♟ Des journalistes interloqués par l'un des leurs soucieux de pratiquer le journalisme
Les journalistes US entre indignation & confusion après la diffusion en ligne d'une vidéo d'un journaliste pratiquant le journalisme. Tous se sont trompés, Poutine n'est pas ce que les MSM dépeignent

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1 - Des journalistes interloqués par l'un des leurs, soucieux de pratiquer le journalisme - The Babylone Bee
2 - Poutine a déjoué les attentes des médias mainstream et alternatifs lors de son interview avec Tucker - Andrew Korybko
3 - "Dans la guerre de propagande, il est très difficile de vaincre les États-Unis" - Caitlin Johnstone
4 - Version française de l'interview de Vladimir Putin par Tucker carlson - France Soir
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1- ➤ Des journalistes interloqués par l'un des leurs, soucieux de pratiquer le journalisme
Par The Babylone Bee, le 7 février 2024
États-Unis - Les journalistes de tout le pays ont exprimé un mélange d'indignation et de confusion après la diffusion en ligne d'une vidéo d'un journaliste pratiquant le journalisme.
Selon certaines sources, la vidéo, publiée sur la plateforme de réseaux sociaux Twitter X, montre un journaliste bien connu, Tucker Carlson, en train de se livrer volontairement et imprudemment à un véritable travail de journaliste, sans se soucier des dommages potentiels d'un tel déploiement de zèle inconscient.
"Nous ne sommes pas certains de ce que ce type pense faire. Il est ici en train d'enquêter, de chercher la vérité et d'interviewer des dirigeants du monde entier sur des sujets géopolitiques importants. C'est du journalisme sauvage, sans retenue. C'est vraiment dangereux. Il recherche des informations, mène des entretiens et... rapporte ce qu'il a appris et le publie pour que les gens le voient ? Vous êtes sérieux ?!", a déclaré un chroniqueur du New York Times ayant sollicité l'anonymat.
Alors que l'interview très attendue de Carlson avec le président russe Vladimir Poutine allait bientôt être rendue publique, les principaux journalistes se sont préparés au pire. "Je ne saurais même pas quoi faire dans cette situation", a déclaré un correspondant de CNN sous le couvert de l'anonymat.
"Écoutez, je suis journaliste, mais à aucun moment je n'envisagerais la notion de, vous savez... faire du journalisme. Cela dépasse l'entendement. Je ne pense pas que quiconque puisse prédire les conséquences d'une telle chose. Ce Tucker est cinglé".
Au moment de la publication, les journalistes de l'ensemble du secteur des médias s'abritaient pour se préparer à l'interview de Poutine, ne sachant pas si le monde tel qu'ils le connaissaient existerait encore le lendemain, après qu'un journaliste a jeté la prudence aux orties et pratiqué le journalisme.
📰 https://babylonbee.com/news/journalists-confused-by-journalist-doing-journalism
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2- ➤ Poutine a déjoué les attentes des médias mainstream et alternatifs lors de son interview avec Tucker
Il n'est pas le monstre ou le fou que les médias dominants dépeignent, mais pas davantage le génie révolutionnaire anti-occidental que la communauté des médias alternatifs prétend. Le président Poutine est simplement un pragmatique apolitique uniquement désireux de préserver la société conservatrice-nationaliste de son pays, de développer vigoureusement son économie et de garantir ses intérêts objectifs en matière de sécurité nationale, tout en coopérant avec d'autres dans la recherche d'un intérêt mutuel.
Par Andrew Korybko, le 9 février 2024, Substack
L'entretien de Tucker avec le président Poutine a été précédé par les commentaires des médias mainstream (MSM) et de la Alt Media Community (communauté des médias alternatifs) (CMA), qui ont tous nourri des attentes irréalistes à l'égard de leur public. Les uns et les autres avaient prédit que le dirigeant russe débiterait tout un tas de points de discussion, que les premiers qualifiaient de propagande, tandis que les seconds pensaient qu'ils détruiraient la réputation de l'Occident, mais tous se sont trompés. Le président Poutine a précisé dès le départ qu'il s'agirait d'une conversation sérieuse et non d'un simple talk-show.
