❖ Traitez-moi d’“antisémite”
Antisémite : quiconque dira la vérité sur la barbarie coloniale, la sauvagerie civilisationnelle, la participation directe, le financement, l’armement, l’inaction de ces criminels du Nord global
Deux articles
1- Traitez-moi d’“antisémite”
S’opposer au génocide, même de manière non violente, est aujourd’hui considéré comme un crime dans les États européens et occidentaux susmentionnés, eux-mêmes fondés sur des crimes contre l’humanité commis à l’échelle mondiale.
Par Maung Zarni, le 23 décembre 2025, Blog Personnel
Traitez-moi d’“antisémite”.
Les juifs sionistes se vantent désormais ouvertement et sans retenue d’être “les maîtres de l’univers”.
En réalité, ils contrôlent les présidents américains à la Maison Blanche et au Congrès depuis un demi-siècle, depuis l’assassinat de Kennedy, ils contrôlent ou influencent largement les médias traditionnels ou “historiquement légendaires”, les plateformes de réseaux sociaux, ils dirigent l’industrie culturelle, y compris Hollywood et l’industrie cinématographique au Royaume-Uni, et ils dirigent les grandes universités.
Ce sont des faits.
Affirmer des faits est désormais fallacieusement et délibérément présenté comme un vieux cliché raciste contre le peuple juif. Ce qui était énoncé dans la Magna Carta ou dans les guildes d’artisans allemands du 14ème siècle, visant les Juifs des 13ème et 14ème siècles, n’a absolument rien à voir avec les discours des citoyens lambda qui s’opposent au génocide en cours à Gaza, à l’apartheid et à l’annexion coloniale imminente de toute la Palestine, reconnue par les Nations unies et en vertu du droit international.
Aussi criminels, immoraux et dérangés soient-ils, les régimes collaborateurs du génocide de l’Occident colonial déploient tous leurs efforts pour nous forcer, nous, êtres humains ordinaires et décents, à prendre plus au sérieux l’antisémitisme et le meurtre de 15 Juifs australiens que le génocide de 2,3 millions d’êtres humains appelés Palestiniens à Gaza, et les milliers d’incidents violents - souvent meurtriers - contre le peuple palestinien en Cisjordanie et à Jérusalem.
Ils traiteront donc d’antisémite quiconque dira la vérité sur la barbarie coloniale, la sauvagerie civilisationnelle et la participation directe, le financement, l’armement et l’inaction de ces États criminels du soi-disant Nord global.
Vous reconnaissez l’État palestinien ? Alors votre pays est dirigé par des antisémites.
Vous défendez le droit du peuple palestinien colonisé et/ou victime d’un génocide à la résistance armée, et vous tweetez “Mondialiser l’intifada” (secouer le joug de l’occupation coloniale), vous êtes un antisémite qui soutient le terrorisme !

Vous défendez le droit des Palestiniens colonisés et/ou victimes de génocide à la résistance armée, qui est non seulement légal et moral, mais aussi humain, et vous criez “Mondialiser l’intifada” (secouez le joug de l’occupation coloniale) : vous êtes un partisan antisémite du terrorisme !
En scandant “Du fleuve (Jourdain) à la mer (Méditerranée)”, vous êtes antisémite et approuvez l’éradication d’Israël et “l’émigration” de tous les Juifs israéliens des territoires de l’Israël de 1948, pour reprendre l’euphémisme utilisé par les nationalistes blancs (lire fascistes) pour désigner le crime international de déportation massive.
C’était le slogan original du parti Likoud de Menahem Begin, héritier institutionnel et idéologique du révisionnisme sioniste expansionniste et militariste, qui est au pouvoir depuis plus de 50 ans, depuis l’éviction du parti travailliste sioniste fondateur d’Israël de David Ben Gourion et Golda Meir. Dès 1948, Begin a été publiquement qualifié de terroriste juif par 27 leaders juifs américains de premier plan, dont Albert Einstein et Hannah Arendt.
