestinien à remporter un Oscar, prix du meilleur documentaire.
Les deux coréalisateurs, israélien et palestinien, ont été longuement applaudis, faisant naître une lueur d'espoir.
The Last Sky
The Last Sky est un nouveau documentaire audacieux sur les guerres d'Israël qui dépeint avec honnêteté la vie des Palestiniens dans les territoires occupés et dans les camps de réfugiés délabrés du Liban. Il montre également l'importance de la résistance armée pour ces personnes déplacées et occupées, ainsi que la solidarité ressentie avec le Hezbollah.
Initialement diffusé dans certains cinémas du monde entier en avril 2024 et produit par Nick Hanna, un avocat basé à Sydney en Australie, il a été complété par un épilogue en février 2025 et est désormais proposé sur YouTube.
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Articles
2- Pour Netanyahou, les otages n'ont jamais été qu'un prétexte pour reprendre le génocide
Les dirigeants et les médias occidentaux contribuent à soutenir un récit de propagande sur les captifs israéliens qui rend la reprise du massacre d'Israël presque inévitable.
Par Jonathan Cook, le 26 fevrier 2025, Blog Personnel
Si Israël a pu maintenir le soutien de l'Occident à son massacre de Gaza durant ces 15 mois, c'est uniquement grâce à une campagne intensive de mensonges.
Il a inventé les crimes de guerre les plus odieux du Hamas, tels que les bébés décapités et les viols de masse, pour lesquels aucune preuve n'a jamais été apportée. À l'inverse, Israël a minimisé ses propres crimes de guerre, d'une gravité extrême, en réponse à l'attaque du Hamas.
Les crimes du Hamas d'octobre 2023 étant à présent plus lointains, et ceux perpétrés par Israël n'étant que trop visibles avec la dévastation complète de Gaza - qui s'apparente à un génocide "plausible" selon la Cour internationale de justice (CIJ) - les dirigeants israéliens tentent désespérément d'attirer l'attention sur un nouveau champ de bataille narratif.
Il leur faut donc une nouvelle série de mensonges pour justifier la reprise du massacre. Et comme toujours, les médias occidentaux y contribuent activement.
Le Hamas et Israël jouent un jeu de propagande prévisible, utilisant les échanges réguliers d'otages israéliens et palestiniens au cours de la première phase du cessez-le-feu pour s'emparer de la position morale.
Une fois de plus, Israël a toutes les cartes en main et bénéficie d'un soutien occidental sans faille, mais une fois de plus, il ne parvient pas à gagner la guerre des relations publiques.
C'est pourquoi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a de nouveau piqué une grosse colère ce week-end, accusant cette fois le Hamas d'avoir mis en scène la libération d'Israéliens dans ce qu'il a appelé des "cérémonies avilissantes" et "humiliantes".
Israël et ses sympathisants ont semble-t-il été particulièrement irrités par le fait que l'un des captifs, libéré samedi, rayonnait sur scène, embrassant chaleureusement deux de ses geôliers sur le front.
Alors qu'il rejoignait le personnel de la Croix-Rouge pour la restitution, il a passé son bras autour des épaules de l'un de ses ravisseurs, dans un autre moment de sympathie apparente.
Deux autres Israéliens, en passe d'être libérés lors de la prochaine étape, ont été filmés en train de regarder la scène depuis une voiture située à proximité, excités par la perspective de la liberté et implorant Netanyahou de ne pas saboter leur libération.
Faire capoter le cessez-le-feu
Comme on pouvait s'y attendre, la presse occidentale, dont la BBC, s'est fait l'écho d'Israël en suggérant qu'il s'agissait là de violations bien plus graves que celles commises par Israël, qui a tué plus de 130 Palestiniens depuis le 19 janvier, date du début du cessez-le-feu, au cours de centaines d'attaques contre Gaza.
De même, les médias ont accordé une couverture fugace à la nouvelle vague de ravages menée par Israël, cette fois-ci en Cisjordanie occupée. Des milliers de maisons ont été détruites, entraînant le nettoyage ethnique de communautés entières.
Les médias occidentaux ont manifestement omis de signaler que ces crimes de guerre constituent également des violations flagrantes de l'accord de cessez-le-feu.
Aujourd'hui, Netanyahou a exploité les relations apparemment cordiales entre certains des prisonniers israéliens et le Hamas comme prétexte pour faire capoter le cessez-le-feu avant que la deuxième phase ne puisse commencer la semaine prochaine, phase où Israël devrait se retirer complètement de la bande de Gaza et permettre sa reconstruction.
Les bus transportant des centaines d'otages palestiniens qui devaient être libérés samedi ont été contraints de faire demi-tour, les reconduisant dans leurs prisons. Même selon les propres évaluations d'Israël, la grande majorité de ces Palestiniens n'ont pas été "impliqués dans des combats".
Nombre d'entre eux, dont des membres du personnel médical, ont été arrêtés dans les rues de Gaza à la suite de l'attaque du Hamas du 7 octobre, détenus sans inculpation, torturés et soumis à des conditions barbares que les groupes israéliens de défense des droits de l'homme ont comparées à "l'enfer".
Slogans génocidaires
Il serait agréable d'imaginer qu'Israël et ses partisans s'inquiètent sincèrement du fait qu'en exhibant ses captifs en public, le Hamas a violé leur droit à la dignité en vertu du droit humanitaire international. Mais il ne faut pas être dupe - ou stupide.
Avant même de revenir sur l'échange d'otages, Israël avait juré que les Palestiniens seraient soumis à leurs propres formes de traitement dégradant. Ils seraient contraints de porter des T-shirts arborant des slogans soutenant les actes génocidaires d'Israël à l'encontre de la population de Gaza.
Les partisans d'Israël n'ont guère semblé se préoccuper des émotions des 600 otages palestiniens qui devaient être libérés samedi et que les bus ont reconduits dans leurs camps de torture israéliens alors qu'ils commençaient à sentir la liberté.
Quoi qu'il en soit, dès le départ, les otages israéliens n'ont jamais été une priorité pour Netanyahou.
Si Israël tenait tant à eux, il n'aurait pas bombardé Gaza pendant 15 mois.
Au lieu de cela, il aurait saisi l'opportunité offerte par un cessez-le-feu et un échange de prisonniers non pas le mois dernier - comme il a été contraint de le faire sous la forte pression du futur président américain Donald Trump - mais en mai dernier, lorsqu'un accord exactement dans les mêmes termes lui a été proposé.
Si Israël se souciait tant des captifs, jamais il n'aurait largué des bombes de 1 tonne, fournies par les États-Unis, qui ont non seulement détruit de vastes zones de Gaza sans distinction, mais aussi inondé de gaz toxiques les tunnels où se trouvaient de nombreux otages Israéliens.
Si Israël se souciait tant des captifs, il n'aurait pas mis en place des "zones de mort" non déclarées dans toute la bande de Gaza, où les soldats israéliens tiraient sur tout ce qui bougeait.
Trois Israéliens torse nu agitant des drapeaux blancs de reddition ont été abattus par les troupes israéliennes dans des circonstances précisément similaires en décembre 2023.
Faire ce que bon leur semble
Les captifs israéliens ne sont utiles à Netanyahou et à ses apologistes minables que dans la mesure où ils aident à soutenir un récit qui justifie le génocide.
Acculé par Trump, le premier ministre israélien avait calculé que le retour d'au moins quelques-uns d'entre eux était le prix à payer - pour apaiser le nouveau président américain ainsi qu'une large partie de son propre public - avant de pouvoir reprendre le meurtre de masse des enfants de Gaza.
Il a clairement indiqué à plusieurs reprises ne pas avoir l'intention de s'orienter vers un cessez-le-feu permanent après la première phase, à savoir les principaux échanges de prisonniers.
Pour Netanyahou, l'importance des captifs israéliens réside uniquement dans le fait qu'ils lui permettent de relancer le génocide.
Le Hamas, quant à lui, a tout intérêt à utiliser la petite fenêtre offerte par la libération des captifs pour suggérer qu'il n'est pas le monstre du dogme élaboré par Israël et imposé par l'Occident.
Il espère que ces libérations soigneusement menées montreront à quel point il reste responsable de Gaza, malgré le déchaînement destructeur et meurtrier d'Israël.
Et le Hamas a des raisons de cultiver des relations raisonnables avec les captifs israéliens - notamment pour adoucir son image auprès des opinions publiques étrangères et rendre le retour au génocide plus ardu pour Netanyahou.
Israël, bien sûr, n'a aucunement cette motivation réciproque. En tant que partie de loin la plus forte - celle qui, même avant le 7 octobre 2023, tenait toute la population de Gaza en otage par un siège de 17 ans de l'enclave - il peut agir à sa guise, sachant que ses affirmations ne seront jamais soumises à un examen approfondi de la part des médias occidentaux.
Les prisonniers palestiniens libérés qui ont témoigné de tortures, d'agressions sexuelles et de viols - confirmés par les observateurs internationaux des droits de l'homme - ont eux, été purement et simplement ignorés.
"Syndrome de Stockholm"
Bien que tout se présente en faveur d'Israël, les réalités différentielles sont telles que sa guerre de propagande soit en train d'être perdue. C'est pourquoi Netanyahou n'a aucun intérêt à poursuivre les échanges de prisonniers un jour de plus que nécessaire.
Le problème est que les prisonniers libérés par le Hamas n'aident pas sa cause. Ils l'entravent.
Les apologistes du génocide israélien, relayés bruyamment par les médias occidentaux, ont été brièvement soulagés de voir qu'un groupe d'otages israéliens libérés au début du mois semblait presque aussi pâle et émacié que les centaines d'otages palestiniens libérés par Israël.
L'état de ce petit groupe d'Israéliens a suscité l'indignation générale, alors que la condition encore plus misérable des Palestiniens libérés est restée l'indifférence la plus totale.
Mais dans la plupart des cas, les Israéliens libérés semblaient en plutôt bonne santé, surtout si l'on considère qu'Israël refuse l'entrée de nourriture et d'eau à Gaza depuis 15 mois et que la plupart des captifs ont dû être détenus dans de profonds souterrains pour les protéger des vastes campagnes de bombardement israéliennes qui ont rasé la quasi-totalité de la bande de Gaza.
Le fait que les captifs soient apparus pour la plupart détendus face à leurs ravisseurs préoccupe encore plus Israël.
Sur la défensive, les partisans d'Israël ont rejeté ces scènes comme étant des mises en scène pour les caméras ou ont affirmé que les otages souffraient d'un "syndrome de Stockholm" sévère - une condition psychologique dans laquelle les otages sont censés s'identifier à leur geôlier.
Le temps est compté
Quelle que soit la manière dont les opinions publiques occidentales évaluent les preuves qui s'offrent à elles, elles n'apportent guère de soutien à Israël.
Ces scènes entre le Hamas et les captifs sont difficiles à concilier avec le récit toujours dominant et sans aucun élément de preuve présenté par Israël - et recyclé par les institutions occidentales - selon lequel le Hamas est un groupe de barbares qui décapite des bébés et commet des viols en masse.
En réduisant le Hamas à l'état de monstres, l'objectif d'Israël était de déshumaniser l'ensemble de la population de Gaza, afin de justifier ses crimes génocidaires.
Pourtant, les scènes où les captifs manifestent un rapport affectif avec leurs geôliers du Hamas rendent cette idée plus difficile à soutenir.
Si le Hamas n'est peut-être pas aussi diabolique que les opinions publiques occidentales ont été amenées à le croire - si le comportement de ses membres n'est peut-être pas pire, voire meilleur, que celui des soldats et des geôliers israéliens -, qu'en est-il de la fiabilité de la couverture médiatique occidentale des 15 mois de génocide qui ont précédé ?
Et plus encore, que dit de notre propre barbarie occidentale le fait que nos dirigeants élus aient accepté avec tant de désinvolture le meurtre de plusieurs dizaines de milliers - voire centaines de milliers - de civils palestiniens à Gaza, en guise de prétendue vengeance pour l'attaque de 2023 du Hamas ?
Que penser de la prétention d'Israël à la hauteur morale alors que ses dirigeants ont explicitement déclaré leur intention génocidaire à l'égard des enfants de Gaza - en nous affirmant que toute la population est impliquée dans l'attaque du Hamas et constitue donc des cibles légitimes ?
Quelle position morale Israël peut-il défendre alors que, même pendant un prétendu cessez-le-feu, il a violé les termes de l'accord plus de 250 fois et a refusé de cesser le feu ?
Quelle position morale Israël occupe-t-il lorsqu'il largue des avertissements au-dessus de Gaza, comme il l'a fait la semaine dernière, réaffirmant son intention génocidaire si les Palestiniens ne se soumettent pas au plan de Trump visant à nettoyer ethniquement l'ensemble de la population ?
Le tract, émis par l'"Agence de sécurité israélienne", met en garde : "Si tous les habitants de Gaza cessent d'exister... Personne n'aura de compassion pour vous, et personne ne demandera de vos nouvelles... Le temps est compté - la partie est presque terminée".
Le texte se termine en exhortant les Palestiniens à collaborer : "Quiconque souhaite rester sauf avant qu'il ne soit trop tard, nous sommes là, jusqu'à la fin des temps".
Calcul raciste
De même, Israël a cherché à exploiter l'émotion suscitée par la mort de la famille Bibas à Gaza - une mère israélienne et ses deux jeunes enfants pris en otage le 7 octobre - en se livrant à une opération de désinformation massive.
Après la restitution des corps le week-end dernier, Israël a immédiatement affirmé qu'ils avaient été tués par leurs ravisseurs - dans leur cas, il ne s'agissait pas du Hamas mais d'un gang criminel, connu sous le nom de "Seigneurs du désert", qui s'était emparé de la famille après avoir également réussi à s'échapper de Gaza en octobre 2023.
Supposons un instant que la version israélienne de l'assassinat de la famille "de sang-froid" soit conforme aux faits.
S'il est compréhensible - même s'il s'agit d'un nationalisme monstrueux - que les Israéliens se soucient davantage de ces trois morts que du massacre et de la mutilation par l'armée israélienne de dizaines de milliers d'enfants palestiniens à Gaza, pourquoi les hommes politiques et les médias occidentaux adoptent-ils le même calcul raciste ?