Le président russe n'a pas perdu de temps pour prouver son intention, se lançant immédiatement dans un examen historique détaillé de ce que l'on peut appeler la "question ukrainienne" entre la Russie et la Pologne au cours des siècles, avant d'aborder la manière dont ce sujet a été traité pendant la période soviétique. L'objectif était d'informer son auditoire de manière exhaustive sur le contexte qui a conduit à l'opération spéciale, en prenant soin d'expliquer les motivations et les nuances de chaque partie afin que les auditeurs comprennent bien toute la question.
Alors qu'il abordait la fin de l'ancienne guerre froide, le président Poutine a réaffirmé l'intérêt sincère de la Russie à cultiver une nouvelle ère de relations avec l'Occident, soulignant avoir même demandé à Clinton si son pays pouvait adhérer à l'OTAN et envisagé une coopération anti-missiles avec Bush Jr. Ces deux initiatives ont finalement échoué pour des raisons qu'il a attribuées à l'obsession de l'élite américaine pour la domination, laissant entendre tout au long de l'interview que ceux qui mènent la barque en matière de politique étrangère, étaient en réalité les hommes de main de la CIA.
Au lieu d'une coopération mutuellement profitable à tous, l'Occident sous la conduite des États-Unis a continué à défendre ses intérêts subjectifs à résultats nuls aux dépens des intérêts nationaux objectifs de la Russie, sous forme d'expansion de l'OTAN vers l'est en violation de sa parole et en tentant de balkaniser la Russie dans le Caucase du Nord. En dépit de cela, le président Poutine a continué à défendre la vision qu'il a admise il y a plusieurs mois comme étant a posteriori naïve et qui s'est manifestée par les actions de la Russie lors de l'"EuroMaidan" et par la suite.
Il a révélé avoir demandé à l'ancien président ukrainien Yanukovich de se retirer et de ne pas recourir à la force contre l'opposition armée à l'époque, lui conseillant d'aller de l'avant avec ce qu'il a lui-même admis être un coup d'État par des moyens pacifiques via un cycle impromptu d'élections anticonstitutionnelles. En réponse à sa naïveté, la CIA a mené à bien ses plans de coup d'État armé malgré le fait que l'Allemagne, la France et la Pologne se soient portées garantes de l'accord susmentionné la veille.
Ce violent changement de régime a incité la Crimée à se réunifier démocratiquement avec sa patrie historique après que les putschistes eurent juré d'opprimer les Russes, à peu près au moment où le Donbass s'est rebellé et où la guerre civile ukrainienne a éclaté suite aux bombardements et à l'invasion de cette région par Kiev. Une fois de plus, le président Poutine a privilégié la paix et le pragmatisme à la guerre et aux ultimatums, optant pour les accords de Minsk avant toute chose, même si les dirigeants allemands et français ont admis par la suite qu'ils n'avaient jamais eu l'intention de les honorer.
Cette séquence d'événements, décrite par nul autre que le président Poutine lui-même, a contredit les attentes des MSM et de la CMA qui le considéraient comme "un monstre, un fou ou un cerveau", révélant qu'il était en fait un pragmatique apolitique sans soif de sang, ni instabilité psychologique ou motivations idéologiques quelles qu'elles soient. La seule raison pour laquelle le président russe a lancé cette opération spéciale était de garantir l'intégrité des lignes rouges de sécurité nationale de son pays en Ukraine, après que l'OTAN les a franchies clandestinement et a refusé de battre en retraite.
Il n'y a jamais eu d'arrière-pensée puisque Poutine reste attaché à l'idée avancée dans son magnum opus de l'été 2021 selon laquelle Russes et Ukrainiens sont le même peuple n'ayant divergé que de manière superficielle à la suite d'ingérences extérieures au cours des siècles. C'est pourquoi il a cherché à mettre rapidement fin à la dernière phase du conflit de longue durée que son opération spéciale était censée faire cesser peu après son déclenchement par le biais du processus de paix d'Istanbul, avant d'être une fois de plus berné, en toute déférence pour lui.