Ce slogan trouvait son origine dans la vision du père spirituel du parti, Vladimir Yevgenyevich Jabotansky, nationaliste et suprémaciste juif né à Odessa sous le régime tsariste (1880-1940) qui, comme d’autres colons, avait changé son nom pour Ze’ev Jabotinsky.

Le fait que l’assistant personnel et disciple de Jabotinsky, Benzion Mileikowsky, un juif polonais militant né à Varsovie (1910-2012), qui a ensuite changé son nom en Benzion Netanyahou, était le père de Benyamin Netanyahou, aide à expliquer l’opposition fanatique de ce dernier et de son régime de coalition composé de fascistes juifs messianiques et d’extrémistes sionistes laïques à tout espoir, même minime, de voir émerger un État palestinien souverain.
Voici la logique fondamentale de Jabotinsky derrière le projet intrinsèquement génocidaire d’Israël, mieux connu sous le nom de “projet sioniste”. Goûtez à la saveur idéologique du projet sioniste. Dans un essai en russe publié dans Razsviet (daté du 4 novembre 1923), le penseur nationaliste-colonial juif Jabotinsky écrivait :
“Toutes les populations indigènes du monde résistent aux colons tant qu’elles ont le moindre espoir de pouvoir se débarrasser du danger d’être colonisées.”
“Il ne peut y avoir d’accord volontaire entre nous et les Arabes de Palestine. Ni maintenant, ni dans un avenir prévisible. Je le dis avec une telle conviction, non pas parce que je veux blesser les sionistes modérés. Je ne crois pas qu’ils en seront blessés. À l’exception de ceux qui sont nés aveugles, ils ont compris depuis longtemps qu’il est tout à fait impossible d’obtenir le consentement volontaire des Arabes de Palestine pour convertir la “Palestine”, un pays arabe, en un pays à majorité juive.”
Lisez le texte de Vladimir Jabotinsky dans son intégralité.
Le sionisme, en tant qu’idéologie politique nationaliste juive, se décline en différentes nuances : gauche, droite, libérale, extrême droite, etc. L’objectif thématique à travers tout le spectre politique a toujours été plus ou moins le même : “convertir la Palestine d’un pays arabe en un pays à majorité juive”.
Les sionistes diffèrent par leur degré d’engagement, pas par leur nature.
Récemment, Gideon Levy, journaliste très respecté du grand quotidien israélien Haaretz (La Terre), a déclaré que le sionisme actuel était synonyme de racisme et de fascisme. Mais même cette définition du sionisme donné par Levy est trop indulgente. Le 21 décembre dernier, le collègue arabe israélien de Levy, Odeh Bisharat, a publié un éditorial intitulé “Israël devient un modèle pour les fous fascistes du monde entier”. Le titre résume fort bien la situation.
Cependant, dès ses débuts, indépendamment des différences idéologiques internes, le projet sioniste avait pour mission unique de construire un État à majorité juive sur le territoire de la Palestine, de population majoritairement arabes et arabophone, y compris les Juifs arabes. En d’autres termes, Israël est un projet de colonisation, fondé sur diverses méthodes génocidaires.
Une fois encore, Jabotinsky s’est inspiré du Nouveau Monde, construit sur les cadavres des populations indigènes ethniquement exterminées au cours des 500 dernières années, depuis que le pillard espagnol Hernan Cortez a découvert puis perpétré l’extermination des Aztèques, dont la métropole impériale éclipsait toutes les villes européennes, y compris Londres.
Selon les mots de Jabotinsky :
“Les populations indigènes, civilisées ou non, ont toujours résisté avec acharnement aux colons, qu’ils soient civilisés ou sauvages. Et peu importait que les colons se comportent correctement ou non.
