❖ Mon dernier message avant d’être inscrit sur la liste de surveillance du FBI : Palantir, Epstein & le New York Times
L’ICE ramène chez nous la guerre hybride et la terreur que nous avons infligées à Gaza. Il est temps d’en apprendre l’origine, comment cela fonctionne, qui le rend possible et comment riposter.
Mon dernier message avant d’être inscrit sur la liste de surveillance du FBI : Palantir, Epstein & le New York Times
L’ICE ramène chez nous la guerre hybride et la terreur que nous avons infligées à Gaza. Il est temps d’en apprendre l’origine, comment cela fonctionne, qui le rend possible et comment riposter.
Par Juan Sebastián Pinto, le 9 janvier 2026, Ziggurat
I. Les seigneurs de la guerre de l’information
Je me suis réveillé par une chaude matinée de juin, mal reposé, au son d’un camion poubelle devant ma fenêtre et d’un message d’un journaliste du New York Times.
“Bonjour, êtes-vous disponible aujourd’hui à 17 h, heure de l’Est ?”
Cela faisait quatre mois que j’avais commencé à dénoncer les dangers de la technologie militaire d’intelligence artificielle et mon expérience au sein de la société de surveillance Palantir, ce qui m’avait coûté mon emploi, valu une avalanche de demandes des médias et de nombreuses nuits blanches. J’ai pris rendez-vous pour l’appel et j’ai poursuivi ma matinée.
Une surprise m’attendait lorsque j’ai consulté les réseaux sociaux. Le Times venait de publier une interview de Peter Thiel, l’un des hommes les plus riches du monde et cofondateur de Palantir, dans laquelle il remettait en question la valeur de l’humanité, défendait le travail de Palantir et tentait de deviner qui pourrait être l’Antéchrist. “Dans notre monde, il est beaucoup plus probable que ce soit Greta Thunberg”, déclarait-il à l’interviewer Ross Douthat.
J’ai immédiatement commencé à réfléchir à la manière dont je pourrais contester ces discours dans mon éditorial, ou les éviter complètement. Je voulais expliquer au public du Times, clairement et sans alarmisme, comment fonctionnent les technologies de ciblage par IA, et encourager les gens à se protéger de la surveillance par IA en soutenant les réglementations nationales et locales. Mais surtout, je voulais illustrer le lien entre les outils Palantir utilisés par l’ICE et ceux utilisés par l’armée israélienne à Gaza : les outils d’IA ISTAR (abréviation de Intelligence, Surveillance, Target Acquisition and Reconnaissance, soit renseignement, surveillance, acquisition d’objectifs et reconnaissance) qui collectent et exploitent les données des personnes en temps de guerre.
À la demande du journaliste, j’avais passé les dernières semaines à accomplir le travail risqué de rassembler plusieurs anciens employés de Palantir prêts à s’exprimer officiellement, ainsi que certains des plus grands experts mondiaux en matière de guerre IA et de désinformation prêts à corroborer nos affirmations. Mais ce projet allait s’effondrer plus tard dans l’après-midi, lorsque, lors de mon appel, on m’a poliment informé que l’éditorial collectif ne verrait pas le jour de sitôt.
“Nous pensons que l’histoire n’est pas encore assez importante”, m’a simplement dit mon contact au Times après des semaines de discussions. “Nous voulons attendre que davantage de personnes s’expriment.”
Au cours des semaines qui ont suivi, alors que nos conversations se faisaient de plus en plus rares et que personne d’autre ne se manifestait, le journal de référence a continué à donner la parole aux dirigeants de Palantir, accordant de longues interviews au directeur général Shyam Sankar, un belliciste anti-Chine notoire, puis au PDG Alex Karp. Lors d’une apparition troublante au DealBook Summit du Times, ce dernier a insulté les journalistes, défendu les frappes extrajudiciaires par drones et qualifié ses détracteurs d’“idiots d’extrême droite ou d’extrême gauche”. Néanmoins, le comité de rédaction du Times plaide désormais en faveur d’une augmentation des dépenses de défense, continuant ainsi à amplifier la vision violente du monde de ces hommes — ce qui signifie des millions supplémentaires pour Palantir —, alors même que le président du Comité des chefs d’état-major suggère que nous verrons davantage de forces militaires déployées dans les quartiers américains et que le ministère de la Défense qualifie l’intelligence artificielle de “prochaine destinée manifeste de l’Amérique”.
Ma déception s’est rapidement transformée en inquiétude au cours des semaines qui ont suivi, lorsque j’ai constaté à quel point les Américains étaient de plus en plus soumis à la surveillance attentive de l’IA et des drones dans les villes du pays, notamment à Denver, Los Angeles et Chicago, sans vraiment comprendre comment ces systèmes fonctionnent, souvent secrètement et sans consentement démocratique. Comme le montre Francesca Bria, professeure honoraire à l’University College London, dans son projet Authoritarian Stack, un réseau profond d’oligarques, de capitaux et de systèmes numériques s’empare de notre infrastructure démocratique sous le couvert de l’IA et de l’automatisation. Les échecs des médias traditionnels et de nos représentants élus à remettre en question les discours des entreprises et des dirigeants de la Silicon Valley nous ont conduits à cette situation.