Pourquoi la mort de trois innocents israéliens est-elle tellement plus importante, tellement plus digne d'intérêt, tellement plus douloureuse que la mort de dizaines de milliers d'innocents palestiniens ?
Mais en fait, il y a de très bonnes raisons de croire qu'Israël ment une fois de plus, et qu'il s'agit simplement d'une répétition de la fiction des "bébés décapités" qui avait à l'origine attisé la fièvre génocidaire.
La famille Bibas aurait été tuée par un tapis de bombes israélien en novembre 2023, au début du génocide perpétré par Israël.
Le Hamas a proposé de restituer leurs corps - ainsi que le père encore vivant - peu après leur mort. De manière tout à fait cynique, comme l'a souligné l'analyste palestinien Muhammad Shehada, Israël a rejeté l'offre afin de pouvoir "prétendre délibérément qu'ils étaient encore en vie et capitaliser sur le récit de "monstres" palestiniens retenant un bébé en otage".
Aujourd'hui, la douleur de la famille Bibas est exploitée par Israël et ses partisans - secondés par les médias - afin de susciter un soutien en faveur d'un retour à l'assassinat de bébés palestiniens de sang-froid.
Il est probable que la famille Bibas, comme des milliers de familles palestiniennes, ait été déchiquetée par des bombes fournies par les États-Unis. Cela pourrait expliquer la confusion initiale des parties du corps qui a conduit à ce qu'une femme palestinienne plutôt que Shiri Bibas, la mère, soit renvoyée en Israël avant que le Hamas ne soit en mesure de corriger l'erreur.
Signe du peu de crédibilité des responsables israéliens dans cette affaire, les membres survivants de la famille Bibas ont interdit aux ministres du gouvernement d'assister aux funérailles mardi.
Une avalanche de plaintes
La complicité de la presse occidentale dans ces manipulations trop évidentes a été une fois de plus pleinement exposée.
Une enquête menée la semaine dernière par Declassified UK a révélé que des employés de la BBC, de Sky News, d'ITN, du Guardian et du Times avaient tous témoigné que la propagande israélienne "régnait en maître" au sein de leurs rédactions.
Des employés mécontents du Guardian ont compilé un tableau présentant une "montagne d'exemples" où le journal "amplifie la propagande israélienne incontestée... ou traite comme crédibles des déclarations manifestement fausses de porte-parole israéliens".
Un journaliste de Sky a déclaré que la chaîne avait imposé toute une série de règles non écrites qui s'appliquaient exclusivement à la couverture d'Israël : "C'est une bataille permanente pour rapporter la vérité". Chaque fois que les Palestiniens sont humanisés ou que les porte-parole israéliens sont passés au crible, la chaîne doit faire face à une "avalanche d'appels téléphoniques et de plaintes".
Les menaces de retirer à Sky l'accès aux hauts fonctionnaires israéliens ou d'interdire aux correspondants de la chaîne de se rendre dans la région ont eu l'effet escompté, influençant "ce qui était dit ou non à l'antenne".
Le personnel de la BBC a de nouveau parlé d'une culture au sein du radiodiffuseur public dans laquelle les Palestiniens sont régulièrement déshumanisés, en contraste frappant avec le traitement réservé aux Israéliens.
L'un de ses journalistes a noté que "l'emploi du mot génocide est effectivement interdit, et tout collaborateur qui utilise ce mot est immédiatement exclu".
C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre la décision de la BBC, ce week-end, de retirer un documentaire sur Gaza brièvement disponible sur son service de streaming iplayer.
Gaza : How to Survive a War Zone (Gaza : comment survivre dans une zone de guerre), une vision essentiellement enfantine de la destruction de Gaza, était le premier effort de la chaîne publique pour humaniser correctement les Palestiniens, 16 mois après qu'Israël a lancé son génocide "plausible". Regardez-le dans l'article original (en presque fin d'article, pas de lien).
Lâcheté des médias
Les groupes pro-israéliens, qui ont rationalisé de manière macabre le massacre des enfants de Gaza à chaque étape du processus, allaient inévitablement piquer une crise. Et la BBC, de manière tout aussi prévisible, devait céder à la moindre pression.
Mais même au regard des normes lamentables de la lâcheté des médias de l'establishment, nous avons assisté à un spectacle des plus déplorables.
Les lobbyistes pro-israéliens ont accusé la BBC de soutenir le terrorisme et de faire de la désinformation parce que le narrateur principal du film, Abdullah, 14 ans, s'avère être le fils d'un vice-ministre du gouvernement du Hamas.
Ayman al-Yazouri est qualifié de "chef terroriste" dans une plainte officielle adressée à la BBC et rédigée par 45 journalistes et responsables de médias juifs.
Les objections du lobby constituent toutefois la véritable désinformation, car elles reposent sur le postulat central d'une législation britannique draconienne inspirée par Israël, qui assimile toute relation avec le Hamas, le gouvernement de Gaza, à du terrorisme.
Israël a capturé et torturé des centaines de membres du personnel médical de Gaza, précisément au motif qu'ils sont associés au terrorisme parce qu'ils travaillent dans des hôpitaux publics supervisés par l'administration du Hamas.
De même, al-Yazouri, qui a obtenu un doctorat en chimie environnementale dans une université britannique et a ensuite travaillé au ministère de l'éducation des Émirats arabes unis, où il a contribué à l'élaboration du programme d'études scientifiques, a été recruté à son retour à Gaza par les ministères de l'éducation et de l'agriculture, en raison de ses compétences spécialisées et non parce qu'il était membre du Hamas.
Son fils Abdullah, qui a été scolarisé dans la seule école anglophone de Gaza, a vraisemblablement été sélectionné pour une raison aussi sinistre que le fait qu'il était l'un des rares enfants de Gaza à pouvoir s'exprimer couramment dans leur langue maternelle devant les auditeurs de la BBC.
Quoi qu'il en soit, la narration d'Abdullah est tout à fait banale, se contentant de présenter les personnages qui se débattent dans une catastrophe humanitaire provoquée par Israël et que le public peut voir de ses propres yeux à l'écran.
Des pressions extraordinaires
Les enfants dont les histoires sont racontées - et aujourd'hui supprimées - ont été sélectionnés pour des raisons clairement journalistiques : parce qu'ils accomplissent des choses fascinantes sous des pressions extraordinaires, qu'il s'agisse de devenir un chef superstar sur Tiktok, malgré un blocus alimentaire imposé par Israël, ou de faire du bénévolat dans un hôpital pour transporter les personnes mutilées par les attaques israéliennes des ambulances aux médecins qui les attendent.
Pour le reste, le cadrage du documentaire est entièrement favorable à Israël : le Hamas est maudit par une population qui souffre plus qu'Israël ; ce que la plus haute cour du monde soupçonne d'être un génocide à Gaza est décrit simplement comme une "guerre" ; et les Israéliens faits prisonniers par le Hamas, même les soldats, sont uniformément qualifiés d'"otages".
Le danger que représente le documentaire pour Israël n'est pas dû à sa politique, mais au fait qu'il humanise les enfants de Gaza, qui ont été massacrés en très grand nombre.
Ce que les groupes de pression pro-israéliens craignent - à l'exception d'une séquence finale dans laquelle une équipe d'ambulanciers est attaquée par des hélicoptères Apache israéliens - c'est tout portrait des Palestiniens qui contredirait la propagande israélienne, selon laquelle tous les habitants de Gaza, même les enfants, sont des terroristes qui ont semé eux-mêmes la mort et la destruction à Gaza.
Cet argument ne devrait trouver écho que chez les psychopathes. Et pourtant, nos radiodiffuseurs l'acceptent sans broncher, tout comme le gouvernement du Premier ministre britannique Keir Starmer.
Ne vous y trompez pas : il s'agit d'un argument justifiant un génocide, un fait que les dirigeants et les médias occidentaux devraient s'efforcer d'éviter. Au lieu de cela, ils contribuent à l'élaboration d'un récit de propagande qui rend la reprise du génocide presque inévitable.
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3- Personne n'a pris la peine de vous dire qu'Israël a déclenché une guerre contre les "libérateurs" de la Syrie
La libération de la Syrie par le HTS se déroule extrêmement bien...
![Un soldat israélien marche le long de la ligne de cessez-le-feu entre la Syrie et le plateau du Golan occupé par Israël [Archive : Avi Ohayon/Reuters] Un soldat israélien marche le long de la ligne de cessez-le-feu entre la Syrie et le plateau du Golan occupé par Israël [Archive : Avi Ohayon/Reuters]](https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!Bn1y!,w_1456,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F3103fb5b-c4c8-45a5-9e5d-3a6d0126fb0c_768x512.jpeg)
Par Ricky Hale, le 1er mars 2025, Council Estate Media
Les médias d'entreprise n'ont pas pris la peine de vous dire qu'Israël est en guerre contre la Syrie. Cela a probablement quelque chose à voir avec le fait qu'ils ont passé des semaines à insister sur le fait que la Syrie avait, en fait, été "libérée". Les médias ont publié des articles sur Al Golani alors que sa tête figurait sur la liste des personnes les plus recherchées par les États-Unis et qu'elle était mise à prix pour 10 millions de dollars. Comme pour Zelensky, ils l'ont habillé et l'ont humanisé à l'opposé de ce qu'ils font concernant les enfants de Gaza.
L'idée était qu'Al-Qaïda et ISIS étaient éveillés et avaient sauvé la Syrie d'Assad. Quiconque n'était pas d'accord avec ce récit était manifestement un assadiste qui aimait se ranger du côté des dictateurs.
L'empire a poussé ce récit depuis qu'il a rebaptisé Al Qaida et ISIS to en HTS, a fourni aux terroristes des entraînements et des équipements, et a alimenté la guerre syrienne tout en rejetant l'entière responsabilité sur Assad. On peut dire que cette intervention s'est aussi bien déroulée que celles en Irak, en Afghanistan et en Libye.
La libération de la Syrie s'est si bien passée que HTS a commencé à kidnapper des femmes universitaires, à leur couper les doigts et à les torturer à mort. HTS n'autorise désormais les femmes à sortir qu'accompagnées d'un tuteur masculin, après avoir mis en place une police de la moralité. Les femmes syriennes ne peuvent assumer que des tâches domestiques et sont arrêtées si elles s'y opposent. En d'autres termes, les droits des femmes se sont considérablement détériorés.
En attaquant la Syrie, Israël a violé l'accord de désengagement de 1974 après avoir prétendu sans fondement son "effondrement". Et ce, bien que le président intérimaire de la Syrie ait déclaré que son gouvernement respecterait l'accord. La violation de l'accord par Israël a été condamnée par les Nations unies, mais Israël se moque totalement du droit international.
Israël refuse aux Syriens la souveraineté sur leur territoire et envisage de le balkaniser, probablement pour pouvoir piller les ressources de la Syrie avec un minimum d'agitation. Si vous l'avez encouragé, bravo. Vous souffrez d'une maladie appelée "s'opposer à toutes les guerres, excepté celle en cours". C'est sur vous que la propagande de guerre fonctionne à chaque fois. C'est en partie grâce à vous que ce genre de choses continue à se produire.
Il y a quelques jours, Israël a lancé une attaque massive sur les zones autour de Damas après que HTS a osé demander à Israël de se retirer du territoire syrien. Israël Katz a déclaré que si l'armée syrienne s'aventurait au sud de Damas, elle serait "accueillie par le feu".
Les FDI affirment qu'elles bombarderont tout dépôt d'armes ou tout matériel militaire dans le pays, et c'est ce qu'elles font, tout en attaquant leurs autres voisins. Ironiquement, Israël affirme bombarder des sites en Syrie pour empêcher que des armes ne tombent entre les mains d'extrémistes. Qui a mis ces armes entre les mains de ces extrémistes en premier lieu, s'il vous plaît ?
Netanyahou a déclaré : "Nous ne permettrons à aucune force hostile de s'établir à notre frontière". Ce qu'il veut dire, c'est que la Syrie doit être démilitarisée dans l'une des régions les plus instables de la planète, elle ne sera pas autorisée à fonctionner en tant que pays, ni à bénéficier d'une quelconque stabilité ou d'un redressement économique.
Les Syriens sont tellement furieux qu'ils brandissent des pancartes décrivant Israël comme leur plus grand ennemi. Israël utilisera sans aucun doute cette colère pour justifier une nouvelle agression. Il en fera la preuve que les Syriens sont des voisins dangereux, tout comme les Palestiniens. Imaginez que vous soyez assez crédule pour croire que ce conflit n'est dû et ne concerne qu'Assad.
Lorsque Assad bombardait la Syrie dans une lutte brutale pour sa survie contre les djihadistes, on considérait que c'était la preuve qu'il devait être renversé par HTS. Si nous appliquions la même logique aujourd'hui, nous armerions et entraînerions HTS pour renverser Netanyahou, mais nous ne le faisons et ne le feront pas. Vous voyez comment la logique s'inverse lorsqu'il s'agit de notre camp ? Les crimes de guerre ne comptent que lorsqu'un dirigeant que nous n'aimons pas les commet.
Israël a passé 2025 à construire des sites militaires illégaux dans ce qui était censé être une "zone tampon temporaire" dans le sud de la Syrie. Ce n'est qu'une question de temps avant que les djihadistes n'attaquent ces sites militaires et que les Occidentaux ne soient arrêtés pour "soutien au terrorisme" s'ils les applaudissent. C'est dire à quel point l'empire est à la dérive en ce moment. Vous ne pouvez encourager les libérateurs/terroristes de Schrödinger que lorsque nous vous le demandons.
La population syrienne est confrontée à des problèmes similaires à ceux de Gaza, un grand nombre de personnes vivant dans des tentes avec peu ou pas d'accès à la nourriture, à l'eau et à l'électricité. Israël installe des check points dans le sud de la Syrie, ferme des routes, fait des descentes dans les maisons et procède à des arrestations. Lorsqu'il ne viole pas les droits de l'homme, Israël utilise les Syriens comme main-d'œuvre bon marché. Le sud de la Syrie est la nouvelle Cisjordanie. Voilà à quoi ressemble votre libération occidentale. Les néolibéraux peuvent-ils citer un exemple où nos interventions ont été bénéfiques pour la population locale ?