Les compagnons de Cortez et Pizzaro ou (comme certains nous le rappelleront) nos propres ancêtres sous Josué Ben Nun, se comportaient comme des brigands ; mais les Pères pèlerins, les premiers véritables pionniers de l’Amérique du Nord, étaient des gens de la plus haute moralité, qui ne voulaient faire de mal à personne, encore moins aux Indiens rouges, et qui croyaient sincèrement qu’il y avait assez de place dans les prairies pour les Visages pâles et les Peaux-rouges. Pourtant, la population indigène a combattu avec la même férocité les bons colons que les mauvais. Toute population indigène, civilisée ou non, considère ses terres comme sa patrie nationale, dont elle est l’unique maîtresse, et elle veut conserver cette maîtrise pour toujours ; elle refusera d’admettre non seulement de nouveaux maîtres, mais même de nouveaux partenaires ou collaborateurs.”
Les fondateurs et les représentants idéologiques, théoriques et institutionnels d’Israël étaient des hommes érudits, contrairement à un peintre raté de Vienne qui allait se rallier au programme national nazi d’autodafé mené par son érudit représentant, le Dr Joseph Goebbels, avant de brûler, eh bien, des écrivains, des érudits, des universitaires et presque toute la population juive ghettoïsée de l’Europe occupée par les nazis, sous des euphémismes tels que “la solution finale à la question juive” ou “liquidation”.
Alors que Jabotinsky conceptualisait et propageait, dans son essai concis et génocidaire en russe (seulement 7 pages), ses idées opérationnelles pour créer un pays à majorité juive sur la terre de Palestine avec la population indigène majoritairement arabe de sa ville natale d’Odessa, sur les rives de la mer Noire, un certain Adolf Hitler rédigeait son Mein Kampf de près de 700 pages, dans sa cellule de Landsberg Am Lech, en Bavière, à mille kilomètres de l’Odessa tsariste.
Dans sa préface, Hitler écrit :
“Je ne destine pas cet ouvrage à des étrangers, mais aux adeptes du mouvement qui y adhèrent de tout leur cœur et dont l’intelligence aspire à une illumination plus profonde (surlignage ajouté). ... Néanmoins, pour qu’une doctrine soit diffusée de manière uniforme et cohérente, ses éléments fondamentaux doivent être fixés pour toujours. À cette fin, je souhaite contribuer à cet édifice commun en posant ces deux volumes comme pierres angulaires.”
Le génocide nazi des Juifs d’Europe et sa quête de Lebensraum (espace vital) pour la race aryenne supérieure des Allemands, et Israël comme projet toujours plus expansif de vol de terres pour sa race supérieure de Juifs, par le génocide, le nettoyage ethnique et l’apartheid structurellement violent, le tout sous le prétexte fallacieux de la “sécurité d’Israël” ou de la “légitime défense”.
Tout comme Hitler, le théoricien sioniste juif russe de la colonisation de la Palestine justifiait l’acquisition génocidaire de terres par deux arguments : la nature (du projet) et la supériorité du colonisateur, de sa race et de sa culture.
Jabotinsky écrit, sous le sous-titre “Les Arabes ne sont pas des imbéciles”,
“Culturellement, ils ont cinq cents ans de retard sur nous, ils n’ont ni notre endurance ni notre détermination ; mais ils sont tout aussi bons psychologues que nous, et leur esprit a été aiguisé comme le nôtre par des siècles de logomachie raffinée. Nous pouvons leur dire tout ce que nous voulons sur l’innocence de nos objectifs, les édulcorer et les enrober de mots mielleux pour les rendre acceptables, mais ils savent ce que nous voulons, tout comme nous savons ce qu’ils ne veulent pas. Ils éprouvent au moins le même amour jaloux et instinctif pour la Palestine que les anciens Aztèques pour le Mexique antique et les Sioux pour leurs prairies vallonnées.”
Il est certain que les Arabes, en particulier les Arabes palestiniens, ne sont pas idiots.
Regardez le révérend Munther Issac, théologien de la libération, proposer une analyse pénétrante et sans concession de ce qu’a été Israël : un colonisateur génocidaire.