Il m’a toutefois fallu un certain temps pour réaliser l’existence d’un courant sous-jacent plus important qui relie l’héritage de Palantir et du New York Times, et qui implique également l’histoire de Jeffrey Epstein et son rôle clé dans le développement précoce de l’économie de la surveillance dans laquelle nous vivons tous aujourd’hui. Ces liens ont trait au vaste secteur de la surveillance de masse et de la guerre hybride, ainsi qu’à la manière dont nos médias et nos écosystèmes de données dictent quels discours perdurent et lesquels sont et doivent être oubliés, qui est célébré et qui est censuré, et finalement, qui a le droit de vivre et qui doit mourir.
II. Chaînes de destruction & opérations hybrides
J’ai autrefois été narrateur dans le secteur de l’IA. Ce rôle, peu courant à mes débuts, est aujourd’hui considéré comme l’un des plus prisés sur le marché de l’emploi dans le domaine de l’IA. Il consiste à utiliser l’écriture, le design et le multimédia pour expliquer et vendre les technologies émergentes. Dans le cadre de cette fonction chez Palantir, mon travail m’a fait découvrir quelque chose que je n’oublierai jamais : l’“art” rudimentaire de la schématisation des systèmes ISTAR, connus sous le nom de “chaînes de destruction” de l’IA. Ces dessins techniques, réalisés à l’aide de diagrammes OV-1 au Pentagone, montrent comment les outils ISTAR (tels que les drones, les satellites, les stations au sol et les centres de commandement) s’associent pour prendre des décisions, notamment pour déterminer qui tuer et comment tuer, à l’aide de l’intelligence artificielle.
Cependant, en réalisant ces diagrammes, j’ai compris que les drones et les armes physiques ne représentaient qu’une partie du tableau. Lorsque les armées s’appuient autant sur les données et l’automatisation, la mise en place d’un dispositif de surveillance maximale devient rapidement la priorité absolue. Les efforts visant à cartographier le monde à l’aide de satellites, de drones et d’informations, afin de trouver des cibles et de prédire les résultats, conduisent finalement à la surveillance et à la cartographie de ce que l’armée appelle le “domaine cognitif”. Cela implique de cartographier l’opinion publique, les réseaux sociaux, l’influence et la réputation comme un champ de bataille à part entière. Comme l’expliquent les experts en guerre numérique P. W. Singer et Emerson Brooking dans leur livre LikeWar :
“Le pouvoir” sur ce champ de bataille ne se mesure donc pas à la force physique ou au matériel de haute technologie, mais à la capacité à capter l’attention. Il en résulte une lutte de manipulation psychologique et algorithmique... Votre attention et vos actions en ligne sont donc à la fois des cibles et des munitions dans une série interminable d’escarmouches.
En conséquence, Internet est devenu un lieu où se déroulent de véritables guerres aux conséquences mortelles. Aujourd’hui, un tweet peut déterminer la cible d’une frappe de drone et tuer des civils à l’autre bout du monde. Il peut également vider toute une ville, comme l’a fait Trump en juin lorsqu’il a plongé Téhéran dans le chaos de l’évacuation après avoir menacé de lancer des frappes aériennes qui ne se sont jamais produites. Maintenant qu’Internet est une zone de guerre, le succès dépend en grande partie de la capacité à utiliser le pouvoir de l’information pour tromper, désinformer ou effrayer ses ennemis.

En tant que plateforme de mégadonnées liée à la CIA et aux opérations de renseignement étrangères, Palantir a probablement joué un rôle central dans la conduite de ce type de guerre : les États-nations tentent de gagner non seulement par les armes conventionnelles, mais aussi en transformant les données et leur influence en armes pour mener des opérations “hybrides” secrètes. Et les dirigeants de Palantir le comprennent mieux que quiconque.
“Le principal moyen de créer la paix dans ce monde est d’effrayer nos adversaires lorsqu’ils se réveillent, lorsqu’ils vont se coucher, lorsqu’ils voient leur maîtresse”, a déclaré Alex Karp. “Le moyen le plus efficace pour provoquer un changement social est d’humilier votre ennemi et de l’appauvrir.”
Karp fait ici référence à des moyens de “traiter” quelqu’un sans nécessairement lui mettre une balle dans la tête ; des types d’opérations hybrides rendues possibles par l’exploitation des données personnelles à des fins de renseignement et d’opérations militaires. Les énormes quantités de données dont nous nourrissons Internet – sur nos vies, notre localisation, nos relations et nos projets – peuvent être utilisées contre nous d’une manière que nous ne pouvons encore imaginer. Il est dans l’intérêt de nombreuses entreprises de technologie de défense comme Palantir d’aider leurs clients à trouver des moyens de plus en plus cruels d’y parvenir.