Bien que je méprise le gouvernement israélien et que je ne soutienne pas du tout ses actes, il savait que c'était une idée stupide de laisser HTS contrôler la Syrie. Le groupe n'a jamais été une "marionnette" d'Israël, il n'était qu'un moyen d'arriver à ses fins et il est en train d'être écarté du pouvoir. Et ce, bien que HTS n'ait pas attaqué Israël, n'ait pas menacé d'attaquer Israël et ne soit pas en position d'attaquer Israël.
Les Syriens ordinaires doivent payer le prix de l'élimination de HTS, comme ils l'ont fait pour Assad, et rien de tout cela ne sera de notre faute, alors que l'empire savait qu'il armait des terroristes. Il savait que les djihadistes affluaient en Syrie par dizaines de milliers et était tout à fait heureux de les soutenir dans cette fausse guerre de libération.
Beaucoup de ceux qui pensaient qu'il était intelligent d'armer les djihadistes veulent maintenant envoyer nos troupes en Ukraine, où les possibilités de dérapage sont bien plus grandes. Je vous supplie littéralement d'arrêter d'écouter leur propagande. Combien de fois allez-vous tomber dans le piège des mensonges impérialistes ?
Note de l'auteur : Merci de votre lecture. Tout mon contenu sera toujours disponible gratuitement, mais si vous souhaitez soutenir mon travail, vous pouvez le faire sur PayPal, Stripe, Ko-fi ou Patreon. Les likes, les partages et les commentaires m'aident également énormément.
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4- La vérité pas si cachée sur ce qui s'est passé le 7 octobre 2023
Une vérité qui vient ébranler tout ce que l'on nous a affirmé.
Par Lee Camp, le 1er mars 2025, Blog Personnel
Vous ne croirez pas ce qu'une heure de recherche m'a appris sur la vérité cachée concernant le 7 octobre. Mais je vais vous la donner en 4 minutes.
Parlons un peu de, hummm, d'agitation à Gaza. J'allais parler de génocide, mais j'ai remarqué que les mainstream ne le font jamais et nous savons tous qu'ils sont nos maîtres bienfaiteurs. Ils nous disent comment penser, qui être et quel croupion d'oligarque laver avec amour. Je vais donc suivre leurs conseils dans ce cas et qualifier ce qui s'est passé à Gaza de pire... affrontements.
Nous savons tous que cette agitation a commencé lorsque le Hamas a pénétré en Israël et tué 1 200 Israéliens le 7 octobre 2023. Comme Kendrick Lamar, c'est indéniable. Il y a quelques mois, NBC News déclarait : "Ce dernier conflit a commencé le 7 octobre lorsque le Hamas a massacré 1 200 personnes en Israël". L'autre jour, Reuters a déclaré : "... une attaque menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui a tué au moins 1 200 personnes ...". NPR a dit : " ... des combattants du Hamas ont tué environ 1 200 personnes ...". Quant au New York Times, il a récemment écrit : "Le Hamas a envahi le sud d'Israël, tuant environ 1 200 personnes ...".
Et Yoav Gallant, ministre israélien de la défense à l'époque des attentats, a déclaré il y a quelques semaines : "Les troupes israéliennes ont reçu l'ordre de tirer et de tuer les civils israéliens captifs le 7 octobre 2023...".
Attendez, QUOI ? ...les troupes israéliennes ont tué un groupe d'Israéliens ? Cela semble être une référence à la directive Hannibal, qui est la politique de l'armée israélienne consistant parfois à tuer tout le monde parce que c'est la meilleure façon de procéder quand on est contrarié par quelque chose. Il suffit de tuer tout le monde. Je l'utilise souvent lorsque je suis obligé de poster quelque chose sur Instagram - on est tous d'accord pour dire que c'est une plateforme de merde ! Juste moi ?!
Revenons à Israël - nous savons tous que la directive Hannibal n'existe pas. Enfin, nous le savons tous, sauf apparemment l'ancien ministre de la Défense (et criminel de guerre à temps partiel) Yoav Gallant. Il a déclaré recemment à la chaîne israélienne Channel 12... : "L'ordre de mettre en œuvre la soi-disant directive Hannibal d'Israël a été donné “tactiquement” et “en divers endroits” à côté de Gaza".
Mais ce n'est pas grave parce que le plan pour tuer tout le monde a été émis tactiquement. (Tout comme j'utilise ma masse pour tuer une fourmi sur la table en verre de mon salon - avec précaution et précision).
Si c'est vrai, cela va à l'encontre de tout ce que les médias affirment depuis 17 mois ! Enfin, pas tous. Pas certains médias israéliens. Voici un extrait de Haaretz : "Les FDI ont ordonné la directive Hannibal le 7 octobre pour empêcher le Hamas de capturer des soldats".
L'armée israélienne a donc tué un tas d'Israéliens le 7 octobre ! Ce chiffre de 1 200 que nous entendons répéter depuis plus d'un an inclut des tas de personnes tuées par Israël ! ...Pas question ! Il faut qu'un organisme officiel de confiance comme les Nations Unies ou le fan club d'Ariana Grande se penche sur la question. ... Quelle est cette voix plus informée dans ma tête ? L'ONU s'est-elle penchée sur la question ?
"Le rapport de la Commission d'enquête internationale indépendante des Nations unies (COI) fait état de l'utilisation répétée de la directive Hannibal le 7 octobre, alors qu'Israël combattait les combattants du Hamas..."
Qu'est-ce qu'ils en savent ? Ce ne sont que les Nations unies - qui, comme nous le savons tous, signifient "Nations unies" - qui sont dignes de confiance. (Je me suis fait cette réflexion à moi-même.) En outre, les FDI ont peut-être tué quelques Israéliens, mais ils n'étaient probablement pas si nombreux.
Un nouvel article d'investigation rédigé par ... deux journalistes de The Electronic Intifada disposant de sources approfondies au sein de l'armée et des services de renseignement israéliens ... révèle que "quelque 70 véhicules" conduits par des combattants palestiniens retournant à Gaza ont été pulvérisés par des hélicoptères de combat, des drones ou des chars d'assaut israéliens.
Soixante-dix véhicules explosés ?! On peut imaginer que cela a pu tuer un grand nombre d'otages israéliens et de passants. Même s'il n'y en avait que 2 ou 3 par véhicule, cela fait des centaines de personnes. Il ne peut pas y avoir autant de voitures, sinon on en aurait vu des tas. Cela aurait ressemblé à un rallye de monster trucks. -C'est quoi cette voix plus informée dans ma tête qu'on va commencer à appeler "Gary" ? Il y a une vidéo de tas de véhicules ravagés ?


Putain de merde ! Ça fait une sacrée flopée de voitures explosées ! Pourquoi n'ai-je jamais vu ça avant ? Pourquoi n'y a-t-il pas de visites guidées des épaves ? Pourquoi n'y a-t-il que peu de reportages à ce sujet ?
Oh, attendez, Israël a admis avoir pulvérisé et enfoui des centaines de voitures truffées de preuves. Pourquoi, au nom du ciel, Israël ferait-il une telle chose ? Selon le Jerusalem Post, ils l'ont fait "afin d'économiser de l'espace et d'être aussi respectueux de l'environnement que possible...".
Respectueux de l'environnement ?! Oui, c'est tellement Israël. Quand on regarde une photo de Gaza, on se dit : "Ils font leur possible pour être respectueux de l'environnement. Israël est la Greta Thunberg du nettoyage ethnique".
Alors, si je comprends bien. Israël a admis avoir tué un grand nombre de ses propres citoyens le 7 octobre et avoir détruit et enseveli toutes les preuves parce qu'il se préoccupe de l'environnement. C'est donc comme la mafia qui enterre toujours ses victimes dans des lieux tenus secrets afin de favoriser la croissance du feuillage. (Oh, c'est ce qu'ils voulaient dire par "faire pousser les marguerites". J'ai toujours pensé que cela avait quelque chose à voir avec l'entraînement, comme faire des pompes. C'est tellement plus logique maintenant).
D'accord, d'accord, revenons à nos moutons. Si une directive Hannibal de masse était vraie, il y aurait aussi des témoignages de ceux qui ont survécu. Quoi, Gary ? Parle plus fort. Il y a des témoignages ?
" ...le témoignage clé de Yasmin Porat, une Israélienne qui a survécu à un massacre perpétré par les forces israéliennes au kibboutz Be'eri. Selon son récit, de nombreux civils israéliens ont été tués lorsque les forces israéliennes ont ouvert le feu à l'armes lourdes, y compris des obus de chars, sur la petite maison du kibboutz qui était tenue par des combattants palestiniens."
Ouvert le feu sur une maison de kibboutz ?! J'en doute. Je ne le croirais pas à moins de voir une vidéo des opérateurs de chars eux-mêmes l'admettant. ...Oh, il y en a une ?
En fait, la tankiste raconte qu'on lui a dit de faire feu sur une maison avec des obus de char, mais qu'elle s'est arrêtée pour demander au commandant s'il y avait des civils israéliens à l'intérieur. Il lui a répondu : "Je ne sais pas, tirez, c'est tout". Mais elle a décidé de tirer avec sa mitrailleuse sur la maison et non avec des tirs de chars d'assaut.
... Et elle en est assez fière pour en parler à la télévision nationale ! D'accord, d'accord, c'était peut-être un incident rare. Peut-être que cette artilleuse a perdu la tête, et que cela ne s'est produit qu'une seule fois, le 7 octobre. Si cela se produisait souvent, nous entendrions dire que les FDI ont tiré des milliers de balles et de bombes.
Oui, Gary ? Vous n'avez pas besoin de lever la main. Il suffit de le dire.
Comme le rapporte Israel Hayom, ...
"Les données révélées ici pour la première fois montrent qu'au cours des combats du 7 octobre, l'armée de l'air a tiré 11 000 obus, largué plus de 500 bombes lourdes d'une tonne et lancé 180 missiles".
500 bombes d'une tonne ?! 180 missiles ?! ...Laissez-moi deviner, il s'agissait de bombes tactiques d'une tonne guidées avec précision. Honnêtement, ces chiffres n'ont aucun sens. Pour les atteindre, il faudrait tirer sur tout.
Eh bien, comme le rapporte Haaretz, ""Tirez sur tout", aurait ordonné un chef d'escadron à ses hommes".
Ainsi, l'une des armées les plus puissantes du monde tirait littéralement sur tout ce qui bougeait le 7 octobre 2023 et a tué des centaines de ses propres citoyens en vertu de la directive Hannibal. Il s'ensuit que le chiffre de 1 200 que nous entendons sans cesse pourrait être en fait 800 tués par le Hamas et 400 par Israël. Ou 600 et 600 ? Ou pire encore ? Cela change TOUTE l'histoire. Pourquoi aucun journaliste n'a posé ces questions à Biden, Trump ou Antony Blinken ? Ah, oui, ça me revient.

Le journaliste Sam Husseini a tenté d'interroger Blinken sur la directive Hannibal lors d'une conférence de presse et a été promptement et violemment expulsé de la salle par quatre agents de sécurité. Je suppose que non seulement la révolution ne sera pas télévisée, mais que les vraies questions ne le seront pas non plus.
J'ai encore une question - à laquelle je suis sûr que Gary pourra répondre - même si Israël a détruit et enseveli les voitures, n'y a-t-il pas de vidéos de surveillance montrant le comportement des forces armées israéliennes ? Montrant ce qui s'est exactement passé ?
Le Jerusalem Post a rapporté :"Des vidéos de surveillance critiques de Tsahal de l'attaque du Hamas du 7 octobre ont disparu". Évidemment qu'elles ont disparu. Je veux dire, si vous allez tuer des centaines de vos propres citoyens, vous devez absolument effacer les images des caméras. J'ai appris ça dans Ocean's 11. ... Ou peut-être du mariage de mon meilleur ami. Pas le film, le vrai mariage de mon ami. C'était un vrai délire ! La seule chose à laquelle j'ai assisté qui surpasse tout ça, c'est la tournée d'adieu 2023 de Kiss. C'était épique ! Aucun autre groupe ne peut tenir 23 ans de tournées d'adieu. Et ils l'ont fait avec seulement 3 chansons !
Quoi qu'il en soit, il existe des montagnes de preuves montrant que les forces armées israéliennes ont tué un nombre "ridicule" de leurs propres citoyens le 7 octobre 2023 et pourtant notre carcasse de raton laveur en décomposition (AKA les médias occidentaux) répète fidèlement le mensonge chaque jour que 1200 Israéliens ont été tués par le Hamas. C'est incroyable. C'est presque comme si cela ne les dérangeait pas de mentir. C'est presque comme si c'était leur métier.
... Et mes excuses aux carcasses de ratons laveurs en décomposition. Ce n'était pas juste de vous comparer à nos médias. Je suis désolé. Et je vous vois.
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5- Les monstres ne sont pas seulement dans les livres d'histoire. Ils vivent parmi nous. Ils sont partout
Le nouveau film de Walter Salles sur les disparitions de détracteurs du régime dans le Brésil des années 1970 nous rappelle avec force que les monstres qui défendent le massacre à Gaza attendent leur heure.
Par Jonathan Cook, le 28 fevrier 2025, Blog Personnel
Le nouveau film de Walter Salles, I'm Still Here (Je suis toujours là), est un film d'horreur dans lequel une mère et sa fille adolescente se retrouvent elles aussi dans un camp de torture du régime, avant d'être libérées.
Ce qui m'a le plus frappé dans I'm Still Here, c'est le nombre incalculable d'officiels du régime qui, impassibles et consciencieux, se sont livrés à des sévices sur des hommes, des femmes et des enfants.
Ce film m'a rappelé qu'un grand nombre de ces personnes vivent parmi nous et qu'elles n'ont pas vraiment cherché à cacher leur identité au cours des 16 derniers mois.
Ils sont les politiciens qui manipulent et déforment le langage et le droit international en qualifiant de "légitime défense" (l'éternel "Israël a le droit de se défendre") la punition collective infligée à la population de Gaza par des bombardements en tapis et la famine - autant de crimes contre l'humanité.
Ils sont les policiers qui font des descentes au domicile des gens.
Ils sont les journalistes de l'establishment qui prétendent que le carnage infligé à la population de Gaza n'est qu'une nouvelle de routine, moins importante que la mort d'un acteur âgé ou la dernière sortie du misogyne en série Andrew Tate.