Toujours Jabotinsky, selon ses propres mot :
“La colonisation s’explique d’elle-même, c’est la seule explication possible, immuable et aussi claire que le jour pour tout Juif ordinaire et tout Arabe ordinaire. La colonisation ne peut avoir qu’un seul objectif, et les Arabes de Palestine ne peuvent accepter cet objectif. Il réside dans la nature même des choses, et à cet égard particulier, la nature ne peut être changée”. (p. 5, The Iron Wall, 1923).
Il vaut la peine de citer Jabotinsky in extenso, car il a poursuivi en expliquant la nécessité universellement reconnue – le soutien étranger/occidental/impérialiste – de poursuivre le Mein Kampf hitlérien à l’envers contre la population indigène afin de s’emparer des terres arabes et de les transformer en un État-nation à majorité juive.
“La colonisation sioniste devra soit cesser, soit se poursuivre indépendamment de la population indigène. Ce qui signifie qu’elle ne peut se poursuivre et se développer que sous la protection d’une puissance indépendante de la population indigène – derrière un mur de fer que la population indigène ne peut franchir.”
“Telle est notre politique arabe ; non pas ce que nous devrions être, mais ce que nous sommes réellement, que nous l’admettions ou non. Sinon, pourquoi la déclaration Balfour ? Ou le mandat ? Leur valeur pour nous réside dans le fait qu’une puissance extérieure s’est engagée à créer dans le pays des conditions d’administration et de sécurité telles que si la population indigène souhaitait entraver notre travail, cela lui serait impossible.”
“Et nous sommes tous, sans exception, à exiger jour après jour que cette puissance extérieure s’acquitte de cette tâche avec vigueur et détermination. Sur ce point, il n’y a aucune différence entre nos “militaristes” et nos “végétariens”. À ceci près que les premiers préfèrent que le mur de fer soit constitué de soldats juifs, tandis que les seconds se contentent qu’il soit britannique. Nous exigeons tous qu’il y ait un mur de fer.”
Aujourd’hui, alors que le génocide perpétré par Israël à Gaza en est à sa troisième année, le monde contrôlé par les sionistes s’obstine à criminaliser toute recherche ou analyse empirique qui établit un parallèle inévitable entre l’Allemagne nazie et Eretz Israël, un parallèle établi même par des universitaires juifs israéliens (et un ancien capitaine de l’armée israélienne) tels qu’Omer Bartov de l’université Brown.
Dès avril 2024, je criais cette comparaison entre Gaza et Auschwitz. Je ne pensais pas avoir besoin d’avoir la bonne ethnicité, nationalité, foi ou croyance pour dire ce que je sais être empiriquement et conceptuellement vrai, factuel et exact, en tant qu’étudiant du génocide.
Aucun spécialiste de l’histoire du nazisme, du génocide nazi et des génocides comparables ne peut ignorer qu’Israël “poursuit Mein Kampf à l’envers”, comme l’a clairement déclaré l’ancien commandant de l’armée israélienne et ancien ministre de la Défense israélien dans le précédent cabinet Netanyahou, Moshe Yaalon, dans une observation enregistrée en hébreu lors d’une réunion des Commandants pour la sécurité d’Israël au début de cette année.
Les sionistes ont fait tout ce qui était en leur pouvoir - et utilisé leur trésor de guerre de plusieurs milliards de dollars pour contrôler une grande partie de l’ancien monde génocidaire européen - un monde lui aussi construit sur les cadavres, le travail et les profits extraits à la fois des colonies administratives (Inde, Indochine, Sri Lanka, Birmanie, Indonésie, etc.) et des colonies de peuplement (États-Unis, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande et une grande partie de l’Amérique latine).
Dans le cadre de ce projet sioniste ouvertement et intrinsèquement génocidaire, s’opposer au génocide, même de manière non violente, est actuellement criminalisé dans les États européens et occidentaux susmentionnés, eux-mêmes fondés sur des crimes contre l’humanité à l’échelle mondiale.