Parmi les projets comportant des éléments “irréguliers” caractéristiques des opérations hybrides, on peut citer une proposition de Palantir avec HBGary visant à aider la Bank of America à discréditer le journaliste Glen Greenwald, ainsi que des opérations de renseignement et de maintien de l’ordre plus complexes comme l’opération Irish Goodbye, dans le cadre de laquelle l’ICE prévoyait de capturer des immigrants quittant volontairement le pays par la frontière sud pour rentrer chez eux pendant les vacances.
Un autre exemple d’opération hybride recourant aux outils de Palantir est l’opération Grim Reaper en 2024, au cours de laquelle des pagers (bipeurs) ont été utilisés pour bombarder à distance des membres présumés du Hezbollah en Syrie et au Liban. L’opération a consisté à faire exploser des téléphones, tuant 32 personnes et en blessant plus de 3 000 autres au Liban et en Syrie, y compris lorsqu’ils se trouvaient chez eux avec leur famille. Deux enfants sont morts et plus de 500 personnes ont été gravement blessées aux yeux.
“De telles attaques pourraient constituer des crimes de guerre, notamment des meurtres, des attaques contre des civils et des attaques aveugles, en plus de violer le droit à la vie”, ont déclaré à l’époque les experts de l’ONU. “Commettre des actes de violence dans le but de semer la terreur parmi les civils constitue également un crime de guerre... Un climat de peur règne désormais dans la vie quotidienne au Liban.”
L’utilisation des données à des fins militaires par le biais du système ISTAR, qu’il s’agisse de mener des frappes “cinétiques” directes par drone ou des attaques “hybrides” combinées, est souvent impossible à distinguer du terrorisme.
III. L’ombre de la vallée
J’ai ressenti cette terreur pour la première fois au printemps dernier, peu après avoir aidé à rédiger et à publier une lettre de dissidence avec 13 autres anciens employés de Palantir. J’étais allongé sur l’herbe près du rivage glacé d’une montagne, non loin du siège social de Palantir à Denver, lorsque j’ai cru entendre le bourdonnement d’un drone parmi le craquement de la glace.
Mon sang s’est mis à bouillir de panique. J’ai fermé les yeux et je me suis imaginé être tué en un instant.
Ce sentiment m’est rapidement devenu familier. J’ai commencé à surveiller constamment mes arrières, à éteindre mon téléphone lorsque je rencontrais des amis. La mort récente et mystérieuse de Suchir Balaji, lanceur d’alerte chez OpenAI, aurait pu suffire à effrayer quiconque se trouvant dans une situation comme la mienne : celle de remettre en question l’une des plus grandes entreprises d’IA au monde. Mais contrairement à OpenAI, le PDG de Palantir parle ouvertement de tuer des gens et a fantasmé sur l’empoisonnement de ses détracteurs à l’aide de méthodes secrètes telles que des frappes de drones contenant du fentanyl. Les dirigeants de Palantir ne cachent pas non plus leur volonté d’élargir la définition du terrorisme pour y inclure leurs ennemis, comme l’a fait Mike Gallagher, directeur de la défense de Palantir, sur Fox News lorsqu’il a demandé que le groupe féministe Code Pink soit classé comme terroriste national.
Mon expérience n’est toutefois rien en comparaison de celle des migrants, des étudiants étrangers ou d’autres personnes déjà piégées sous la surveillance de l’IA. Comme l’écrit le journaliste Mohammed R. Mhawish dans son récit bouleversant sur l’exploitation de la surveillance à Gaza pour le New York Magazine :
“La campagne de meurtres de masse, de destruction des communautés, de destruction des habitations... s’est également déroulée grâce à un système de surveillance, de connaissance et de collecte d’informations sur nous : des drones qui tournaient sans cesse au-dessus de nos têtes, des quadricoptères qui plongeaient près des fenêtres et entraient dans les maisons, des scanners de reconnaissance faciale aux checkpoints, de nos moindres mouvements suivis grâce à la localisation des téléphones, des appels interrompus par des parasites avant une frappe aérienne. L’armée israélienne utilisait l’intelligence artificielle pour générer des listes de personnes à abattre, surveiller nos comptes sur les réseaux sociaux et stocker en masse les enregistrements audio de nos appels téléphoniques.”
Des entreprises américaines telles que Microsoft, Google, Amazon et Palantir ont contribué à cette oppression en hébergeant et en exploitant des données de surveillance pour l’armée israélienne, ce qui a conduit au développement d’applications macabres telles que Where’s Daddy (Où est papa ?), un outil qui suivrait les cibles du Hamas jusqu’à leur domicile familial afin de causer un maximum de dégâts grâce à des frappes de drones.
Au début, ma principale raison de m’exprimer était le préjudice moral causé par ce que je voyais se passer à Gaza. Cela n’allait pas durer longtemps. Il a fallu moins de quelques mois après cette journée de printemps dans les montagnes pour que le maire de Denver signe à nouveau, de manière antidémocratique, un contrat rejeté à l’unanimité par le conseil municipal, visant à introduire dans la ville des drones policiers Flock à lancement automatique. Lors d’un projet pilote en octobre, la police de Denver a fait voler une douzaine de drones Skydio dans un rayon de trois pâtés de maisons autour de mon domicile.