Et, plus que tout, ils sont l'armée des gens ordinaires sur les réseaux sociaux,
se moquant des familles d'enfants déchiquetés par les bombes fournies par les États-Unis ;
récitant sans fin les revendications de "Gazawood" (Gaza-Hollywood), comme si le nivellement du minuscule territoire, visible depuis l'espace, était une fiction et que les seules victimes étaient les combattants du Hamas ;
défendant comme une procédure légale légitime l'enlèvement de centaines de médecins et d'infirmières des hôpitaux de Gaza vers des "camps de détention" où la torture, les abus sexuels et les viols sont monnaie courante ;
justifiant la destruction des hôpitaux de Gaza - laissant mourir des bébés prématurés, des femmes enceintes, des malades et des personnes âgées - sur la base d'affirmations totalement infondées et auto-satisfaisantes du gouvernement israélien selon lesquelles chaque hôpital est un "centre de commandement et de contrôle" du Hamas ;
applaudissant à la suppression du seul documentaire sur Gaza qui humanise ses enfants parce que le père du narrateur, âgé de 13 ans, est un scientifique nommé par le gouvernement du Hamas pour superviser ce qui était le secteur agricole avant qu'Israël ne détruise toute la végétation de l'enclave.
Ces gens vivent parmi nous. Leur confiance grandit de jour en jour.
Et un jour, si nous ne les combattons pas immédiatement, ils nous mettront une cagoule sur la tête pour nous embarquer dans un lieu secret.
Ils seront de l'autre côté du bureau, nous poseront toujours les mêmes questions, nous feront feuilleter des catalogues de photos pour identifier des visages que nous reconnaîtrons, des personnes sur lesquelles nous pourrons donner des informations.
Ils nous conduiront dans une cellule insalubre, où le lit se résume à une planche rigide, où nous n'avons pas de couverture pour nous tenir chaud, où nous n'avons pas la possibilité de prendre une douche, où les toilettes sont un trou dans le sol, et où nous n'avons qu'un seul repas pour tenir toute la journée.
Ils nous escorteront en silence à travers de longs couloirs sombres jusqu'à une pièce où ils nous attendront.
Au centre de la pièce vide, il y aura une chaise. Ils nous feront signe de nous asseoir. Et cela commencera.
Jonathan Cook est un journalisme indépendant, à contre-courant.
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6- Israël recommence à asphyxier Gaza, avec le plein soutien de Trump, larbin d'Adelson
Par Caitlin Johnstone, le 3 mars 2025, Blog Personnel
Israël a de nouveau assiégé Gaza, cette fois en pleine coordination avec l'administration Trump. Toutes les marchandises, y compris l'aide humanitaire, sont interdites d'accès à l'enclave. Cette mesure intervient après une campagne de bombardements israélienne de 15 mois soutenue par les États-Unis, qui a délibérément rendu impossible la survie de la population de Gaza sans une aide considérable.
Cette mesure vise à faire pression sur le Hamas pour qu'il accepte les modifications des termes de l'accord de cessez-le-feu conclu en janvier, en s'appuyant sur un nouveau plan de l'administration Trump visant à prolonger la première phase de l'accord au lieu de négocier la deuxième phase comme prévu.
Israël enfreint donc les lois internationales condamnant les châtiments collectifs en assiégeant une population qui dépend de l'aide humanitaire afin de forcer la modification d'un accord de cessez-le-feu. On pourrait penser qu'un acte aussi simple de criminalité psychopathique serait correctement relayé par les titres de la presse occidentale, mais si vous avez supposé une telle chose, vous êtes d'une naïveté adorable.
Comme nous l'avions prévu hier, la propagande officielle occidentale tourne autour de cette affaire pour accuser le Hamas d'avoir rejeté un accord de paix, mais certains titres sont encore pires que je n'aurais pu l'imaginer.
"Le Hamas rejette l'extension de la première phase du cessez-le-feu à Gaza et lie la libération des otages à un accord progressif", titre Reuters.
"Israël interrompt l'aide à Gaza car le Hamas rejette la proposition révisée de cessez-le-feu", affirme le Financial Times.
"Israël déclare qu'il bloquera l'aide à Gaza jusqu'à ce que le Hamas accepte de prolonger le cessez-le-feu", indique CNN.
"Israël interrompt toute aide à Gaza alors que le cessez-le-feu expire", déclare le New York Times dans son style caractéristique marqué par la voix passive.
"Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou fait pression pour une prolongation du cessez-le-feu à Gaza", lit-on dans un titre particulièrement odieux du radiodiffuseur public australien ABC (ndr : Australian Broadcasting Corporation).
Pour être clair, c'est Israël qui rejette le cessez-le-feu, et non le Hamas. Le Hamas a déjà accepté un cessez-le-feu et l'a respecté. C'est Israël qui fait pression pour en modifier les termes au lieu d'aller de l'avant comme convenu. Israël agit ainsi parce que le passage à la deuxième phase des négociations sur le cessez-le-feu impliquerait un engagement en faveur d'une paix durable et du retrait des troupes israéliennes de la bande de Gaza.
Un nouvel accord n'est même pas nécessaire pour prolonger la première phase du cessez-le-feu ; comme Muhammad Shehada l'a fait remarquer sur Twitter, la première phase se renouvellera automatiquement tant que les négociations de la seconde phase seront en cours. Ce n'est pas la première phase du cessez-le-feu qui est en jeu ici, mais l'élimination de la deuxième phase.
Et il est important de comprendre que Netanyahou n'a jamais eu l'intention de passer à la seconde phase du cessez-le-feu. Dès la signature de l'accord en janvier, les factions de la presse israélienne alignées sur Netanyahou affirmaient déjà que le Premier ministre ne permettrait jamais au cessez-le-feu de passer à la deuxième phase. Début février, le journal israélien Haaretz a rapporté que, selon des sources internes, Netanyahou avait l'intention de saboter le cessez-le-feu avant qu'il ne parvienne à la seconde étape.
Il est important de savoir que Netanyahou a toujours eu l'intention de saboter le cessez-le-feu, car cela montre qu'aucune des raisons invoquées pour justifier les actions d'Israël aujourd'hui ne sont les vraies. Cela n'a rien à voir avec les otages. Cela n'a rien à voir avec ce que le Hamas a fait depuis la signature de l'accord. Cela n'a rien à voir avec la famille Bibas. Ce ne sont pas les raisons, ce sont les excuses. Les excuses pour que Netanyahou fasse ce qu'il a toujours eu l'intention de faire.
Il est probablement utile de noter à ce stade que Donald Trump a publiquement admis être acheté et contrôlé par l'Israélienne la plus riche du monde, la sioniste virulente Miriam Adelson. Le président a ouvertement reconnu lors de la campagne électorale que lors de sa première présidence, Miriam Adelson et son défunt mari Sheldon étaient à la Maison Blanche "probablement presque plus que quiconque" pour exiger des faveurs pour Israël, comme le transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem et la reconnaissance de la revendication illégitime d'Israël sur les hauteurs du Golan, ce qu'il s'est empressé d'accorder. Miriam Adelson a donné 100 millions de dollars à la campagne de Trump l'année dernière.
Il fut un temps où dire que Trump était contrôlé par l'argent d'Adelson était considéré comme une théorie du complot antisémite ; en 2020, Roger Waters a été internationalement décrié comme un diabolique haïsseur de juifs pour avoir dit ce que Trump lui-même a ouvertement admis l'année dernière. Maintenant, nous sommes ici, regardant Trump précipiter des armes vers Israël et pousser à nettoyer ethniquement Gaza de façon permanente de tous les Palestiniens, tandis que Netanyahou se livre joyeusement à des crimes de guerre en pleine confiance qu'il sera soutenu par l'atout d'Adelson à la Maison Blanche.
Le travail de Caitlin Johnstone est entièrement financé par ses lecteurs, aussi, si vous avez aimé cet article, n'hésitez pas à le partager, à la suivre sur Facebook, Twitter, Soundcloud, YouTube, ou à jeter un peu d'argent dans son pot à pourboires sur Ko-fi, Patreon ou Paypal. Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez acheter ses livres. Le meilleur moyen d'être sûr de voir ce qu'elle publie est de s'inscrire à la liste de diffusion sur son site Web ou sur Substack, ce qui vous permettra d'être averti par courriel de tout ce qu'elle publie.Pour plus d'informations sur qui elle est, sa position et ce qu'elle essaie de faire avec sa plateforme, cliquez ici. Tous les ouvrages sont coécrits avec son mari américain Tim Foley.
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7- Hommage à Francis Boyle
Vous pouvez retrouvez ses articles en tapant son nom grâce à la petite loupe de recherche en haut à droite via ce lien.
Par le Dr Chandra Muzaffar, le 4 mars 2025, Counter Currents
Le regretté professeur Francis Boyle, éminent expert en droit international, était membre du groupe consultatif international (IAP) de JUST. Son décès le 30 janvier 2025 à l'âge de 74 ans a été un choc pour beaucoup d'entre nous.
Boyle, avocat américain des droits de l'homme et professeur de droit international à la faculté de droit de l'université de l'Illinois, était un défenseur inébranlable des opprimés et des marginalisés. Il a toujours défendu les victimes de génocide, où qu'elles se trouvent, notamment pour la Bosnie-Herzégovine et les peuples autochtones.
On se souviendra de son soutien indéfectible aux Palestiniens. En fait, en 2009, il qualifiait déjà le peuple palestinien de "victimes d'un génocide", compte tenu de leur expulsion massive de leurs maisons et de leurs villages en 1948. Cette préoccupation fait partie intégrante de son engagement plus large en faveur de la lutte des peuples indigènes pour l'indépendance et la souveraineté.
Il a défendu les intérêts des peuples indigènes qui résistaient aux atrocités et aux injustices commises par les puissants et les riches. Parce que Boyle était en quête acharnée de justice, la politique étrangère des États-Unis, telle qu'elle avait un impact sur les différentes nations, était invariablement la cible de ses critiques. C'est pourquoi les guerres en Afghanistan et en Irak et la manière dont elles ont sapé le droit international ont été au centre de la plupart de ses travaux dans cette partie du monde.
Cet aspect, ainsi que d'autres aspects de sa mission pour la vérité et la justice, lui ont valu une réputation fort justement méritée de défenseur honnête de la paix et de la liberté.
Boyle laisse derrière lui un immense trésor de livres et d'articles. Il a notamment publié The Crime of Genocide, World out of Balance : International Law and the United States War on Terror et International Law and the United States.
Boyle est intervenu à plusieurs reprises lors de conférences en Malaisie. Au fil des ans, JUST a publié au moins 40 de ses articles.
Espérons que ses illustres contributions, tant en tant qu'universitaire que militant, continueront à inspirer les générations futures d'étudiants et de militants partout dans le monde.
ndr : Lire aussi cet article lui rendant hommage.
Chandra Muzaffar est un intellectuel musulman malaisien, président et fondateur du Just Commentary. International Mouvement for a Just World depuis 1991. Il écrit sur le dialogue des civilisations, les droits de l'homme, la politique malaisienne et les relations internationales.
📰 https://countercurrents.org/2025/03/francis-boyle-a-tribute/
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Témoignages
8- Les cicatrices sur la terre
Les catastrophes environnementales du colonialisme sioniste.
Par Cara MariAnna, le 26 février 2025, Blog Personnel
Introduction - Dimanche, des chars israéliens ont pénétré dans Jénine, le gouvernorat le plus au nord de la Cisjordanie, marquant une escalade dans la guerre d'annexion menée par le régime sioniste dans ce territoire. Les médias dominants voudraient vous faire croire que c'est la première fois en 20 ans que des chars sont déployés contre des communautés palestiniennes. En réalité, au cours de la dernière décennie, les forces d'occupation israéliennes ont régulièrement utilisé des chars contre des communautés bédouines dans toute la Palestine occupée. Ce fait surprenant est l'un des nombreux rapportés par Miriam Barghouti qui s'est exprimée lundi dans le cadre de Democracy NOW !.
Le 21 janvier, l'État d'apartheid israélien a lancé ce que nous devons maintenant considérer comme son dernier effort en date d'annexion de la Cisjordanie, dans le cadre d'une opération éclair baptisée Mur de fer, deux jours seulement après le début du cessez-le-feu à Gaza. Au cours des 36 jours qui ont suivi, 57 Palestiniens ont été tués, dont huit enfants. Vendredi dernier, deux enfants ont été assassinés, tous deux d'une balle dans le dos. Ayman Nasser al-Haymouny, 12 ans, a été tué à Hébron, Rimas al-Amouri, 13 ans, dans le gouvernorat de Jénine.
Le régime sioniste a lancé une campagne intensive de dépeuplement au cours des deux premières semaines de l'opération Mur de fer. Plus de 40 000 civils palestiniens ont été déplacés. Le ministre sioniste de la défense, Israël Katz, a récemment annoncé que les forces de l'OIF resteraient dans les camps de réfugiés de Jénine, Tulkarm et Nur Shams. "Israël ne menait pas seulement une guerre contre les familles", a déclaré Barghouti à Democracy NOW, "il bouleversait le paysage du camp de réfugiés de Jénine et de Tulkarem". Israël a démoli des centaines de maisons, détruit des bâtiments et des routes au bulldozer, ainsi que les infrastructures (eau, électricité, installations médicales) nécessaires à la survie des communautés.
Dès la troisième semaine du blitz, Israël renommait les rues et installait de nouveaux panneaux routiers en hébreu alors qu'il occupait, transformait et judaïsait - nettoyait ethniquement - les anciennes communautés palestiniennes. La destruction et la transformation des communautés et des terres - de tous les aspects de l'environnement de la Palestine - ont été une stratégie nécessaire de l'occupation et de la prise de contrôle sionistes depuis l'arrivée des premiers colons européens, et, une fois établi, l'État d'Israël a poursuivi le projet avec enthousiasme.
Ce qui suit est le premier d'une série de deux articles sur la destruction de l'environnement qui a accompagné le colonialisme en Palestine. Mazin Qumsiyeh, avec qui je me suis longuement entretenu dans son bureau de Bethléem, a consacré sa vie à rechercher et documenter l'héritage catastrophique du projet de colonisation de l'État sioniste.

