♟ Le convoi de la conscience
"Il faut toujours dire ce que l’on voit : surtout il faut toujours - ce qui est plus difficile - voir ce que l’on voit", Charles Péguy - Ou chercher à comprendre pourquoi nous ne voulons pas voir.

"Il faut toujours dire ce que l’on voit : surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit."
- Charles Péguy
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Un "convoi de la conscience" à Rafah sous l'égide de l'Égypte et initié par le syndicat des journalistes égyptiens
Des journalistes et des acteurs militants du monde entier se rassemblent au Caire avant de rejoindre l'unique point de passage vers Gaza non contrôlé par Israël, rapporte Mahmoud Hashem, correspondant de Peoples Dispatch.
Par Mahmoud Hashem, le 16 novembre 2023, Consortium News
Le génocide barbare perpétré contre les Palestiniens de la bande de Gaza se poursuit sans relâche depuis cinq semaines. La majorité des hôpitaux de l'enclave sont désormais inopérationnels suite aux frappes aériennes ciblées sur les infrastructures médicales ou à la pénurie de carburant et à la coupure d'électricité, mettant en danger les dizaines de milliers de blessés du mois dernier, les centaines de milliers de personnes cherchant refuge dans les installations médicales et les travailleurs de la santé.
C'est dans ce contexte que le Syndicat des journalistes égyptiens (EJS) a appelé "les peuples libres du monde" à se joindre à son "Convoi mondial de la conscience" afin de faire pression pour que soit ouvert le point de passage de Rafah - l'artère vitale de la bande de Gaza - et de permettre à toutes les formes d'aide humanitaire - telles que les denrées alimentaires, l'eau, les médicaments et le carburant - d'entrer de manière pérenne, et pour qu'une évacuation inconditionnelle des blessés graves soit assurée.
Le convoi exige également que les équipes médicales, humanitaires et de presse entrent dans la bande de Gaza, afin de montrer toute forme de soutien au peuple palestinien qui s'oppose aux plans d'expulsion israéliens.
S'exprimant la semaine dernière lors d'une conférence de presse au Caire, Khaled Elbalshy, chef de l'EJS, a déclaré :
"Non seulement le peuple palestinien de Gaza est confronté à l'arsenal meurtrier de l'armée israélienne, mais il est également privé des nécessités les plus élémentaires de la vie, notamment l'eau, la nourriture, les médicaments et le carburant, en conséquence du siège sauvage imposé par cette machine de guerre nazie des temps modernes ; cette extermination systématique vise à chasser les Palestiniens de leur terre et à anéantir leur cause. Il s'agit d'un crime contre l'humanité qui entachera à jamais la conscience du monde".
Ajoutant,
"Chaque minute que dure ce siège est un appel à la conscience mondiale pour qu'elle se réveille, qu'elle reconnaisse l'ampleur de ce crime et qu'elle agisse. Les décideurs du monde entier doivent payer le prix de leur complicité dans le calvaire des enfants soumis aux bombardements barbares de l'armée d'occupation. Cela nous appelle à nous rassembler, au plus tôt, dans un convoi destiné à garantir tout ce qui est exigé".
Le convoi de ce syndicat vise à attirer des journalistes, des forces actives de la liberté et de l'humanité dans le monde, des équipes médicales, des organisations humanitaires internationales et toute personne désireuse d'aider à soulager les souffrances endurées par les Palestiniens, selon Elbalshy.
Des centaines de journalistes et d'activistes du monde entier ont déjà commencé à arriver au Caire en préparation du convoi qui doit partir entre le 17 et le 24 novembre.
Le monde a failli à sa mission à Gaza
Depuis l'attaque du Hamas le 7 octobre, les dirigeants du monde entier n'ont pas su sauver le peuple palestinien de la guerre génocidaire menée par Israël contre Gaza. Aucun d'entre eux, malgré toutes les sollicitations, n'a été en mesure de fournir l'aide essentielle dont la population a besoin pour survivre, ni le carburant nécessaire pour faire fonctionner les hôpitaux.
Quotidiennement, les hôpitaux voient affluer des centaines de morts et de blessés. À ce jour, le bilan dépasse les 11 000 morts, dont plus de 4 500 enfants, 3 027 femmes et 678 personnes âgées.
Mai Al-Kaila, ministre palestinien de la santé, a souligné que l'armée israélienne avait délibérément pris pour cible les établissements hospitaliers, laissant des patients, dont des enfants et des adultes sous dialyse, mourir sans pouvoir recevoir les traitements essentiels.