Le régime de surveillance que la Silicon Valley a imposé à Gaza s’étend désormais bien au-delà du Moyen-Orient, les outils ISTAR étant désormais monnaie courante dans notre pays. Pourtant, l’origine de ce monde dans lequel nous vivons ne se trouve ni à Palo Alto ni à Tel Aviv, mais sur l’île de Little St. James.
Comme le rapportent Reason, le San Francisco Standard et DropSite News, Jeffrey Epstein était il y a dix ans un acteur clé entre la Silicon Valley et Israël, et il a mis en relation Peter Thiel avec l’ancien Premier ministre israélien devenu homme d’affaires Ehud Barak. Des courriels divulgués montrent qu’Epstein a joué un rôle crucial dans la collecte de fonds importants pour des entreprises américaines et israéliennes spécialisées dans les cyberarmes, dont 40 millions de dollars pour la société de capital-risque de Thiel, Valar Ventures. Ces investissements ont contribué à stimuler une industrie de la surveillance qui, quelques années plus tard, a poussé la technologie de ciblage par IA au-delà des utilisations militaires vers des contextes civils et commerciaux.
“J’ai été surpris de voir combien d’entreprises recherchent une nouvelle perspective de gestion de type militaire”, a écrit Epstein à Barak. “Une entreprise n’est pas très différente d’une force de défense.”
“Aucune entreprise technologique n’est plus présente — ou ne suscite plus d’intérêt de la part des personnalités israéliennes — que Palantir”, rapporte le San Francisco Standard.
D’autres fuites et reportages de The Intercept ont également révélé qu’à peu près au moment où Epstein, Thiel et Barak étaient en contact, le journaliste du New York Times Landon Thomas Jr. était également en communication avec Epstein. Il a informé le délinquant sexuel condamné d’une enquête menée par un autre journaliste et n’a pas enquêté sur les offres d’Epstein concernant des informations compromettantes et des preuves photographiques des relations de Trump avec des femmes plus jeunes. Cette manipulation et ce contrôle des informations, révélés plus de dix ans plus tard, montrent comment les récits qui protègent les riches et les puissants sont tissés en coulisses.
De notre point de vue actuel, le New York Times et le logiciel Palantir sont respectivement représentatifs de la médiation de la “vérité” à l’ère des médias de masse et des technologies de l’information. À travers leurs “enquêtes” et leur contrôle de l’information, ils incarnent les tentatives de s’approprier les faits et d’arbitrer la justice, afin de devenir le système d’enregistrement des institutions et des décideurs les plus importants au monde. Tout comme le logiciel de Palantir peut fixer des seuils algorithmiques pour définir qui est une cible et justifier son assassinat, le New York Times établit les récits qui permettent à ces assassinats de se poursuivre : absoudre le génocide, justifier la guerre, définir le “terrorisme” et perpétuer l’agression internationale. Néanmoins, alors que les deux continuent à permettre le génocide en Palestine ou à attiser le feu de la guerre contre le Venezuela, les gens prennent conscience de la manière dont ces entreprises utilisent l’information comme une arme pour protéger et enrichir ceux qui sont au pouvoir.
IV. Criminalisation de la résistance à la surveillance
C’est l’heure de pointe à Denver, et j’utilise le dernier quart de mon réservoir d’essence pour me rendre au centre de détention ICE GEO à Aurora. Nous sommes en octobre, et je vois à peine la route devant moi alors qu’une tempête se lève et que mes yeux me piquent à cause des vapeurs de super-glue, résultat d’une tentative de dernière minute pour réparer ma seule paire de lunettes. Je n’ai pas d’argent pour en acheter de nouvelles, ni pour réparer les lumières de secours qui éclairent l’habitacle, mais ce sont là le cadet de mes soucis.
Je suis en retard pour prononcer un bref discours devant l’ICE, et je suis l’Antéchrist.
C’est du moins ce que Peter Thiel voudrait vous faire croire (de manière risible). Profitant de l’élan donné par son interview au New York Times, Thiel a donné quatre conférences privées sur le sujet à San Francisco, attisant les flammes de sa conspiration religieuse jusqu’à ce que tout le monde, du Washington Post à South Park, en parle. Dans ces conférences, Thiel a soutenu que l’Antéchrist serait un jeune de moins de 33 ans, comme moi, qui prône la réglementation de l’IA et s’identifie comme un luddite : quelqu’un qui veut tenir les propriétaires de technologies responsables des dommages qu’ils causent.
Comme l’écrit la professeure Elke Schwarz dans Opinio Juris, cette tentative de diabolisation des opposants à l’IA vise à construire un “récit spirituel” qui renforce la fortune des investisseurs.