Après que le président Poutine a ordonné à ses troupes de se retirer de Kiev en guise de geste de bonne volonté pour avoir conclu l'accord que la délégation ukrainienne avait déjà paraphé, l'ancien premier ministre britannique Boris Johnson les a convaincues d'abandonner ce pacte politico-militaire détaillé en faveur de la poursuite du combat. Le dirigeant russe a néanmoins déclaré qu'il envisageait une résolution politique au conflit, mais a rappelé que l'Ukraine devait d'abord abroger sa législation interdisant les pourparlers avec Moscou pour que cela se concrétise.
Le monde ne sera plus jamais le même après la fin de cette guerre par procuration, car il estime qu'elle a porté un coup sévère à la domination antérieure de l'Amérique. En fait, celle-ci s'est en grande partie auto-infligée ce coup après que son élite a convaincu les décideurs de chercher à infliger une "défaite stratégique" à la Russie, ce qui n'a jamais été qu'un fantasme politique. À cette fin, ils ont même militarisé le dollar, ce qui s'est retourné contre eux en accélérant les processus de dédollarisation (y compris chez les alliés des États-Unis) qui, à leur tour, sapent les fondements de la puissance américaine.
L'ordre mondial multipolaire qui se dessine devrait se concentrer sur la sécurité collective plutôt que sur la séparation en blocs, a-t-il dit, et il espère que le droit international, tel qu'inscrit dans la charte des Nations unies, sera à nouveau respecté par tous avec le temps. L'IA et la génétique devraient être réglementées au même titre que les armes nucléaires, mais il faut pour cela une confiance mutuelle, qui de toute évidence fait défaut. Dans l'intervalle, des accords pragmatiques sont possibles sur d'autres questions, comme les échanges d'espions, mais il ne faut pas s'attendre à grand-chose d'autre.
Tout ce que le président Poutine a dit dans son entretien avec Tucker Carlson, du contexte historique de la "question ukrainienne" aux détails sur l'évolution de la politique russe ainsi que ses interactions avec les dirigeants américains, a subverti les attentes des MSM et de la CMA parce qu'il ne s'agissait pas de simples points de discussion. Bien au contraire, il s'agissait d'une série de cours magistraux sur ces sujets complexes, lesquels sont probablement passés au-dessus de la tête de la plupart des téléspectateurs, mais qu'il était tout de même important d'aborder pour les personnes intéressées.
Le premier point à retenir pour les téléspectateurs/lecteurs lambda est que la politique étrangère américaine est en fait contrôlée par les membres de l'élite de sa bureaucratie permanente ("État profond"), tels que ceux de la CIA, et non par le président, puisque les intérêts initiaux de Clinton et de Bush en matière de coopération avec la Russie ont été sabordés par cette agence.
Le second point est que l'ingérence étrangère en Ukraine a transformé la question de l'identité de son peuple en une arme géopolitique destinée à affaiblir la Russie, qui souhaite vivre en paix et en prospérité avec ce pays.
Le troisième est que le président Poutine n'a lancé l'opération spéciale de son pays seulement après avoir estimé que l'absence d'une telle opération entraînerait des problèmes de sécurité irréversibles risquant de culminer avec le temps dans la balkanisation de la Russie, dont il a explicitement affirmé que l'Occident poursuivait la mise en œuvre pour contenir la Chine. Le quatrième et dernier point est que c'est cette obsession de la domination au sein de l'élite politique (c'est-à-dire la CIA) qui est responsable de la déstabilisation du monde.
Comme cela a été souligné précédemment, le président russe n'est pas le monstre ou le dingue que les MSM dépeignent, mais pas davantage le génie révolutionnaire anti-occidental que le prétend la communauté des médias alternatifs (CMA). Le président Poutine est simplement un pragmatique apolitique uniquement soucieux de préserver la société conservatrice-nationaliste de son pays, de développer vigoureusement son économie et de garantir ses intérêts objectifs en matière de sécurité nationale, tout en coopérant avec d'autres dans la recherche d'un intérêt mutuel. Il n'est ni un méchant ni un héros, mais simplement lui-même.
Andrew Korybko est un analyste politique américain basé à Moscou, spécialisé dans la transition systémique mondiale vers la multipolarité.