J'ai entendu parler de Mazin Qumsiyeh pour la première fois alors que je préparais un voyage en Cisjordanie il y a un an ce mois-ci. Le professeur Qumsiyeh dirige l'Institut pour la biodiversité et la durabilité à l'université de Bethléem, où il enseigne également et dirige les services de cytogénétique. Qumsiyeh est bien connu pour ses recherches sur la dévastation environnementale causée par le colonialisme sioniste en Palestine, raison pour laquelle j'étais impatiente de le rencontrer.
Malheureusement pour moi, Qumsiyeh a quitté Bethléem pour une tournée de conférences en Australie et en Nouvelle-Zélande quelques jours avant mon entrée en Cisjordanie, fin avril. Alors que je parcourais les gouvernorats palestiniens d'Hébron, de Bethléem et de Ramallah, et que j'étais le témoin direct des violations choquantes de l'environnement infligées à la terre de Palestine par l'État d'apartheid, j'étais de plus en plus frustrée de l'avoir manqué et de plus en plus déterminée à revenir en Palestine à un moment où il serait présent.
J'ai finalement rencontré ce professeur érudit et dévoué lors d'un second voyage en Cisjordanie en novembre. Il s'est montré aussi informé et instructif sur les thèmes de la terre et de la conquête que je l'avais prévu.
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Le vol de terres est le péché originel du colonialisme de peuplement. Cette violation fondamentale sous-tend tous les aspects du sionisme - et en fait de toute société de colonisation - et les violations dont je vais parler comprennent la manière dont les Israéliens se rapportent à la terre elle-même. Ce qui a été acquis par la violence doit être défendu et maintenu par la violence. La violence engendre la peur, qui donne lieu à davantage de violence dans un cycle sans fin. Cette dynamique épouvantable et à terme insoutenable a laissé des cicatrices sur la terre comme sur le peuple.
La création d'un État juif d'apartheid a été, dès le départ, un acte de violence ininterrompu. La preuve visuelle peut être observée dans l'environnement, et elle est partout visible. J'en ai constaté les effets à travers les colonies, les barrages routiers et les points de contrôle omniprésents et, surtout, l'effroyable cicatrice que constitue le tristement célèbre mur de l'apartheid.
Je l'ai également constaté dans la construction des routes. Les sionistes ont construit un système élaboré et entièrement dupliqué de routes et autoroutes à travers la Cisjordanie afin que les Juifs israéliens n'aient pas à voyager sur les mêmes axes que les Palestiniens. C'est l'absurdité de la logique coloniale. C'est l'apartheid poussé à l'extrême. Imaginez un instant l'impact sur l'environnement lorsque d'anciens vignobles et oliveraies, croissant sur des terrasses agricoles millénaires, sont rasés au bulldozer pour y construire une autoroute, souvent parallèle à une autre déjà existante. Imaginez la conscience des personnes capables d'infliger de tels dégâts. Imaginez, en effet, leur relation inexistante avec la terre qu'ils viennent voler et revendiquer comme leur appartenant de droit.
Les preuves dont je parle sont évidentes dans les communautés palestiniennes - camps de réfugiés, villages, villes - où les toits sont surchargés de barils de stockage d'eau. Les Juifs israéliens contrôlent toute l'eau et ne laissent aux Palestiniens qu'un dixième de ce qu'ils se réservent. Les Palestiniens sont contraints d'acheter, installer et entretenir de nombreux réservoirs de stockage afin de pouvoir disposer d'eau tout au long de la saison sèche - huit mois par an - mais aussi lorsqu'Israël interrompt l'approvisionnement.
Ces réservoirs sont ensuite la cible des soldats de l'armée israélienne qui les percent, en particulier dans les camps de réfugiés et les villages ruraux. J'ai vu des photos d'impacts de balles dans des réservoirs situés au-dessus d'un jardin d'enfants et j'ai mis mon doigt dans les impacts de balles d'un réservoir d'eau situé au-dessus d'une maison dans le vieux centre d'Hébron.
Dès mes premiers jours en Cisjordanie, et dès que j'ai vu pour la première fois une colonie israélienne illégale, deux choses m'ont frappée : d'une part, la laideur, l'agressivité et l'aspect totalement étranger des colonies et, d'autre part, le fait qu'elles ressemblent beaucoup à n'importe quelle banlieue ou zone industrielle américaine typique s'étendant sur la campagne et les terres agricoles.
Je me dois ici d'intervenir. Les colonies israéliennes m'ont rappelé de manière obsédante un voyage en voiture que j'avais récemment effectué de Guadalajara, dans le centre du Mexique, jusqu'à l'État du Connecticut, en Nouvelle-Angleterre. La dévastation environnementale constatée tout au long du trajet avait été choquante. Au Mexique, en particulier, où les conséquences de l'accord de libre-échange nord-américain de l'ère Clinton ont été dévastatrices pour l'environnement - notamment dans les friches industrielles enveloppant la ville de Monterrey, où les taux de cancer sont élevés - mais aussi dans les villes et les campagnes des États nord-américains que j'ai traversés - dix au total.
À cet égard, observer les colonies israéliennes était comme se regarder dans un miroir dans lequel je pouvais voir se refléter - plus clairement qu'à n'importe quel moment au cours de mes 64 dernières années - l'histoire et l'héritage de mon propre pays.
Comme beaucoup de choses que l'on observe en parcourant les États-Unis, les colonies israéliennes n'ont aucun rapport avec la terre alentour. Nombre d'entre elles ont été construites pour ressembler à des villes européennes, avec des maisons et des appartements coiffés de toits de tuiles rouges comme on peut en voir en France, en Italie ou en Espagne. Ils sont fréquemment entourés de pins européens non indigènes - souvent malades, ai-je remarqué, comme s'ils reflétaient la maladie du sionisme lui-même.
Tout cela pour que les Juifs européens et américains se sentent un peu plus « chez eux ». Et, comme me l'a dit mon jeune guide lors d'une visite du camp de réfugiés d'Aïda à Bethléem, pour que les Occidentaux, reconnaissant leurs propres reflets dans ces communautés européanisées, s'identifient plus étroitement aux colons illégaux. Par opposition à la population arabe indigène opprimée et brutalisée. Il semble que rien n'ait été oublié dans la longue campagne de propagande d'Israël.

C'est de ces colonies que les sionistes descendent pour détruire les oliviers, dont certains datent d'avant la naissance du Christ. De nombreuses colonies sont actuellement planifiées et érigées sur des sites classés au patrimoine mondial de l'UNESCO dans le gouvernorat de Bethléem.
Comment les sionistes peuvent-ils prétendre à la propriété d'une terre avec laquelle ils n'ont aucun lien organique ou historique et qu'ils malmènent de manière aussi scandaleuse ?
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J'ai enfin rencontré Mazin Qumsiyeh, un matin de novembre, dans son bureau de Bethléem, à l'Institut pour la biodiversité. C'est un homme d'apparence et de comportement modestes, au large sourire et au visage bienveillant.
Le professeur Qumsiyeh parcourt le monde pour donner des conférences sur la coexistence durable des communautés humaines et naturelles, le changement climatique et d'autres crises environnementales mondiales, et sans jamais y manquer, sur la question urgente de la liberté et de la souveraineté palestiniennes. Il s'est rendu dans 45 pays et rencontre fréquemment des représentants de communautés autochtones. Au printemps 2024, il a passé sept semaines à voyager en Australie et en Nouvelle-Zélande pour souligner l'urgence de mettre fin au génocide israélien à Gaza.
Chrétien palestinien, Qumsiyeh est fondamentalement un homme de paix. Il croit en l'efficacité de l'engagement civique non violent et rejette la violence comme étant inefficace et contre-productive. En tant que scientifique, il est également réaliste. Sa politique et ses opinions, exposées dans son livre Sharing the Land of Canaan, sont fondées sur le droit international, l'histoire du colonialisme sioniste et les souffrances prolongées des autochtones palestiniens.
À partir du moment où les sionistes européens - chrétiens et juifs - se sont installés en Palestine pour réaliser leur projet de création d'un État juif, la coexistence pacifique des chrétiens, des musulmans et des juifs, établie et vécue de longue date dans toute la Palestine, est devenue impossible et a été rapidement détruite.
Comme l'a expliqué Qumsiyeh, Israël était un projet d'apartheid avant même d'être un État établi. Il m'a expliqué :
La ségrégation a commencé dans les années 1920, sous le mandat britannique, lorsque Herbert Samuel [ardent sioniste, haut-commissaire pour la Palestine, 1920-25] était en charge de la Palestine. À l'époque, même les journaux locaux disaient : "Nous avons notre premier roi juif en Palestine depuis 2000 ans". J'ai perçu de l'amertume dans sa voix alors qu'il racontait cette terrible et prophétique anecdote.
Il a poursuivi :
Sous l'autorité de Samuel, les écoles publiques étaient soumises à la ségrégation. Il a pris le contrôle des ressources naturelles et a créé des organisations juives pour contrôler l'eau. Il a pris les terres des villages palestiniens et les a attribuées à des agences juives telles que le Fonds national juif.
Ce n'est là qu'un bref aperçu d'une sombre réalité historique que peu d'Occidentaux connaissent : Le rôle joué par les Britanniques, puis par les États-Unis, dans la création et la légitimation de l'État sioniste. Et ce, tout en approuvant, quand ce n'est pas en étant complice, ses nombreux crimes. Tous les Palestiniens que j'ai rencontrés connaissent bien cette histoire.
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Compte tenu de tout ce que j'avais vu lors de ma première visite en Palestine, ce que je voulais surtout apprendre de Qumsiyeh, c'était l'éventail des impacts environnementaux des colonies illégales. Je cherchais un tableau complet et il me l'a donné. Qumsiyeh s'est lancé dans une réponse qui était presque certainement une version abrégée de l'une de ses interventions. Il a commencé précisément à la racine du problème : le colonialisme européen.
"Le colonialisme désigne tous les groupes qui s'emparent des terres des peuples indigènes", a-t-il dit. "Cela s'accompagne toujours d'une dégradation de l'environnement, de la faune et de la flore indigènes, ainsi que de l'introduction d'espèces invasives".
Après une brève pause, il a poursuivi :
"Dans votre pays, les Européens ont massacré les bisons pour affamer les autochtones. Il fallait s'y attendre. C'est la colonisation."

Jusqu'à ce moment-là, je n'avais pas encore pleinement compris la logique diabolique qui sous-tend le colonialisme de peuplement. Il s'agit ni plus ni moins d'une logique d'élimination. C'est-à-dire l'extermination, non seulement des populations indigènes, nous le savons, mais aussi de tout ce qui les fait vivre. C'est pourquoi le colonialisme de peuplement trouve souvent son apothéose dans le génocide et la mutilation, voire la destruction totale, des environnements habitables, comme nous l'avons vu ces dix-sept derniers mois à Gaza.
Si la Cisjordanie a une leçon à tirer de ces questions, c'est bien celle-ci : Le colonialisme de peuplement ne peut être commodément relégué dans un passé lointain et inaccessible. La logique d'élimination qui anime et nourrit toute société de colons, y compris la mienne, se poursuit encore aujourd'hui. Elle s'exprime à travers la politique, les politiques, la gouvernance et les institutions. Les preuves sont partout dans l'environnement de la Palestine. Les colonies, comme je l'ai déjà mentionné, sont l'un des exemples les plus évidents.
Toutes celles que j'ai pu voir, et j'en ai visité beaucoup, ont été construites au sommet d'une colline. Elles sont laides au regard de l'environnement et se profilent de manière hostile dans le paysage. C'est intentionnel. Les Juifs israéliens s'emparent toujours des meilleures terres. Ils édifient leurs communautés et leurs parcs industriels au sommet des collines et les cernent de murs, de barbelés et de tours de guet. Des caméras couvrent les périmètres, dont beaucoup sont braquées sur les véhicules qui passent. Des soldats armés de l'armée d'occupation israélienne patrouillent à l'entrée des zones. On m'a déconseillé de prendre des photos depuis la vitre d'une voiture.
Depuis le sommet des collines, les colons surveillent et terrorisent les habitants en contrebas, alors même que leurs eaux usées et leurs déchets industriels s'écoulent en aval. Il s'agit là aussi d'un acte intentionnel : l'utilisation efficace des terres agricoles et des zones résidentielles arabes en tant que décharges toxiques. Qumsiyeh m'a dit qu'il y a maintenant des communautés palestiniennes situées sous les colonies et les parcs industriels qui présentent un nombre exceptionnellement élevé de cancers, de malformations congénitales et de preuves de dommages de l'ADN et des chromosomes.
La dégradation de l'environnement - des terres, de l'eau, de la flore et de la faune - n'est pas un simple incident dans les sociétés de colonisation. Il s'agit très souvent d'une caractéristique stratégique et centrale de la colonisation. Qumsiyeh m'a brièvement présenté quatre exemples de ce processus tel qu'il a été mis en œuvre en Palestine. Il a commencé par parler des ressources en eau.
Les sionistes ont compris dès le début que le contrôle des ressources en eau était un outil nécessaire et efficace de la colonisation. C'était un moyen facile de contrôler la population arabe indigène. Ils ont commencé par le nord. "À partir des années 1960, ils ont détourné l'eau du lac de Tibériade. Refuser l'eau aux habitants de la vallée du Jourdain était un moyen d'essayer de les chasser".
Le lac de Tibériade est plus connu en dehors de la Palestine sous le nom de mer de Galilée. Il s'agit en réalité d'un lac d'eau douce. Les sionistes en ont détourné l'eau pour alimenter le nouvel État d'Israël et les colonies israéliennes de la vallée du Jourdain et du désert du Néguev, dans le cadre de leur projet visant à "faire fleurir le désert" en créant des terres agricoles dans les régions arides. En conséquence, le Jourdain est en train de s'assécher. Aussi incroyable que cela puisse paraître, lorsque je l'ai traversé en décembre dernier sur le pont du roi Hussein, je dirais qu'il n'y avait pas plus d'un mètre cinquante d'une rive à l'autre, ce qui confirme l'affirmation ironique de Qumsiyeh : "On peut le franchir en sautant".