“Créer une croyance en une technologie, c’est sacraliser la capacité d’une start-up à fournir cette technologie quasi divine, ce qui, à son tour, sert à rehausser la valeur d’une telle entreprise”, écrit-elle.
Comme je ne pouvais pas travailler avec le New York Times pour rédiger une réponse, j’ai collaboré avec le Guardian pour publier un éditorial expliquant la technologie ISTAR et condamnant l’ICE pour sa surveillance anticonstitutionnelle. Cette menace exigeait cependant bien plus que des mots. J’ai rapidement cessé de me concentrer sur les médias et l’écriture, et j’ai travaillé à renforcer mes bases solides en organisant des réseaux à Denver et à New York qui contestaient depuis longtemps Palantir, la Silicon Valley et notre complexe militaro-industriel corrompu. À Denver, j’ai aidé à mener une petite marche pacifique vers le siège de Palantir pour soutenir la Palestine et m’opposer à la surveillance de l’ICE. Là-bas, nous avons été suivis par des drones et des dizaines de policiers (au moins un par manifestant) pour trouver un mur d’unités tactiques en tenue et équipement militaires complets protégeant le géant de la surveillance — une incroyable démonstration de force et de dépenses des fonds de la ville. En revanche, une manifestation similaire à Seattle, rassemblant environ un millier de personnes, n’a suscité aucune réaction de la police.
En août, j’ai témoigné devant le Sénat de l’État du Colorado pour défendre la première réglementation complète de l’IA à l’échelle de l’État dans le pays.
“S’opposer à la principale force qui introduit des technologies de surveillance anticonstitutionnelles dans notre pays, l’ICE, peut désormais vous valoir d’être inscrit sur une liste de surveillance du FBI, ce qui revient à criminaliser la lutte contre la surveillance en Amérique.”
Aujourd’hui, la situation a atteint son paroxysme. La procureure générale Pam Bondi a ordonné au FBI de créer une liste de terroristes nationaux qui comprend les personnes qui s’opposent au fascisme et à l’application des lois sur l’immigration. Cela signifie que s’opposer à la principale force qui introduit des technologies de surveillance anticonstitutionnelles dans notre pays, l’ICE, peut désormais vous valoir d’être inscrit sur une liste de surveillance du FBI, ce qui revient à criminaliser la lutte contre la surveillance en Amérique. La note vise également à mettre en place un “système de récompense en espèces” pour les informations, ce qui signifie que le FBI pourrait bientôt payer mes propres voisins pour nous inscrire, moi et d’autres organisateurs, sur une liste de surveillance, permettant ainsi au gouvernement de commencer à utiliser ses outils de surveillance — notamment Flock et Palantir — contre nous.
Même si je soupçonnais ce type de représailles depuis que j’ai commencé à dénoncer Palantir en février, c’est désormais aussi la réalité pour des centaines de milliers de militants qui s’opposent au fascisme, aux raids anticonstitutionnels et à l’application des lois sur l’immigration à travers le pays. Les mêmes armes de surveillance ISTAR qui ont conduit à l’arrestation d’étudiants manifestants, à la déportation d’immigrants vers des camps de concentration étrangers et à un régime impitoyable de massacres et de surveillance à Gaza, menacent désormais des millions d’Américains. La note de Bondi, qui n’a pas été rapportée par le New York Times, est “une déclaration de guerre à tous ceux qui ne sont pas MAGA”, selon Ken Klippenstein, le journaliste indépendant qui a révélé l’affaire.
En arrivant aux portes du centre de détention ICE GEO en octobre, j’ai croisé une foule de voisins debout entre les murs de l’établissement et un ruisseau boisé de l’autre côté de la rue. Certains jours, m’a dit un ami, on pouvait voir les ombres des mains des détenus qui cherchaient celles de leurs proches à l’extérieur.
En quelques instants, j’ai été invité à dire quelques mots aux pieds de l’établissement ICE.

V. La guerre de cinquième génération
Je publie cet essai une semaine après l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro par les forces américaines et après le premier bombardement d’une ville sud-américaine par les États-Unis dans l’histoire, un monde que je n’aurais jamais pensé voir de mon vivant. Il règne actuellement un sentiment de confusion écrasant parmi presque tout le monde, y compris de nombreux journalistes, ce qui est probablement voulu. Comme nous l’avons vu, nous sommes passés à des formes de guerre qui ne sont pas comprises par le public, qui reposent fortement sur la surveillance par l’IA, le contrôle du discours et la tromperie, l’exploitation des réseaux sociaux et la conception de méthodes de punition et de mise à mort de plus en plus inhabituelles et cruelles.