📰 Lien de l'article original :
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3- ➤ "Dans la guerre de propagande, il est très difficile de vaincre les États-Unis"
Par Caitlin Johnstone, le 11 février 2024, Substack
L'un des moments les moins appréciés de la récente interview de Vladimir Poutine par Tucker Carlson est survenu lorsque ce dernier a laissé entendre que les puissances de l'OTAN étaient à l'origine du bombardement du gazoduc Nord Stream en 2022. Carlson a répondu en demandant pourquoi Poutine ne présentait pas de preuves de cette affirmation au monde entier, afin de "remporter une victoire dans la guerre de propagande".
"Dans la guerre de propagande, il est très difficile de vaincre les États-Unis dans la mesure où ils contrôlent tous les médias du monde et de nombreux médias européens", a répondu le président russe, avant d'ajouter : "Les bénéficiaires ultimes des plus grands médias européens sont les institutions financières américaines".
Je ne sais pas quelle est la nature spécifique de ses insinuations sur le Nord Stream, mais Poutine a tout à fait raison en ce qui concerne la puissance de la machine de propagande américaine. De tous les fronts que l'on pourrait choisir pour défier les États-Unis, celui de la propagande est certainement le plus difficile. L'empire américain possède de loin la machine de propagande la plus sophistiquée et la plus efficace qui ait jamais existé, fonctionnant avec une telle complexité que la plupart des citoyens n'en connaissent même pas l'existence.
Extrait correspondant de 2’ avec sous titres disponibles
Dans un article de "fact-checking" intitulé 5 mensonges et 1 vérité de l'interview de Poutine avec Tucker Carlson, Politico Europe qualifie l'affirmation ci-dessus de mensonge au motif que la Russie dispose de médias gérés par l'État alors que les médias américains sont privés.
"Les plus grandes sociétés de médias d'information sont privées et opèrent sans contrôle direct du gouvernement, contrairement au paysage médiatique contrôlé par l'État en Russie. La télévision d'État russe et les principales agences de presse sont la propriété du gouvernement, et le Kremlin contrôle les autres médias ou détruit ceux qui refusent de collaborer", écrit Sergey Goryashko de Politico.
Au bas de l'article figure une ligne qui se lit comme suit :
"Sergey Goryashko est hébergé par POLITICO dans le cadre du programme de résidence EU4FreeMedia financé par l'Union européenne".
EU4FreeMedia est une opération de gestion narrative de l'Union européenne mise en place pour aider à intégrer les "journalistes russes en exil" dans les principales publications européennes, c'est-à-dire pour fournir une amplification médiatique maximale aux expatriés russes ayant un compte à régler avec le gouvernement actuel à Moscou. Elle est gérée avec la participation de Radio Free Europe/Radio Liberty, un média financé par le gouvernement américain et placé sous l'égide des services de propagande américains (USAGM).
Je n'aurais vraiment pu trouver d'illustration plus parfaite de ce dont je parle ici que le gouvernement américain et ses laquais européens menant un projet complexe et élaboré visant à orienter davantage les médias européens contre la Fédération de Russie, ce qui se traduit ensuite par un article de Politico traitant Poutine de menteur et affirmant que la propagande n'existe pas à l'Ouest.
Il y a une vieille blague qui dit ceci :
Un Soviétique et un Américain sont assis l'un à côté de l'autre dans un avion.
"Pourquoi vous rendez-vous aux États-Unis ?" lui demande l'Américain.
"Pour étudier la propagande américaine", répond le Soviétique.
"Quelle propagande américaine ? dit l'Américain.
"Exactement", rétorque le soviétique.
En réalité, la nature de l'empire centralisé des États-Unis lui permet de mener une campagne de propagande internationale massive et ininterrompue via des plates-formes médiatiques essentiellement détenues par des intérêts privés. Cette dynamique est alimentée par un ensemble de facteurs que j'ai détaillés dans mon article exceptionnellement long intitulé 15 raisons pour lesquelles les employés des médias agissent comme des propagandistes, mais l'essentiel est que quiconque est suffisamment fortuné pour contrôler une plateforme de médias aura tout intérêt à préserver le statu quo sur lequel repose sa richesse, et coopérera de diverses manières avec les structures du pouvoir en place à cette fin.