Dans ce contexte orwellien où le monde est sens dessus dessous, où les criminels dominent et terrorisent le reste d’entre nous, êtres humains honnêtes dotés d’une conscience, d’humanité, de compassion et d’un sens de la fraternité universelle, le mot “antisémitisme” a été vidé de tout son sens, sans aucun fondement moral ou intellectuel.
Il a en effet été manipulé, déformé et utilisé comme une arme par les sionistes génocidaires dans le cadre de leurs efforts néfastes visant à faire taire toute opposition, même pacifique et populaire, à l’échelle mondiale contre le génocide suprémaciste juif d’une population indigène, le peuple palestinien.

Aujourd’hui, aucune personne sensée et éthique ne se soucie le moins du monde des vociférations désespérés des sionistes qui crient à l’“ANTISÉMITISME”.
Alors, traitez-moi d’“antisémite”. Je porterai ce qualificatif comme une distinction honorifique, un honneur, dans l’interprétation populaire, d’être reconnu comme un être humain doté d’une conscience, d’humanité, de compassion et d’un regard critique.
Maung Zarni est un dissident birman exilé au Royaume-Uni, spécialiste du génocide engagé dans le militantisme depuis près de 40 ans, éducateur anti-impérialiste fanoniste et lauréat du prix Cultivation of Harmony Award (2015) décerné par le Parlement des religions du monde.
📰 Lien de l’article original :
◾️ ◾️ ◾️
2- Le gouvernement israélien a inscrit mon nom en tête d’une liste d’“antisémites”
Par Caitlin Johnstone, le 30 décembre 2025, Blog Personnel
Mon nom apparaît en tête d’une liste figurant dans un document publié par le gouvernement israélien émise au début du mois pour établir de faux liens entre la fusillade de Bondi Beach et les critiques en ligne à l’encontre d’Israël et de ses atrocités.
Ce document PowerPoint, publié par le ministère israélien des Affaires de la diaspora et de la lutte contre l’antisémitisme, est intitulé “Délégitimation et antisémitisme en Australie – Un aperçu octobre-décembre 2025”, et ses affirmations ont bien sûr été reprises par des médias israéliens tels que Ynet News.
La page cinq du document est intitulée “Acteurs : principaux générateurs d’antisémitisme et de délégitimation en Australie”, où le nom de Caitlin Johnstone figure en tête d’une colonne intitulée “Influenceurs actifs et créateurs de contenu”, classés par nombre d’abonnés. La page sept me décrit comme une “blogueuse anti-occidentale, promouvant les théories du complot et la délégitimation totale d’Israël”.
Le mot “délégitimation” apparaît tout au long du document, ce que je trouve personnellement amusant, car sachant que l’accusation d’“antisémitisme” ne tenait pas la route, ils ont alors dû ajouter cette étrange accusation supplémentaire concernant les personnes qui “délégitiment” l’État d’Israël, comme si c’était une mauvaise chose. Je nierai toujours avoir nourri la moindre haine envers les Juifs ou le judaïsme, mais j’admets volontiers essayer de délégitimer un État d’apartheid génocidaire incapable d’exister sans violence et abus incessants.
Le document tente de démontrer que, dans les deux mois qui ont précédé l’attaque de Bondi, il y aurait eu une épidémie de “discours haineux” antisémites en ligne, insinuant de manière absurde que ceux d’entre nous qui critiquaient Israël et ses abus durant cette période ont incité deux membres de Daech à commettre un acte terroriste. Comme si Daech n’était qu’une bande d’oursons câlins jusqu’à ce que certains influenceurs australiens tweetent des propos critiques acerbes sur Israël.
La page 14 du document est intitulée “Exemples de discours haineux récents au cours des deux mois qui ont précédé l’attaque : sélection de tweets antisémites sur (Twitter) X : Caitlin Johnstone”, et comprend deux tweets. On voit bien que la personne qui les a rassemblés s’est contentée d’effectuer des recherches avancées sur des mots-clés spécifiques provenant des personnes figurant sur sa liste, car le mot “juif” est mis en évidence dans l’un des tweets capturés, ce qui signifie qu’elle a dû faire défiler les nombreux tweets que j’ai publiés au fil des ans et qui contredisaient le discours antisémite qu’elle essayait de construire.