L’invasion du Venezuela est un parfait exemple de ce type de guerre, également qualifiée de “guerre de cinquième génération” (5GW) par les experts militaires. Selon le professeur Armin Krishnan dans son livre Fifth Generation Warfare : Dominating the Human Domain (Guerre de cinquième génération : dominer le domaine humain), la 5GW est la forme de guerre la plus récente, la plus secrète et la plus difficile à comprendre. Le Handbook of 5GW (Manuel de la 5GW) de Daniel Abbot la définit comme “une théorie émergente de la guerre fondée sur la manipulation de multiples forces économiques, politiques, sociales et militaires dans plusieurs domaines”. Cette manipulation implique la supervision de tous les domaines de combat — terrestre, aérien, maritime, spatial, cybernétique et cognitif — grâce à ce qu’on appelle une “image opérationnelle commune”. Cette vision unifiée est rendue possible par des projets du Pentagone, notamment le projet Maven (pionnier du ciblage par IA), le Joint All-Domain Command and Control (ou JADC2, qui relie les capteurs de toutes les forces armées) et des logiciels développés par Palantir et une constellation de grandes entreprises de défense et de start-ups technologiques.
Nous pouvons voir dans l’invasion du Venezuela certaines caractéristiques de la 5GW, telles que présentées par Krishnan :
La guerre de cinquième génération contourne le champ de bataille et cible la société dans son ensemble, plutôt que ses forces militaires.
La violence dans la 5GW est très dispersée ou cachée, la rendant difficile à percevoir comme une guerre.
La guerre de cinquième génération repose sur des moyens secrets ou ambigus qui dissimulent des activités néfastes ou les déguisent en activités bénignes ou inoffensives.
L’objectif de la 5GW est de renverser un ordre politique existant ou de changer la culture d’une société conformément aux objectifs de l’agresseur.
Selon Krishnan, la 5GW “déplace l’accent mis sur le contrôle du terrain physique vers le contrôle du terrain humain et de l’esprit humain (donc mental) en tant que cible d’attaque”. Cela signifie que la capture du président Maduro, sous le couvert de l’application de la loi, n’est que le début de l’opération. La véritable bataille commence après, dans la campagne visant à légitimer l’enlèvement, à fabriquer un consentement pour des interventions similaires à l’avenir et à susciter l’une des deux réactions suivantes chez vous, le témoin : une faveur accrue ou une crainte accrue envers l’administration.
Le pire effet secondaire de la 5GW est qu’elle transforme tout le monde, tant au niveau international que national, en sujet de guerre.
Le rôle démesuré des réseaux sociaux dans l’incident vénézuélien est évident. Sur les photos de la salle de crise publiées par la Maison Blanche, on peut voir Marco Rubio, Donald Trump, Pete Hegseth et d’autres surveiller un compte OSINT (Open Source Intelligence) sur Twitter X. Au lendemain de l’enlèvement du président, les comptes officiels du gouvernement ont diffusé une propagande mettant en avant l’image de Maduro et remixant des extraits de conférences de presse avec de la musique. Ces vidéos sensationnalistes ont beaucoup plus en commun avec ce que je vois Palantir et ses responsables publier sur les réseaux sociaux qu’avec tout ce que j’ai pu voir sur les comptes officiels du gouvernement. L’objectif est clair : susciter la peur, la crainte et l’incertitude pour masquer la prochaine action.

Dans le monde de la guerre hybride, cependant, il faut être deux pour danser le tango : le gouvernement et les médias. Après l’assaut au Venezuela, Fox News et le Wall Street Journal ont constamment omis de mentionner les dizaines de passants blessés ou tués lors de l’invasion du Venezuela, notamment une femme de 78 ans tuée après que des bombes américaines ont détruit son immeuble. Ils créent les mêmes conditions qui ont permis aux victimes du conflit à Gaza de subir un traitement inhumain dans les médias, facilitant leur massacre et leur oubli, et permettant aux Américains d’oublier rapidement les conséquences de l’interventionnisme. Le New York Times a apporté une aide encore plus cruciale : il a refusé de rendre compte de l’incursion alors qu’il en avait été informé à l’avance, couvrant ainsi les actes illégaux de l’administration, facilitant potentiellement des crimes de guerre tout en violant son propre code éthique qui consiste à défendre la vérité quelles que soient les circonstances.
Lorsque les médias ne font pas leur travail ou ne remettent pas en question les forces militaires modernes et les événements à travers le prisme de doctrines contemporaines telles que la 5GW, cela reflète une incompréhension de la manière dont la guerre est menée aujourd’hui et ne fait que les rendre complices.

Il apparaît désormais de plus en plus clairement que deux voies s’offrent à notre pays. La première consiste à continuer de laisser les élites médiatiques et technologiques contrôler et instrumentaliser la vérité et les “faits” ; la seconde à prendre conscience de la situation et à nous libérer de leur emprise. Nous devons rétablir nos droits constitutionnels, commencer à légiférer sérieusement sur l’IA et traduire en justice les milliardaires qui instrumentalisent la surveillance par l’IA à des fins lucratives et de contrôle.