Israël contrôle toutes les ressources en eau de la Palestine et détermine la quantité d'eau que reçoit la Jordanie. Après la chute du régime d'Assad à Damas, Israël contrôlera également une grande partie de l'eau autorisée à la Syrie. Au fil des ans, Israël a renforcé son monopole sur l'eau dans la vallée du Jourdain. Comme par le passé, il en va de même aujourd'hui : Le contrôle des ressources en eau est un aspect essentiel de la stratégie sioniste visant à forcer les Arabes autochtones à quitter leurs terres et d'annexion de la Cisjordanie - et non pas accessoirement d'intimidation de leurs voisins en Syrie, en Jordanie et au Liban.
Le peu d'eau subsistant dans le bras inférieur du Jourdain, qui se jette dans la mer Morte, est salée, fortement polluée par les eaux de ruissellement agricoles et les eaux usées brutes, et impropre à la consommation. Tout cela a des répercussions sur la mer Morte, dont le niveau a baissé de près de 150 pieds (500 mètres) au cours des 50 dernières années. Et cela continue. Il s'agit d'une mauvaise gestion de l'eau, mais aussi de l'une des multiples conséquences écologiques des politiques sionistes d'extermination.
Lorsque Qumsiyeh parle de l'embouchure du Jourdain, sa voix est empreinte d'amertume et de dédain. Communément appelée "mer Morte" en Occident, cette étendue d'eau est en fait un grand lac salé intérieur. Qumsiyeh l'appelle le lac Lot. "Le lac Lot n'est ni mort ni une mer", a-t-il lancé avec une bonne dose de mépris.
Cette remarque, faite presque en aparté, en dit long sur l'arrogance et l'ignorance des sionistes qui ont peu de connaissances, de compréhension ou de respect pour les terres et les écosystèmes qu'ils sont déterminés à s'approprier pour en faire le Grand Israël. Elle donne également une idée de la manière dont les Palestiniens considèrent leurs oppresseurs sionistes.
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Dans la deuxième partie, je partagerai les commentaires de Qumsiyeh sur trois autres domaines d'impact environnemental causés par les politiques sionistes : les dommages causés aux espèces végétales et animales indigènes de Palestine, y compris l'extinction d'espèces ; les conséquences catastrophiques du boisement ; et l'introduction d'espèces invasives.
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Cara MariAnna est artiste et écrivaine.
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9- Essayer de reprendre le cours de la vie dans les ruines de Gaza

Par Taghreed Ali, le 24 février 2025, The Electronic Intifada
Mustafa al-Ashqar explique simplement pourquoi lui et sa famille sont retournés dans le quartier de Shujaiya, dans la ville de Gaza :
"Notre chez-nous nous manquait et nous étions épuisés de vivre dans des tentes".
Al-Ashqar, 47 ans, a fui Shujaiya en décembre 2023, avec sa femme et ses cinq enfants.
Ils se sont rendus à al-Tuffah, un autre quartier de la ville de Gaza. La famille a réussi à survivre malgré les longues périodes sans nourriture, l'eau insalubre et le fait que ce quartier était lui-même assiégé par l'armée israélienne.
Al-Ashqar et sa famille ne sont revenus à Shujaiya qu'après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu en janvier. Une partie du plafond s'étant effondrée et les murs ayant été détruits ou sévèrement endommagés, il a constaté que sa maison n'était pas habitable.
Il a néanmoins entrepris de réparer une pièce, d'évacuer des gravats et d'utiliser de la toile pour ériger des murs de fortune.
"Les conditions sont difficiles, mais je me sens maintenant en sécurité dans ma maison", a-t-il déclaré.
Passer d'une tente à un toit était vital.
"Je voulais protéger ma famille du froid intense", explique-t-il.
Al-Ashqar est tout à fait conscient que tout le monde reste en danger.
Israël a continué à commettre des actes de violence à Gaza, violant l'accord de cessez-le-feu. Le souvenir de la façon dont la maison tremblait à chaque frappe aérienne dans les environs est encore bien présent dans les mémoires.
Pourtant, al-Ashqar est convaincu qu'il restera chez lui. "Il n'y a pas d'autre solution", a-t-il dit.
Environ 92 % des maisons sont détruites ou endommagées à Gaza.
La dévastation n'a pas entamé la détermination générale à essayer de reprendre la vie.
"Un cauchemar"
Les scènes de retour vers le nord des personnes déplacées vers le sud ont été dramatiques. Ces dernières semaines, on a accordé moins d'attention au sort des personnes déracinées dans le sud de la bande de Gaza.
Sidqi al-Najjar, 43 ans, est charpentier à Khuzaa, une ville proche de Khan Younis, au sud de Gaza.
Avant la guerre génocidaire, il vivait dans un immeuble de trois étages. Après son bombardement par Israël en janvier 2024, sa famille et lui ont été déplacés à al-Mawasi, une autre zone du sud de la bande de Gaza, où ils ont installé une tente.
Aujourd'hui, il ne reste plus que deux pièces de leur logement de Khuzaa et la famille y est retournée.
Al-Najjar a confié avoir "ressenti un sentiment de désespoir" lorsqu'il a vu son ancien foyer. Mais avec l'aide de ses proches, il s'est rapidement attelé à la tâche de débarrasser les deux pièces encore debout des débris.
"Les deux pièces sont dangereuses", a-t-il expliqué, "des choses nous tombent dessus pendant notre sommeil . J'ai constamment peur que le plafond ne s'effondre sur nous".
Le prix du ciment et d'autres matériaux de construction a explosé depuis octobre 2023, selon certaines sources, les prix ont augmenté de 400 %.
Al-Najjar n'a pas les moyens de reconstruire correctement sa maison. Comme les restes du bâtiment ont été exposés aux éléments, il a entrepris un travail de rafistolage rudimentaire à l'aide de métal et de tissu.
"Vivre dans une maison sur le point de s'effondrer est toujours mieux que de vivre sous une tente", a-t-il déclaré. "Le froid était devenu un cauchemar auquel nous ne pouvions plus faire face".
La tente de la famille avait été dressée sur une plage à al-Mawasi. La situation de la famille était particulièrement désespérée lorsque de fortes marées l'ont inondée en septembre de l'année dernière.
"L'occupation nous a laissés sans rien", a-t-il expliqué. "Tous nos biens ont été détruits : nos habitations, nos terres agricoles et nos souvenirs".
"Une catastrophe"
Said al-Shurfa, 36 ans, a grandi dans le camp de réfugiés d'al-Bureij, au centre de Gaza. Sa maison a été attaquée par Israël en juin de l'année dernière.
Même si elle est en ruine, Said al-Shurfa considère que sa maison est préférable à la tente délabrée dans laquelle sa famille et lui ont été contraints de vivre.
"Ma maison a été presque entièrement détruite", a-t-il expliqué.
Les fenêtres et les portes ayant volé en éclats, il les a recouvertes de morceaux de tissu. Il a réussi à extraire des décombres quelques anciens lits et couvertures de la famille, afin qu'ils aient de quoi dormir.
"Lorsque nous quittons notre domicile ou que nous y revenons, nous devons enjamber de nombreux décombres. Mais c'est mieux que de vivre sous une tente", a-t-il dit.
Un cessez-le-feu permanent est indispensable pour lancer le long et difficile processus de reconstruction.
"Nous devons mettre fin au cauchemar de la guerre", a-t-il ajouté. "Ce qui s'est passé est une véritable catastrophe."
Taghreed Ali est un journaliste basé à Gaza.
📰 https://electronicintifada.net/content/resuming-life-ruins-gaza/50428
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10- Le carnet sous les décombres

Par Bassam Emad, le 26 février 2025, The Electronic Intifada
"Bassam, tiens fermement la main de ta soeur. Ne la lâche pas."
La voix de ma mère tremblait - pas seulement à cause du froid, mais aussi à cause de quelque chose de plus profond, quelque chose qui ressemblait à une peur qui ne nous avait jamais quittés. Je tenais la main de Malak - ma sœur de 12 ans - et je m'efforçais de paraître fort, bien que je ne me sois jamais sentie aussi faible de ma vie.
Nous avions quitté Deir al-Balah, au milieu de Gaza, à l'aube du 27 janvier, pour retourner à Beit Lahiya - le grand complexe résidentiel où nous avions vécu - ou ce qu'il en restait. Nous ne pouvions tout emporter avec nous ; nous avions à peine la force de porter notre petite tente.
Mon père est donc resté en arrière, attendant que nous trouvions un endroit convenable pour la famille.
Nous avons marché pendant huit heures, enjambant des décombres, traversant des rues qui ne ressemblaient plus à des rues, passant devant des murs réduits à l'état de poussière. Je connaissais bien le chemin de notre maison, mais aujourd'hui, il n'y avait aucun chemin, seulement une destruction sans fin.
Ma mère serrait ses vêtements contre elle, comme si elle essayait de s'étreindre. Malak marchait à côté de moi en silence, n'osant poser la question qui la hantait.
"Et si nous ne trouvions pas notre maison ?"
Alors que nous approchions du quartier d'al-Israa, dans le centre de la bande de Gaza, j'ai vu ma mère accélérer le pas, puis s'arrêter net.
Je savais que nous étions arrivés. Mais il ne restait plus rien.
Pas de portes, pas de murs, pas même un meuble renversé. Il n'y avait qu'un vaste trou à la place de notre maison.
Je n'arrivais pas à croire ce que je voyais. Mes yeux cherchaient désespérément quelque chose de familier, une preuve que nous avions vécu ici.
Mais il n'y avait rien, que le néant.
Je regardai ma mère, qui restait immobile, fixant les ruines comme si elle avait du mal à comprendre. Malak n'a pas dit un mot.
Elle s'est simplement assise sur le sol, au milieu des décombres, et a posé sa tête sur ses genoux.
"Ce n'est pas notre maison... ce n'est pas notre maison ...", murmura-t-elle, à peine audible.
Ensemble
J'ai couru vers les décombres, creusant dans le béton brisé, soulevant les pierres cassées, à la recherche de quelque chose, n'importe quoi. Mes mains ont fouillé la poussière et les débris jusqu'à ce qu'elles touchent quelque chose de doux.
Avec précaution, je l'ai sorti.
C'était mon vieux carnet de notes.
Couvert de poussière de guerre, les bords déchirés, mais indéniablement le mien. Mes doigts tremblaient en feuilletant les pages, mes yeux se posant sur des mots que j'avais écrits deux ans auparavant - quand notre maison était encore un foyer, quand la vie semblait encore normale.
"Aujourd'hui, j'étais assis avec mon père et ma mère dans le salon. Malak dessinait dans son petit carnet de croquis et j'étudiais pour mon examen. Il n'y avait pas d'électricité, comme d'habitude, mais la maison était chaude. Rien au monde n'est plus rassurant que d'avoir un toit au-dessus de la tête".
J'ai fermé les yeux, me sentant basculer dans un abîme sans fond.
Derrière moi, j'ai entendu la voix de ma mère, rauque et fragile. Quand je me suis retourné, elle fixait le cahier que je tenais entre les mains.
"Même les souvenirs n'ont pas survécu", a-t-elle murmuré.
Je n'ai pas trouvé les mots pour répondre. Je me suis tourné vers Malak, qui traçait un petit cercle sur le sol avec une pierre.
Je l'ai regardée, perplexe, jusqu'à ce qu'elle lève les yeux et demande d'une voix fatiguée : "Bassam, penses-tu que si nous plantons quelque chose ici, cela poussera ?".
Je n'ai pas su quoi dire. J'ai jeté un coup d'œil autour de moi. Il n'y avait que des ruines.
Mais je ne voulais pas briser son espoir. Alors j'ai murmuré : "Peut-être... si on lui laisse le temps".
Cette nuit-là, nous n'avions nulle part où aller. Nous étions assis sur les décombres - pas de toit, pas de murs, rien d'autre que le ciel au-dessus de nous.
Le froid était impitoyable et Malak frissonnait, bien qu'elle ne dise rien.
Ma mère s'est assise à côté de moi, serrant le carnet, feuilletant ses pages comme si elle essayait de revivre ce qui avait été perdu.
Cette nuit-là, j'ai réalisé quelque chose à laquelle je ne voulais pas croire. Nous n'étions pas rentrés chez nous. Nous étions revenus dans un lieu qui n'existait plus.
Pourtant, malgré tout, malgré la douleur, malgré le chaos de la destruction, nous étions toujours là.
Ensemble.
Bassam Emad est étudiant en médias à l'université Al-Aqsa de Gaza.
📰 https://electronicintifada.net/content/notebook-beneath-rubble/50438
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11- Un mois pour se rétablir, puis mourir en trois jours

The Electronic Intifada, le 27 février 2025, anonyme*
Muhammad était mon frère aîné.
Le frère le plus proche de mon cœur et moi du sien. C'est ce que nous disions toujours.
En juillet, il est tombé malade. Pendant un mois, il s'est senti constamment fatigué, mais ne voulait pas alourdir le fardeau de notre père. Muhammad ne s'est donc pas plaint. Il essayait de se reposer autant que possible dans l'espoir que son état s'améliore.
Ce ne fut pas le cas. Au fil des jours, son état s'est aggravé. Il ne pouvait plus bouger et la douleur était si forte qu'elle le faisait hurler. Finalement, mon père, qui est infirmier, l'a emmené à l'hôpital le plus proche, le Nasser Medical Complex à Khan Younis, où on lui a diagnostiqué une insuffisance rénale.
Les médecins ont annoncé qu'il aurait besoin d'une dialyse deux fois par semaine et d'une greffe de rein le plus rapidement possible. Toute la famille s'est précipitée pour se porter volontaire, moi en tête, mais notre mère a insisté pour faire don de son rein.
Ce qu'elle a fait en août. Muhammad s'est bien rétabli et est sorti de l'hôpital.
Un mois plus tard, dans la soirée du 10 septembre, un attentat à la bombe a eu lieu dans notre quartier, al-Mawasi à Khan Younis, un quartier dont Israël avait dit qu'il était sûr.
Nous étions tous endormis au moment de l'attaque, car, sans électricité et donc sans lumière, sans télévision et avec peu d'autres distractions, nous nous couchions tôt.
Il n'y a eu aucun avertissement. Le bruit de l'explosion a été terrifiant. Le feu s'est propagé et la situation est devenue chaotique. Nous avons hurlé et couru hors des tentes, le visage en sang. Heureusement, nous n'avons subi que des blessures et des brûlures mineures.