Le premier tweet date du 6 août de cette année et présente une capture d’écran du journaliste Owen Jones indiquant que seulement 6,7 % des Juifs israéliens interrogés ont déclaré aux sondeurs être “très troublés” par les informations faisant état de famine et de souffrances à Gaza. J’avais légendé la capture d’écran comme suit :
“Sondage après sondage, les résultats montrent que les Juifs israéliens sont des personnes horribles, quantifiablement beaucoup plus cruelles et immorales que pratiquement n’importe quelle autre population. À un certain moment, il faut cesser de penser que les sondages sont peut-être erronés et se rendre compte que la seule véritable erreur, c’est Israël.”
Notez que je n’ai pas dit “les Juifs”, mais “les Israéliens juifs”. Sondage après sondage, après sondage, il apparaît que les Juifs israéliens sont effectivement des gens horribles qui ont une attitude sociopathique envers les Palestiniens, car c’est ce qui arrive quand on est le groupe privilégié dans un État pratiquant l’apartheid. Les Sud-Africains blancs étaient eux aussi des gens horribles pendant l’apartheid sud-africain. On ne peut avoir d’apartheid sans endoctriner son public pour qu’il considère les groupes défavorisés comme inférieurs au groupe favorisé. Cela ne dit rien sur les Juifs ou le judaïsme ; c’est simplement ainsi que fonctionne l’apartheid.
Le deuxième tweet date du 6 octobre de cette année et se lit comme suit :
“Quiconque s’inquiète sincèrement et véritablement de la montée de l’antisémitisme s’opposera au massacre massif d’enfants sous la bannière de l’étoile de David par un État qui prétend représenter tous les Juifs, tandis que des milliardaires juifs rachètent les médias pour faire taire toute critique à l’égard de cet État et que des oligarques juifs achètent ouvertement le président du gouvernement le plus puissant du monde afin de faciliter les atrocités commises par cet État.”
Je suppose que celui-ci pourrait sembler antisémite si vous ne saviez pas que chaque partie de ces propos est tout à fait vraie. Israël a en effet massacré massivement des enfants et arbore effectivement une étoile de David sur son drapeau. Israël prétend effectivement représenter tous les Juifs lorsqu’il affirme que critiquer Israël revient à haïr tous les Juifs. La famille de Larry Ellison a effectivement racheté des plateformes médiatiques comme CBS, où la virulente sioniste Bari Weiss a été mise aux commandes, et a pris le contrôle de TikTok après que le Congrès a forcé sa vente pour étouffer les critiques envers Israël. Le président Donald Trump a effectivement admis à plusieurs reprises être contrôlé par la méga-donatrice Miriam Adelson, la plus riche Israélienne du monde. Ces dynamiques sont effectivement susceptibles d’alimenter l’antisémitisme de manière très concrète. Je n’ai pas créé cette dynamique. Ce sont les sionistes qui l’ont fait.
C’est le meilleur argument du gouvernement israélien pour affirmer que des Australiens comme moi ont incité à l’attaque de Bondi. J’ai tweeté à propos du génocide et de l’apartheid, ce qui a radicalisé violemment un père et son fils à Sydney, qui ont ensuite apparemment inventé une sorte de machine à remonter le temps et sont retournés en 2019 pour rejoindre Daech. C’est leur argument le plus solide.
Si vous vous demandez pourquoi j’ai tant écrit sur la fusillade de Bondi Beach, voilà pourquoi. Elle est brandie pour justifier une attaque agressive contre la liberté d’expression et de rassemblement en Australie, et cette attaque se produit sous la pression énergique du lobby israélien australien et du gouvernement israélien, qui va maintenant jusqu’à compiler des listes publiques officielles d’Australiens qu’il juge coupables de pensées dangereuses.