La ministre a confirmé le décès de 12 patients, dont deux nouveau-nés, au complexe médical d'Al-Shifa en raison du manque d'électricité et de fournitures médicales, depuis dimanche dernier.
Elle s'est déclarée très préoccupée par le sort de 3 000 patients en oncologie, contraints de quitter les hôpitaux Al-Rantisi et Al-Turki, les privant ainsi d'un accès à des soins vitaux.
Le Dr Al-Kaila a insisté sur les risques encourus par les femmes enceintes et celles dont la grossesse est à haut risque, celles-ci n'ayant pas la possibilité de trouver un soutien médical adéquat à Gaza.
Elle a décrit la dure réalité des blessés et des malades qui luttent pour parvenir au complexe médical d'Al-Shifa, et qui perdent souvent la vie en raison d'un traitement tardif ou du manque de médicaments nécessaires.

Elle a ajouté que le personnel médical de l'hôpital Al-Shifa [aujourd'hui envahi par les soldats israéliens] est lui aussi sous la menace constante des drones israéliens, qui l'empêchent de s'acquitter efficacement de son devoir et de se déplacer d'un service à l'autre.
Elle a également décrit la situation alarmante de 100 corps de victimes en décomposition dans la cour de l'hôpital, posant un risque sanitaire grave dû à l'impossibilité pour les équipes médicales de les enterrer.
Le Dr Al-Kaila a insisté sur les conditions désastreuses qui règnent à l'intérieur de l'hôpital, les patients souffrant de dommages supplémentaires en raison des attaques israéliennes sur le complexe médical, qui ont endommagé les puits d'eau, les stations d'oxygène, les entrées du complexe et d'autres installations essentielles.
[En lien : La mystification israélienne et la bataille de l'hôpital Shifa].
Elle a souligné le manque de nourriture, d'eau et de réserves de sang pour les blessés, les malades et les équipes médicales, aggravant ainsi leur situation déjà désastreuse.
Le Dr Al-Kaila a appelé à une solution de toute urgence, exhortant à la provision d'électricité, de fournitures médicales, de médicaments et de carburant pour le complexe médical ou à l'évacuation en toute sécurité des patients pour un traitement en Égypte, les hôpitaux de Gaza étant débordés et dans l'incapacité d'accueillir d'autres victimes.
Le 12 novembre, le Croissant-Rouge palestinien a annoncé que l'hôpital Al-Quds, situé dans la ville de Gaza, avait cessé toute activité à cause de la pénurie de carburant et de la coupure d'électricité subséquente, dans le cadre d'un siège militaire israélien très dur. L'hôpital est confronté à de graves pénuries de fournitures médicales, de nourriture et d'eau.
Dans un communiqué de presse, le Croissant-Rouge palestinien a exprimé sa profonde inquiétude quant aux conditions humanitaires désastreuses au sein de l'hôpital, affirmant que ses équipes médicales déploient tous les efforts possibles pour dispenser des soins médicaux aux patients et aux blessés, même en ayant recours à des pratiques alternatives.
Le communiqué tient la communauté internationale et tous les pays signataires de la quatrième convention de Genève pour responsables de l'effondrement total du système de santé et de la situation humanitaire catastrophique dans la bande de Gaza, en particulier dans la région nord de l'enclave.
Samedi, le sommet islamo-arabe qui s'est tenu en Arabie saoudite a appelé à l'arrêt immédiat des opérations militaires à Gaza, rejetant la justification par Israël de ses actions contre les Palestiniens comme étant de la légitime défense, et a exhorté la Cour pénale internationale à enquêter sur "les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité perpétrés par Israël" dans les territoires palestiniens, d'après un communiqué de presse officiel.
Le sommet a également exigé la fin du siège de Gaza, l'accès à l'aide humanitaire et l'arrêt des ventes d'armes à Israël.
[En lien : AS'AD AbuKHALIL : La fausse indignation des régimes arabes du Golfe à l'égard de Gaza ].
Dans le passé, les Palestiniens se rendant en Égypte pour des soins médicaux ou des raisons personnelles passaient principalement par Rafah.
Cependant, toutes les autres frontières étant fermées en raison du conflit, Rafah est désormais l'unique point d'entrée pour l'aide humanitaire. Le passage par Rafah a toujours été une tâche complexe pour les Palestiniens, qui doivent s'inscrire auprès des autorités locales des semaines à l'avance et peuvent se voir refuser l'entrée sans explication.
À chaque minute qui passe, le peuple palestinien paie un prix inimaginable pour défendre sa terre, sa liberté et son droit à un État libre, et ce depuis plus de 75 ans.
Mahmoud Hashem est correspondant de Peoples Dispatch. Cet article a été publié par Peoples Dispatch.
Les opinions exprimées dans cet article peuvent ou non refléter celles de Consortium News.
📰 https://consortiumnews.com/2023/11/16/an-egyptian-led-conscience-convoy-to-rafah/
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