Muhammad, lui, n'a pas bougé de son lit. Ma mère a été la première à s'en être aperçue et a couru vers lui en criant. Elle a constaté qu'un éclat de métal en forme de lame de couteau sortait de sa jambe. Il saignait abondamment. Elle a tenté de retirer l'éclat d'obus, mais le feu était tout proche et elle a dû renoncer.
L'horreur à l'hôpital
Ahmad, mon jeune frère, a couru chercher une ambulance. Les ambulanciers ont sorti Muhammad du véhicule et l'ont emmené d'urgence à l'hôpital Nasser, où on lui a retiré les éclats d'obus et recousu la jambe.
J'ai rendu visite à mon frère quotidiennement et j'ai appris les détails concernant les patients traités dans la même chambre que lui. J'ai pris de leurs nouvelles à chaque visite.
Ce que j'ai vu dans le service orthopédique m'a bouleversé.
À côté du lit de mon frère se trouvait un garçon de 12 ans avec lequel Ahmad, du même âge, s'était lié d'amitié. Il avait lui aussi été blessé aux jambes par des éclats d'obus. Finalement, on a dû l'amputer des deux jambes. Il n'a survécu que quelques jours.
Il y avait aussi un homme plus âgé, peut-être dans les 70 ans, avec une jambe amputée et de multiples problèmes de santé. Quelques jours après ma première visite, il n'était plus là. Lorsque j'ai demandé à mon frère de me parler de lui, il m'a dit qu'il était mort à la suite de sa blessure à la jambe.
Hamed, un jeune homme d'une vingtaine d'années qui était ami avec Muhammad, a été amputé des mains et des pieds à cause d'un bombardement qui a visé sa maison. Quelques jours plus tard, lui aussi est décédé.
Je pleurais chaque fois que mon frère m'apprenait que d'autres patients du service avaient succombé à leurs blessures. Je craignais que ce qui leur était arrivé n'arrive à mon frère.
J'ai questionné le médecin au sujet des nombreux amputés.
Sa réponse m'a terrifiée. Il m'a expliqué que le manque de médicaments et d'équipements ne laissait guère le choix aux médecins.
"Dans notre service, il n'y a pas d'autre moyen de sauver la vie des blessés que l'amputation", m'a-t-il dit.
La gangrène
Un mois après sa blessure, les médecins ont annoncé que Muhammad souffrait d'un empoisonnement du sang et d'une gangrène à la jambe. Ils ont dit qu'ils allaient devoir l'amputer.
Nous n'avions pas vraiment le choix, mais mon frère a opposé une résistance farouche. Il supplié notre père, "Ne les laissez pas amputer ma jambe. S'il vous plaît, ne le faites pas".
Quelques heures plus tard, il a perdu connaissance. Le médecin nous a dit que son état allait empirer et que si sa jambe n'était pas amputée sur-le-champ, il ne s'en sortirait pas. Mon père a donc donné son accord.
Nous pleurions tous et j'ai demandé au médecin de me laisser entrer dans la salle de soins intensifs à côté de mon frère pour que je puisse prendre une photo de lui avant qu'on ne lui ampute la jambe.
Muhammad a survécu à l'opération mais n'a pas repris conscience tout de suite. Le médecin nous a dit que c'était normal pendant les 48 premières heures. Cette période s'est rapidement écoulée. Puis d'autres jours. Puis des semaines.
Nous avons déplacé notre tente à proximité de l'hôpital afin de pouvoir lui rendre visite quotidiennement. Auparavant, il nous fallait deux heures de marche - notre seule option puisqu'il n'y avait ni carburant ni autre moyen de transport viable.
Chaque jour, je me rendais à l'hôpital etm'asseyais à ses côtés. Je lui parlais et lui rappelais nos souvenirs ensemble, espérant que quelque chose se produise.
Chaque jour, ma mère lui préparait un kibbeh aux pommes de terre au cas où il se réveillerait affamé.
Chaque jour, un membre de la famille allait donner son sang.
Et puis, un jour, Muhammad nous est revenu avec un sourire. C'était exactement un mois après l'amputation. Ma mère était à ses côtés, retenant ses larmes pour qu'il ne les voie pas. Ses yeux ont commencé à cligner de joie.
Trois petits jours seulement
Ma mère a poussé un cri de joie et a appelé les médecins.
"Muhammad s'est réveillé, Muhammad va bien".
Les médecins ont accouru et tout le monde a été submergé par la joie et la surprise de voir que Muhammad avait repris conscience. Nous avons échangé des sourires. Muhammad a souri à son tour.
Au début, il était incapable de bouger. Après quelques heures, mon père l'a aidé à s'asseoir. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'il s'est rendu compte qu'il n'avait plus qu'une jambe. Il a pleuré. Tout le monde a essayé de le consoler.
Ma mère a finalement vu son fils manger le kibbeh, qu'elle a écrasé pour qu'il puisse l'avaler plus facilement.
Le 2 décembre 2024, trois jours après avoir repris conscience, mon frère bien-aimé est mort.
Il avait 24 ans.
J'avais déjà commencé à compter les jours pour son rétablissement.
Il a suivi un traitement de dialyse pendant un mois et, après la greffe de rein, il a eu besoin d'un mois supplémentaire pour se rétablir. Le traitement de sa jambe a duré un mois avant qu'il ne tombe dans le coma, ce qui a également duré un mois. Sur cette base, j'ai calculé qu'il lui faudrait encore un mois pour se remettre de l'amputation.
Pourquoi n'a-t-il survécu que trois jours après son réveil ?
Muhammad était mon frère aîné.
Le plus proche de mon cœur et moi du sien.
C'est ce que nous disions toujours.
*Par égard pour la famille, les noms n'ont pas été révélés.
📰 https://electronicintifada.net/content/one-month-recover-three-days-die/50442
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12- Mon cœur s'est brisé 20 fois
Au lendemain du cessez-le-feu, je me suis entretenu avec 20 personnes à Gaza. Ces clichés montrent à quoi ressemble la survie et à quel prix.
Par Mohammed R Mahawish, le 23 février 2025, We Are Not Numbers
Dans les semaines qui ont suivi le cessez-le-feu, j'ai discuté à vingt personnes à Gaza - mères, pères, enfants et grands-parents - pour connaître leurs premiers moments, leurs premiers jours et leurs premières semaines après l'arrêt des bombes. Leurs récits ne concernent pas seulement la survie. Elles parlent de la perte, celle d'êtres chers, de maisons, de rêves, du rythme de la vie quotidienne.
Ahmed, 32 ans, ouvrier du bâtiment (camp de Jabalia)
Une heure après l'annonce du cessez-le-feu, Ahmed a parcouru 5 kilomètres en courant pour retrouver ses parents.
Je n'ai même pas réfléchi. J'ai couru si vite que mon cerveau et mon cœur avaient du mal à me suivre. Quand j'ai vu ma mère, vivante et debout dans l'embrasure de la porte, je suis litttéralement tombé à genoux. Elle tenait un balai et dégageait les décombres comme s'il s'agissait d'un mardi comme les autres. Je l'ai serrée dans mes bras et ne l'ai pas lâchée pendant de longues minutes. Avant la guerre, je bâtissais des maisons pour les gens. Aujourd'hui, je ne sais même pas si je peux reconstruire la mienne.
Mariam, 45 ans, enseignante (Beit Hanoun)
Arois heures après le cessez-le-feu, Mariam a fouillé les ruines de sa maison, ramassant des fragments des jouets de ses enfants.
J'ai retrouvé la petite voiture de mon fils sous les débris de béton. Elle était écrasée, mais je l'ai tenue comme si c'était de l'or. J'ai continué à chercher : des photos, une tasse de thé, ma robe de mariée. Chaque chose était comme une partie de moi. Mais je n'ai pas pleuré. J'ai continué à creuser.
Youssef, 17 ans, étudiant (Ville de Gaza)
Youssef a fait la queue pendant des heures à un point de distribution d'aide improvisé le deuxième jour du cessez-le-feu.
Je n'avais pas mangé depuis deux jours. Mon estomac s'auto-dévorait. Lorsque j'ai enfin obtenu le sac de farine, je l'ai serré dans mes bras comme s'il s'agissait de mon petit frère. J'ai couru jusqu'à la maison et ma mère a fait et cuit du pain dans la rue. Nous n'avons même pas attendu qu'il refroidisse. Avant, mon rêve était d'aller à l'université à l'étranger, aujourd'hui c'est d'avoir un repas complet.
Samira, 60 ans, grand-mère (Shuja'iyya)
Deux jours après le cessez-le-feu, Samira a organisé un groupe de femmes pour nettoyer la mosquée locale.
La mosquée était à moitié détruite, mais le minaret était toujours debout. Je me suis dit : "Si le minaret est encore là, nous le sommes aussi". Nous avons nettoyé, transporté des briques et même lavé le sol avec l'eau d'un tuyau percé. Au coucher du soleil, on se sentait à nouveau dans un lieu de paix. Mais la prière du vendredi n'est pas la même sans mes petits-enfants.
Khaled, 28 ans, pêcheur (camp d'Al Shati "Beach")
Trois jours après le cessez-le-feu, Khaled a enterré son frère à mains nues.
Nous n'avions pas de pelle. Nous n'avions que nos mains. J'ai creusé le béton jusqu'à ce que mes doigts saignent. Shady aimait la mer, alors je l'ai enterré au bord de l'eau. Je suis resté assis à regarder les vagues pendant des heures. Je ne pouvais même pas pleurer. Je n'arrêtais pas de dire : "Je suis désolé". Son visage est là chaque fois que je regarde la mer.
Leila, enfant de 9 ans, Rafah
Quatre jours après le cessez-le-feu, Leïla jouait à la marelle dans une rue bombardée
Maman m'a dit : 'Ne va pas loin', mais je voulais juste jouer. J'ai dessiné des cases de marelle avec un morceau de craie que j'avais trouvé. Mes amis sont venus, et pendant un petit moment, on se serait cru à l'Aïd. Nous avons ri si fort que les voisins sont sortis pour nous regarder.
Omar, 35 ans, propriétaire d'un magasin (Ville de Gaza)
Omar a rouvert sa boulangerie détruite avec un seul four, cinq jours après le cessez-le-feu.
Je tenais une boulangerie de dix fours. Lorsque je suis allé vérifier, j'en ai retrouvé un sous les décombres qui fonctionnait encore. Je l'ai nettoyé, je l'ai allumé et j'ai commencé à cuire. L'odeur du pain faisait accourir les gens. Ils ne se souciaient même pas de savoir si le pain était brûlé. Un voisin a pleuré en prenant une bouchée. "Il a le goût de la maison", m'a-t-il dit. Pour moi, cela suffit à rappeler aux gens ce que nous avons perdu - et ce que nous pouvons encore faire.
Fatima, 22 ans, étudiante à l'université (Khan Younis)
Fatima repris ses études sous une tente de fortune, une semaine après le cessez-le-feu
J'ai toujours voulu être ingénieur, mais j'ai perdu espoir après que ma maison a été détruite. Mes livres sont été ensevelis sous les décombres, mais ma voisine m'a prêté les siens. Je m'assois sous cette bâche tous les jours pour lire. Ce n'est plus une question de diplôme. Il s'agit de me prouver que je suis toujours là, que je continue à aller de l'avant.
Ali, 50 ans, agriculteur (Beit Lahia)
Dix jours après le cessez-le-feu, Ali a partagé les semences qu'il lui restait avec ses voisins pour replanter les cultures.
Mes champs ont disparu. Quatre acres de légumes sont maintenant brûlés. Mais il me restait une poignée de graines. Je les ai partagées avec mes voisins pour que nous les plantent ensemble. J'ai dit : "Si elles poussent, nous mangerons. Si elles ne poussent pas, nous réessaierons". Nous sommes tous dans le même bateau. Après avoir cultivé suffisamment d'olives pour nourrir tout mon quartier, tout ce que j'espère maintenant, c'est qu'au moins un arbre survive.
Rana, 30 ans, mère de trois enfants (Deir Al Balah)
Deux semaines après le cessez-le-feu, Rana a planté des fleurs dans un pot fissuré à l'extérieur de son abri provisoire.
Ce pot fissuré et quelques graines de fleurs sauvages sont tout ce qui reste d'un vrai jardin avec roses et citronniers. Je les ai plantées parce que j'avais besoin de voir quelque chose de vivant, de beau. Mes enfants les arrosent tous les jours. Ils l'appellent notre "jardin de l'espoir". C'est peut-être idiot, mais c'est suffisant pour nous permettre de continuer.
Hana, 29 ans, mère de famille (Beit Lahia)
Hana a creusé dans les décombres à mains nues, en appelant le nom de son fils, une heure après le cessez-le-feu
Je voulais célébrer le cessez-le-feu avec lui. Mais l'attaque aérienne a frappé quelques minutes avant l'annonce du cessez-le-feu. Je l'ai entendu crier sous les pierres. J'ai hurlé : "Yousef !". J'ai gratté le béton jusqu'à ce que mes ongles se cassent et saignent. Lorsqu'ils l'ont sorti une heure plus tard, il n'était plus en vie. J'ai tenu son petit corps et je l'ai bercé comme s'il dormait. Tout ce que je pouvais dire, c'était : "Je suis désolée, je suis désolée".
Mahmoud, 40 ans, chauffeur de taxi (Ville de Gaza)
24 heures après le cessez-le-feu, Mahmoud a porté le corps de sa fille, âgée de onze ans dans une couverture, jusqu'au cimetière.
Elle était comme un oiseau, si légère dans mes bras. Je n'ai pas trouvé de linceul, alors je l'ai enveloppée dans sa couverture rose préférée et j'ai marché jusqu'au cimetière. Pas de voiture, pas d'ambulance. Juste elle et moi. Je n'arrêtais pas de murmurer : "N'aie pas peur, habibti. Baba est là. Je me souviens des matins où je la conduisais à l'école. La route semble si vide maintenant.