Le ministère israélien des Affaires de la diaspora et de la lutte contre l’antisémitisme a également publié en septembre un article d’une page entière me concernant ainsi que sur mon travail dans un communiqué intitulé “Antisémitisme et antisionisme en Australie : personnalités influentes, incidents, groupes et tendances”, que je vais simplement copier-coller ici parce qu’il me met en valeur :
Caitlin Johnstone, journaliste indépendante et commentatrice politique australienne. Dans ses écrits, elle décrit souvent Israël comme un “État d’apartheid génocidaire” et un “projet colonialiste” qui perpétue la violence et l’oppression systémiques. Elle affirme que les actions d’Israël ne sont pas des incidents isolés, mais font partie d’une stratégie plus large visant à maintenir sa domination sur les Palestiniens.
Sur ses réseaux sociaux, Caitlin Johnstone partage fréquemment des contenus fortement anti-israéliens dans le contexte de la guerre en cours à Gaza, tout en omettant largement de critiquer le Hamas. Dans un message daté du 15 avril 2025, elle a rejeté les inquiétudes des Israéliens qui se sentent en insécurité, suggérant au contraire que leur malaise provient d’un sentiment de culpabilité face à ce qu’elle a qualifié de “génocide” à Gaza.
Dans un message Instagram daté du 7 avril 2025, Johnstone semblait justifier indirectement l’attaque du Hamas du 7 octobre, affirmant que “le Hamas avait réussi à dévoiler le vrai visage de l’empire”. Elle a ensuite mis en avant les actions présumées d’Israël à Gaza depuis l’attaque, tout en omettant de mentionner le massacre perpétré par le Hamas.
Le profil comprend également certains tweets percutants que j’ai publiés, tels que “Être un partisan libéral d’Israël de nos jours, c’est probablement comme être l’avocat d’un meurtrier accusé qui ne cesse de répéter à quel point il aime tuer”.
Je ne vais pas mentir, je considère toute cette attention que je reçois d’Israël comme un compliment. Se retrouver en tête d’une liste d’ennemis israéliens est certainement plus rassurant quant au fait que je fais ce qu’il faut que de remporter un prix de “journalisme” occidental merdique comme le Pulitzer.
Mais je ne vais pas non plus jouer les dures et prétendre que cela ne me fait pas flipper d’être surveillée par cet État ethnique meurtrier. Israël est vraiment très flippant.
Quoi qu’il en soit, je vais profiter de cette occasion pour rappeler à tout le monde que je suis une écrivaine entièrement financée par le public. Aussi, si vous aimez me voir énerver le gouvernement israélien, vous pouvez toujours glisser quelques pièces dans mon chapeau pour m’aider à financer ma petite opération ici. Je vous rappelle également que le meilleur moyen de vous assurer de ne rien manquer de ce que je publie est de vous inscrire à ma liste de diffusion gratuite, qui le restera toujours, que vous deveniez ou non un mécène payant.
Merci à tous de m’accompagner dans cette étrange aventure.
Le travail de Caitlin Johnstone est entièrement financé par ses lecteurs, aussi, si vous avez aimé cet article, n’hésitez pas à le partager, à la suivre sur Facebook, Twitter, Soundcloud, YouTube, ou à jeter un peu d’argent dans son pot à pourboires sur Ko-fi, Patreon ou Paypal. Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez acheter ses livres. Le meilleur moyen d’être sûr de voir ce qu’elle publie est de s’inscrire à la liste de diffusion sur son site Web ou sur Substack, ce qui vous permettra d’être averti par courriel de tout ce qu’elle publie.Pour plus d’informations sur qui elle est, sa position et ce qu’elle essaie de faire avec sa plateforme, cliquez ici. Tous les ouvrages sont coécrits avec son mari américain Tim Foley.
📰 Lien de l’article original :
◾️ ◾️ ◾️

