Le fait que ces médias de masse donnent l'impression d'être indépendants mais fonctionnent comme des organes de propagande au service de l'empire américain permet à cette propagande de s'infiltrer dans l'esprit des gens sans déclencher le moindre réflexe de pensée critique ou de scepticisme, ce qui ne serait pas le cas si les gens savaient que ces médias les abreuvent de propagande. La propagande n'a vraiment de pouvoir de persuasion que si vous ne savez pas que vous en êtes victime.
L'invisibilité de la propagande américaine est encore renforcée par les méthodes subtiles par lesquelles elle est administrée, dont nous avons vu un bel exemple dans la couverture de l'atrocité de masse à laquelle Israël continue de se livrer à Gaza avec le soutien des États-Unis.
Dans un article intitulé Coverage of Gaza War in the New York Times and Other Major Newspapers Heavily Favored Israel, Analysis Shows (La couverture de la guerre de Gaza dans le New York Times et d'autres grands journaux a fortement favorisé Israël, selon une analyse), The Intercept rapporte qu'un examen de 1 000 articles du New York Times, du Washington Post et du Los Angeles Times sur la guerre d'Israël à Gaza a révélé que ces journaux ont systématiquement choisi des mots servant les intérêts israéliens en matière d'information.
"Des termes très émotifs pour désigner le meurtre de civils, tels que "carnage", "massacre" et "effroyable", ont été réservés quasi exclusivement aux Israéliens tués par des Palestiniens, et non l'inverse. Le terme "carnage" a été utilisé par les rédacteurs et les journalistes pour décrire les meurtres d'Israéliens par des Palestiniens dans une proportion de 60 contre 1, et le terme "effroyable" a été utilisé pour décrire les meurtres d'Israéliens par des Palestiniens dans une proportion de 36 contre 4", rapportent Adam Johnson et Othman Ali, de The Intercept.
C'est le genre de manipulation qu'un consommateur occasionnel de nouvelles ne remarquerait pas. À moins d'être à l'affût de tout parti pris et de prêter attention aux mots utilisés et à ceux qui ne le sont pas, vous ne vous rendrez probablement pas compte de l'absence de mots chargés d'émotion dans les reportages sur les Palestiniens tués par les Israéliens.
Ce type de manipulation se manifeste de multiples façons, comme les titres d'aujourd'hui sur l'assassinat par les forces de défense israéliennes d'une fillette palestinienne de six ans, Hind Rajab, et de sa famille. Des organes de propagande fiables de l'empire tels que CNN, le New York Times et la BBC ont respectivement titré : "Une fillette palestinienne de cinq ans retrouvée morte après avoir été piégée dans une voiture sous les tirs israéliens", "Une fillette de six ans disparue et une équipe de secours retrouvées mortes à Gaza, selon un groupe d'aide" et "Hind Rajab, 6 ans, retrouvée morte à Gaza quelques jours après avoir appelé à l'aide". En revanche, Al Jazeera rapporte la même histoire avec le titre "Le corps d'une enfant de 6 ans tuée par des tirs israéliens "délibérés" est retrouvé après 12 jours", et Middle East Eye publie "Hind Rajab : Une fillette palestinienne retrouvée morte après avoir été piégée par des tirs israéliens pendant des jours".
Il est facile de repérer la différence lorsqu'ils sont juxtaposés, comme je viens de le faire, mais à moins d'être vraiment attentif et de bien maîtriser ce qui se passe ici, vous risquez de passer à côté de cette réalité. Si vous êtes comme la plupart des gens et que vous ne lisez pas plus que l'accroche, vous ne saurez jamais, d'après les titres des médias impériaux, que l'enfant a été tuée par Israël, et vous ne saurez certainement jamais qu'elle a appelé à l'aide, terrifiée, alors qu'elle était piégée par les tirs des FDI, au milieu des corps de ses proches décédés. Si vous vous fiez aux médias traditionnels et à leurs versions en ligne dopées par des algorithmes pour vous informer sur le monde, vous avez passé une journée de plus avec une perspective déformée de ce qui se passe à Gaza.