Sami, 55 ans, enseignant à la retraite (Shuja'iyya)
Sami se tenait bout au milieu des cendres de sa maison, tenant l'alliance de sa femme, trois jours après le cessez-le-feu
Tout n'est que cendres et fumée. J'ai retrouvé son alliance dans les décombres. Elle était noircie, mais je pouvais encore voir nos noms gravés à l'intérieur. Je l'ai serrée si fort qu'elle m'a coupé la paume de la main. Je ne l'ai pas sentie. Tout ce que j'ai ressenti, c'est son absence. Sur ce même balcon, qui n'est plus qu'un amas de gravats, nous nous asseyions chaque soir pour boire le thé.
Aya, enfant de 9 ans, (Rafah)
Aya serrait dans ses bras sa poupée sans tête dans les rues, quatre jours après le cessez-le-feu
J'avais l'habitude de lui brosser les cheveux tous les soirs. Je ne sais pas où est passée sa tête. J'emporte son corps partout avec moi et j'espère que quelqu'un pourra la soigner. Ma mère n'arrête pas de dire : "Elle est partie, Aya". Mais je ne veux toujours pas y croire. Je l'aime, même quand elle est brisée.
Tariq, 23 ans, étudiant en maîtrise (Khan Younis)
Assis tous les soirs près de la tombe de son frère, Tariq repense à leur dernière dispute, une semaine après le cessez-le-feu.
Je m'assois ici chaque soir et je le supplie de me pardonner. La dernière chose que je lui ai dite, c'est : "Tu es égoïste". J'apporte son thé à la menthe préféré et le verse sur sa tombe. Je sais qu'il ne peut pas le boire, mais c'est tout ce que je peux lui donner. Oui, nous avions l'habitude de nous disputer sur tout - la politique, la musique, même le football. Mais je donnerais n'importe quoi pour entendre à nouveau sa voix.
Nadia, 34 ans, infirmière (Deir Al Balah)
Dix jours après le cessez-le-feu, Nadia berce un berceau vide en fredonnant une berceuse.
Je fredonne encore pour elle comme je le faisais quand elle était toujours parmi nous. Chaque nuit, je berce le berceau, je ferme les yeux et je fais comme si elle était encore là. Parfois, je me réveille et je vais pour la prendre dans les bras, puis je sens que le lit est vide. Ce silence est le son le plus fort que j'ai jamais entendu.
Abu Hassan, 70 ans, agriculteur à la retraite (Nord de Gaza)
Assis dans ce qui reste de son oliveraie, tenant une seule branche desséchée, deux semaines après le cessez-le-feu
J'ai planté ces arbres il y a environ 50 ans. Ils étaient ma vie. Je suis assis ici avec cette branche et je me dis : "Qu'ai-je laissé à mes petits-enfants ? Rien d'autre que de la poussière et cette branche". Je m'asseyais sous ces arbres avec eux, leur racontant des histoires, avant que tout ne soit transformé en terrain vague.
Layla, 38 ans, couturière (Ville de Gaza)
Trois semaines après le cessez-le-feu, Layla a cousu la chemise de son mari pour en faire un oreiller, avec lequel elle dort chaque nuit.
Il m'apportait du tissu du marché. J'ai fait cet oreiller avec sa chemise pour qu'il reste dans ma vie. Je ne supporte pas de le laver. Je sens encore son odeur. Ainsi, je pouvais le tenir dans mes bras la nuit. Parfois, je me réveille et j'oublie qu'il est parti. Puis je m'en souviens, et j'ai l'impression de le perdre à nouveau.
Rami, 16 ans, aspirant ingénieur (Camp de Jabalia)
Regardant les ruines de son école, tenant ses manuels brûlés, trois semaines après le cessez-le-feu
J'étais censé obtenir mon diplôme cette année, mais mon école a disparu et mes livres sont réduits en cendres. Je viens ici tous les jours et je m'assois sur les décombres. Je me demande si je construirai un jour quelque chose ou si je continuerai à regarder les choses s'effondrer. Je rêvais de construire des ponts. Au lieu de cela, tout ce que je veux maintenant, c'est reconstruire mon école.
Suad, 42 ans, mère de quatre enfants (Rafah)
Quatre semaines après le cessez-le-feu, Suad a recollé une photo de famille déchirée, sans le visage de son mari.
Cette photo est la seule que nous ayons de nous tous ensemble, et elle est maintenant déchirée. Je l'ai recollée avec du ruban adhésif, mais ce n'est pas la même chose. Rien ne l'est. Le visage de Mahmoud a disparu. C'est tout ce qu'il nous reste de lui.
Ces récits, recueillis dans les heures, les jours et les quelques semaines qui ont suivi le cessez-le-feu à Gaza, témoignent de ce que la guerre emporte et de ce à quoi les gens s'accrochent. Elles parlent de la perte, certes, mais aussi des petits actes obstinés de survie et d'espoir qui permettent à chacun de continuer à vivre.
Les décombres sont toujours là. La douleur est toujours là. Mais eux aussi sont là, toujours debout, toujours en train d'essayer, toujours en train de s'accrocher aux morceaux de vie qu'ils peuvent trouver.
Voilà ce qu'est la guerre. Et c'est à cela que ressemble la résilience.
Mohammed R. Mhawish est un journaliste palestinien originaire de Gaza et collaborateur de The Nation. Paroles : Al Jazeera, The Economist, MSNBC, +972 Magazine, The New Arab.
📰 https://wearenotnumbers.org/my-heart-broke-20-times/
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13- Le massacre de 90 civils, membre d'une même famille à Gaza
"La famille de mon oncle a été incinérée sous mes yeux" : enquête sur le massacre par l'armée israélienne de 90 civils de la famille Juha à Gaza.
Par Euro-Med Human Rights Monitor, le 24 février 2025
Territoire palestinien occupé - Dans le cadre du génocide israélien perpétré contre les Palestiniens dans la bande de Gaza depuis octobre 2023, l'armée israélienne a pris pour cible la maison de la famille Juha sans avertissement ni nécessité militaire. L'attaque a entraîné un massacre qui a tué environ 90 civils - dont 71 femmes et enfants - et en a blessé des dizaines d'autres.
Selon une enquête d'Euro-Med Monitor, peu après la fin de la première trêve au début du mois de décembre 2023, l'armée israélienne a lancé un assaut massif contre les civils palestiniens dans les parties orientales de la ville de Gaza. Cet assaut comprenait une attaque contre le bâtiment de la famille Juha situé dans la zone densément peuplée de Sha'af, qui, avec le quartier de Shuja'iyya, était au cœur de l'offensive.
Dans l'un des massacres les plus horribles perpétrés par Israël au cours de sa campagne génocidaire contre les Palestiniens de la bande de Gaza, des avions de guerre israéliens ont pris pour cible la maison de la famille Juha dans le quartier de Tuffah, à l'est de la ville de Gaza, dans la matinée du 6 décembre 2023. Au moins une bombe a été larguée sur la maison - un complexe composé de deux bâtiments adjacents. L'attaque inattendue a entièrement détruit le bâtiment, tuant la plupart de ses occupants.
Les enquêtes ont révélé que 117 personnes y vivaient au moment de l'attaque, dont une majorité de femmes, d'enfants et de personnes âgées. Ce chiffre comprenait à la fois les occupants principaux et plusieurs parents qui avaient été déplacés de force du quartier de Zeitoun.
La plupart des occupants sont morts des suites de l'attentat, tandis que d'autres ont été blessés - certains ont été tirés de sous les gravas, d'autres ont été projetés à l'extérieur par la force de l'explosion. Au moins 17 personnes ont subi des brûlures, des blessures et des fractures, et certaines ont dû être amputées d'un membre.
L'explosion a déchiqueté les corps de nombreuses victimes, propulsant leurs restes dans la rue et même sur les toits des bâtiments voisins. Plus de 34 corps sont toujours ensevelis sous les décombres, tandis que les corps d'environ 56 personnes y ont été récupérés.
Pendant les opérations de sauvetage, les habitants ont dû faire face à des difficultés considérables, notamment parce que la communication avec les ambulances ou les équipes de protection civile était pratiquement impossible en raison des perturbations des services Internet et de communication. En l'absence de réponse officielle, la famille Juha et les habitants ont pris sur eux de secourir les victimes en utilisant uniquement de la main d'œuvre et des outils basiques.
L'équipe d'Euro-Med Monitor a mené plusieurs enquêtes de terrain sur le site principal qui ont consisté à recueillir les témoignages des témoins et des survivants, documenter l'étendue des destructions et les types d'armes utilisées, et analyser l'attaque par rapport à d'autres incidents dans la région.
Pour obtenir des informations précises, l'équipe a interrogé des résidents locaux qui étaient des témoins oculaires ainsi que neuf survivants du massacre. L'équipe de l'Observatoire Euro-Med a examiné des images satellites et des photos aériennes qui documentent l'état du bâtiment et de la zone environnante avant et après l'attaque, ainsi que des photos et des clips vidéo fournis par des témoins oculaires. L'équipe n'a trouvé aucune preuve de présence militaire, telle que des installations militaires ou des éléments armés, à l'intérieur ou à proximité de la maison de la famille Juha avant ou pendant l'attaque.
Depuis la publication de l'enquête, Israël n'a fait aucune déclaration publique sur le ciblage ou fourni la preuve de cibles militaires présentes à l'intérieur de ce bâtiment lors de son bombardement.
Le rapport conclut que les principes de distinction, de proportionnalité et le devoir de prendre les précautions nécessaires - normes qu'Israël est légalement tenu de respecter - ont été gravement violés. Le moment de l'attaque, les types de munitions utilisées et la destruction aveugle généralisée sont jugés injustifiables.
Euro-Med Monitor affirme que le ciblage de la famille Juha est une grave violation du droit international humanitaire, constituant de multiples crimes de guerre contre les civils et les biens civils. Ces actes sont décrits non seulement comme des crimes contre l'humanité à part entière, mais aussi comme faisant partie d'un assaut militaire organisé et à grande échelle contre la population civile de la bande de Gaza entamé en octobre 2023.
Le rapport souligne en outre que, outre la destruction systématique et à grande échelle de maisons et d'abris, le ciblage de la maison de la famille Juha est emblématique d'un schéma bien plus large. Ce schéma comprend la destruction partielle ou totale de 436 000 habitations (environ 92 % des habitations de la bande de Gaza) et l'assassinat de plus de 54 000 Palestiniens, dont la plupart se trouvaient à l'intérieur de leur maison, ce qui témoigne d'une stratégie délibérée visant les civils et les infrastructures palestiniens.
Ces événements montrent un schéma d'attaques militaires systématiques et récurrentes basées sur un plan qui ne peut être justifié par aucune nécessité militaire et témoigne d'une stratégie réelle et délibérée visant à attaquer les civils palestiniens directement et collectivement, tout en détruisant simultanément un grand nombre de maisons et d'abris, deux stratégies complémentaires pour atteindre un seul objectif : l'élimination de la population palestinienne dans la bande de Gaza.
Liali Raid Zaki Juha, 14 ans, un survivant du massacre qui a été extrait des décombres, a raconté à l'équipe de l'Euro-Med Monitor :
"Je discutais avec la famille de mon oncle quand, soudain, je n'ai plus rien senti et je me suis retrouvé enterré sous les décombres, cerné par un feu qui faisait rage. Il était si intense que la famille de mon oncle a littéralement fondu devant moi, et il n'y avait personne pour nous secourir. La famille de mon oncle n'arrêtait pas de hurler pour appeler à l'aide - "Sors-nous de là, papa, sors-nous de là !" - et mon oncle répondait qu'il ne pouvait pas. Le plafond s'effondrait sur nous et ils n'ont pu creuser qu'un petit trou pour nous atteindre. Ils ont commencé à le défoncer avec un lourd marteau pour nous extraire des décombres, et après une lutte acharnée, ils y sont parvenus", a-t-elle raconté.
Poursuivant,
"Ma mère, Manal Talat Muhammad Juha, 40 ans, a perdu sa jambe. J'ai perdu mon frère, les membres de la famille de mon oncle Iyad Zaki Atta Juha et ceux de la famille de mon grand-père Zaki Atta Saleh Juha, 67 ans, ainsi que de ma grand-mère, Hadaya Nuzhat Saleh Juha, 51 ans".
Sur la base de ses conclusions, l'Observatoire euro-méditerranéen des droits de l'homme a exhorté les parties internationales concernées à faire pression sur Israël pour autoriser les commissions d'enquête internationales et de l'ONU à se rendre dans la bande de Gaza, conformément au droit international et aux arrêts de la Cour internationale de justice. Le rapport demande que des enquêtes rapides, indépendantes et impartiales soient menées sur le ciblage des civils lors du massacre de la famille Juha de même que sur tous les autres crimes commis par Israël contre des civils palestiniens dans la bande de Gaza.
L'enquête appelle également la Cour pénale internationale à examiner tous les crimes commis par Israël dans la bande de Gaza, y compris l'assassinat de la famille Juha. Elle a également demandé l'extension de la responsabilité pénale à tous les auteurs, l'émission de mandats d'arrêt et des procès conformes au droit international et au Statut de Rome.
Conformément à l'article 6 du Statut de Rome, le rapport demande à la Cour internationale de reconnaître les événements survenus dans la bande de Gaza comme un crime de génocide et de traiter les actions d'Israël avec la gravité qu'elles méritent.
Le rapport exige en outre que toutes les nations coopèrent aux enquêtes de la Cour pénale internationale en fournissant des mémorandums factuels et juridiques spécialisés sur les crimes commis par Israël, en s'abstenant d'interférer avec son travail et en aidant à l'exécution des mandats d'arrêt contre les responsables israéliens, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahou et l'ancien ministre de la défense Yoav Galant.
Enfin, le rapport appelle à des sanctions politiques et économiques contre Israël, à l'arrêt immédiat de toutes les ventes et exportations d'armes et de l'assistance militaire et de renseignement, et à la résiliation de toute licence et de tout accord liés à l'importation et à l'exportation d'armes - y compris les matériaux et les technologies à double usage - qui pourraient être utilisés contre le peuple palestinien.
Le rapport complet de Euro Med peut être lu ici.
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14- The Palestine Laboratory
Adapté du livre d'Antony Loewenstein, journaliste indépendant, auteur et diffusée sur Al Jazeera English, ce documentaire est une enquête globale sur la manière dont le laboratoire palestinien fonctionne en Palestine avant d'être exporté dans le monde entier.
Épisode 1 (sous titres disponibles)
Épisode 2 (sous titres disponibles)
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