Mon travail d’organisation m’a montré qu’après des mois passés à parler aux journalistes et à m’isoler, je n’étais pas seul. Les personnes que j’ai rencontrées, jeunes ou âgées, riches ou non, et de tous horizons, commencent à réaliser que notre attention fragmentée, notre sentiment d’incertitude, nos divisions politiques — tout comme les pires crimes humanitaires actuels — sont rendus possibles grâce aux milliardaires de la technologie qui utilisent Internet, nos appareils personnels et les plateformes de réseaux sociaux pour collecter et exploiter nos informations, nos comportements et nos convictions. Ils prennent conscience que les réseaux sociaux font partie d’une arme plus grande (ISTAR) où les mouvements, les relations et les communications quotidiennes des gens peuvent finalement être retournés contre eux, ce qui explique pourquoi des dirigeants de Meta, OpenAI et Palantir ont récemment rejoint l’armée en tant qu’officiers.
Nous prenons également conscience que cela n’a pas toujours été le cas : ce changement radical dans notre relation à la technologie s’est produit en moins de vingt ans et a été mené par un très petit groupe de dirigeants de la Silicon Valley dotés aujourd’hui d’un pouvoir illimité pour influencer à la fois le gouvernement et nos vies personnelles.

Des organisations et des mouvements à travers le pays réagissent à cette prise de conscience et adoptent différentes approches. Ils émergent des lycées, des clubs universitaires, des réunions locales de mères, des groupes de discussion, des laboratoires de recherche, des associations de quartier et des coalitions de travailleurs du secteur technologique dans les villes du pays. Parmi elles, on trouve e Appstinence, Delete Day, Screen Time Action Network, The Strother School of Radical Attention, Lamp Club, Ludd Club, Landline Kids, Design it for Us, Reconnect, No Tech for Apartheid, No Flock, le mouvement Clippy de Louis Rossmann, le Center for Humane Technology, AI Now et une “rébellion” décentralisée, mais très organisée, des centres de données qui se déroule dans les communautés locales à travers tout le pays.
Même si le chemin pour démêler les réseaux d’influence et de contrôle des grandes entreprises technologiques est encore long, il y a de l’espoir. Comme l’ont écrit Singer et Brooking dans LikeWar :
Ces nouvelles guerres ne se gagnent pas avec des missiles et des bombes, mais grâce à ceux qui sont capables de façonner les récits qui structurent notre compréhension, de provoquer les réactions qui nous poussent à agir, de se connecter avec nous au niveau le plus personnel, de créer un sentiment de fraternité et de s’organiser pour le faire à l’échelle mondiale, encore et encore.
Épilogue : l’Antéchrist répond aux conférences sur l’Antéchrist
Ce qui suit est une version abrégée du discours que j’ai prononcé en octobre au centre de détention ICE GEO à Aurora.
Je m’appelle Juan Sebastian Pinto, je suis écrivain, organisateur et ancien employé de la société de surveillance Palantir, basée ici à Denver, qui fournit actuellement ses services d’intelligence artificielle à l’ICE, permettant ainsi les crimes humanitaires qui sont commis ici.
Permettez-moi de reformuler cela : Palantir aide le gouvernement à briser des familles dans la ville qu’il considère comme son foyer, avec l’argent des contribuables.
Il m’a fallu beaucoup de temps pour en arriver là. Mon histoire n’est pas très différente de celle d’Eric Sanchez Goitia, qui a été emprisonné ici puis expulsé vers le Venezuela. Comme moi, Eric est arrivé ici légalement vers l’âge de 11 ans et a construit toute sa vie et sa famille dans le Colorado. Il a fui l’instabilité, la pauvreté extrême et la criminalité de son pays natal, le Venezuela, en partie à cause des sanctions brutales imposées par les États-Unis. Aujourd’hui, il est séparé de sa femme, Desiree, et de sa communauté, à cause de l’ICE et du département de la Sécurité intérieure. Aujourd’hui, Trump menace son pays avec des opérations secrètes, des assassinats et la guerre.
Dans son histoire, je vois mes convictions et mes aspirations en tant qu’immigrant brisées. Je vois la destruction du rêve américain tel que des millions de personnes l’ont conçu.
Il y a une raison pour laquelle une guerre est menée contre les immigrants. Les immigrants comprennent la liberté. Ils la recherchent. Ils sont prêts à tout pour l’obtenir. Mais lorsque le gouvernement utilise les technologies de surveillance, les réseaux sociaux et le DHS pour rendre la vie de chacun paranoïaque, haineuse et divisée, il déclare la guerre non seulement contre nous, mais contre tout son peuple, et agit de la même manière que les terroristes qu’il prétend combattre.
Depuis longtemps, les agences de renseignement, les universitaires et des entreprises comme Palantir ont compris que les menaces sur les réseaux sociaux et les snuff movies peuvent être utilisés comme des armes de guerre, une tactique initialement mise au point par Daech et le MS13*, mais aujourd’hui, cette arme est dirigée contre nous. Non seulement le DHS et l’administration utilisent les réseaux sociaux pour traquer les gens, mais ils s’en servent aussi pour diffuser des mèmes racistes, des images générées par l’IA et des menaces explicites en faveur de la suprématie blanche. D’innombrables vidéos de frappes de drones et images générées par l’IA partagées sur les réseaux sociaux — représentant et se moquant des crimes humanitaires commis du Yémen aux Caraïbes — visent à susciter l’indignation, à nous désensibiliser, à fabriquer un consentement à la guerre et à semer la peur parmi nos voisins.
C’est pourquoi nous avons besoin que nos représentants se mobilisent et fassent du Colorado le fer de lance du soutien à la réglementation de l’IA. Nous devons aider notre nation tout entière à défendre sa constitution et, tout comme nous avons déjà fait avancer à plusieurs reprises des législations pionnières, nous devons repousser les limites des droits civils afin de protéger notre pays de la surveillance par l’IA et de l’ICE.
Je n’ai pas lu mon discours comme je le souhaitais, je ne pouvais pas distinguer tous les mots sous la pluie et il régnait une atmosphère d’angoisse, amplifiée par la tempête, que je ne pouvais pas surmonter. Mais j’ai alors pris le temps de regarder les visages de tous ceux qui m’entouraient. L’antéchrist était introuvable parmi nous. Il y avait plutôt un groupe soudé de militants pour le climat, la paix et les droits du travail, ainsi que des voisins concernés ; des charpentiers, des électriciens, des techniciens, des artistes et des musiciens ; des pères et des grands-mères qui venaient chaque semaine soutenir leurs amis et leur famille prisonniers derrivre les murs. Des personnes avec qui j’ai été poursuivi lors de manifestations par des drones et la police militarisée. Des personnes qui ont bloqué les rues de Denver pour dire non à la surveillance et aux économies basées sur l’exploitation, la guerre et l’internement.
Ce n’étaient pas des personnes qui croyaient, comme l’a récemment déclaré Alex Karp, PDG de Palantir, que “le patriotisme vous rendra riche”. Tous savent qu’aimer ce pays, son peuple, sa constitution et nos libertés a un prix. Que parfois, cela coûte tout : votre argent, votre réputation, voire votre vie.
Juan Sebastián Pinto écrit sur la technologie et les droits civiques. Auparavant, il a travaillé comme rédacteur dans le secteur de l’intelligence artificielle et a rédigé des articles sur l’architecture et la culture pour Forbes et Dwell. E-mail : hi@zig.art
Merci d’avoir lu cet article. Pour recevoir nos nouvelles publicatios et soutenir ce travail, inscrivez-vous ici.
Ziggurat est un projet créatif né pour lutter contre l’exploitation des personnes par les milliardaires, les géants de la technologie et l’intelligence artificielle. Nous sommes à l’origine de Against Machines et de la prochaine publication Offline Underground, disponible uniquement en version imprimée, accessible via un abonnement payant à Ziggurat.
Notre objectif est de créer une communauté réelle et de sensibiliser le public aux questions relatives aux droits civiques et à la technologie qui nous concernent tous, en incitant les gens à se détourner des écrans pour s’engager dans la vie civique et militer en faveur d’une réglementation technologique.
Ziggurat continuera à mettre en lumière les menaces que représentent les grandes entreprises technologiques et l’IA pour notre constitution et nos droits humains. Grâce à l’éducation et à la sensibilisation, nous luttons pour un monde où nous ne serons pas continuellement aliénés et mal informés, ou pire, plongés dans des guerres dangereuses qui pourraient dévaster les générations futures.
Nous méritons tous mieux que cela, et nous méritons tous de savoir ce qui se passe, surtout lorsque les médias semblent, intentionnellement ou non, conspirer avec les géants de la technologie et les milliardaires pour nous faire accepter la surveillance de masse et la guerre permanente. Aujourd’hui, je travaille avec des militants du Colorado pour soutenir la paix et défendre la première réglementation complète du pays sur l’IA, ainsi qu’avec des militants dans différentes villes du pays pour aider à lutter contre la menace envahissante des drones policiers et des centres de données par le biais de l’éducation et de l’engagement civique.
Nous marchons sur les plates-bandes des multimilliardaires, des millions de dollars de lobbying et, peut-être, des objectifs autoritaires de l’administration. C’est pourquoi nous devons nous serrer les coudes. Si vous avez lu jusqu’ici et trouvé ces informations utiles, sachez que cet essai est plus qu’un simple article d’opinion, c’est une invitation à entamer une conversation et à passer à l’action. Si vous en avez assez d’être un observateur passif ou une cible d’influence dans ces guerres, je vous encourage à vous abonner, à partager ce message et à nous contacter. Notre force réside dans notre nombre, notre persévérance et notre communauté, et il y a encore beaucoup à faire.
Je vous encourage également à suivre notre mouvement national, Against Machines, et à rester à l’écoute pour un nouveau projet : Offline Underground, une publication imprimée et un guide d’événements qui vise à mettre en relation les mouvements luttant contre les grandes entreprises technologiques à travers le pays. Il est disponible via un abonnement payant ici, et sera bientôt disponible gratuitement dans une station de métro près de chez vous.
📰 Lien de l’article original :
◾️ ◾️ ◾️