La presse occidentale écrit constamment des titres comme celui-ci lorsqu'elle tente de minimiser l'impact de la mort d'une personne aux mains d'un parti avec lequel elle sympathise, en particulier en ce qui concerne les Palestiniens. Le mois dernier, la BBC a publié un article intitulé "Record number of civilians hurt by explosives in 2023" soit "Nombre record de civils blessés par des explosifs en 2023", comme s'ils manipulaient incorrectement des feux d'artifice ou autre et que les bombes israéliennes ne les tuaient pas. La BBC a par la suite révisé son titre odieux, mais en modifiant le sens remplaçant "Record number" (nombre record) par "High number" (nombre élevé) afin de minimiser l'impact de l'article.
Comparez cela avec les titres de la BBC lorsqu'elle parle des Ukrainiens tués par les frappes aériennes russes. En voici un récent, intitulé "Guerre en Ukraine : Les frappes aériennes russes font cinq morts à Kiev et à Mykolaiv", et un autre intitulé "Guerre en Ukraine : Un bébé tué lors d'une frappe russe sur un hôtel de Kharkiv".
Vous avez saisi ? En Ukraine, les gens meurent sous les bombes à cause des frappes aériennes russes qui les tuent à la russe, tandis qu'à Gaza, ils sont tués par des explosions pour s'être approchés trop près d'un certain type de matériel explosif.
La semaine dernière, le Washington Post a publié un article d'opinion intitulé "L'Amérique est-elle complice de la guerre sanglante d'Israël à Gaza ?", ce qui est déjà un titre ridiculement biaisé parce que la réponse est évidemment OUI - le fait de laisser entendre qu'il y a un doute à ce sujet fausse la donne en faveur de l'Amérique. Mais même cela était trop pour les rédacteurs du Post, qui ont modifié le titre de l'article : "La guerre Israël-Gaza a-t-elle changé votre sentiment d'être Américain ?" afin d'empêcher les Américains de trop réfléchir à la guerre sanglante menée par Israël à Gaza et à la complicité de leur pays dans celle-ci.
Dans un article de mercredi intitulé "Biden Tries Again With Arab Americans in Michigan" c'est-à-dire Biden tente à nouveau sa chance auprès des Américains d'origine arabe dans le Michigan, Farah Stockman, membre du comité éditorial du New York Times, a écrit cette phrase absolument insensée : "L'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre semble affecter les perspectives électorales de Biden". Et le New York Times l'a imprimé.
Relisez cette phrase. Elle dit que les Américains d'origine arabe rejettent Biden à cause de l'attaque du Hamas du 7 octobre, ce qui est bien sûr absurde ; ils rejettent Biden parce qu'il soutient un génocide à Gaza. Elle a écrit cette phrase absurde parce que dans le New York Times, on ne peut pas écrire des choses comme "le génocide perpétré par Israël à Gaza" ou "le président facilite les crimes contre l'humanité", et vous ne serez pas embauché si vous êtes le genre de candidat qui serait enclin à le faire. Au lieu de cela, on fait croire que, pour une raison inexplicable, les Arabo-Américains sont furieux contre Biden parce que le 7 octobre a eu lieu.
Mais là encore, ces petites manipulations passent inaperçues si l'on n'est pas à l'affût. Telle est l'intelligence de la machine de propagande invisible de l'empire américain. C'est pourquoi il est très difficile de gagner une guerre de propagande contre les États-Unis, c'est pourquoi les Occidentaux ont été manipulés avec tant de succès pour qu'ils acceptent un statu quo de guerre sans fin, d'écocide, d'injustice et d'exploitation, et c'est pourquoi le monde ressemble aujourd'hui à ce qu'il est.
📰 Lien de l'article original :
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4- 🎥 L'interview de Vladimir Putin par Tucker carlson
Réalisée le 6 février 2023 à Moscou - Version française
Version intégrale (2 heures et 7 minutes) sous-titrée en français de l’entretien entre Tucker Carlson et le président Vladimir Poutine, diffusé hier soir à minuit heure française sur le site et le compte X du journaliste américain.
En milieu de journée, ce vendredi 9 février, cette interview très attendue, avait été visionnée par près de 90 millions de personnes sur le site officiel X du journaliste américain…
Cliquez sur ce lien et descendez un poil dans l'article pour trouver la vidéo : https://www.francesoir.fr/politique-monde/version-francaise-sous-titre-de-l-entretien-poutine-carlson
Petite mise en bouche à propos du sabotage de Nord Stream, après une heure et dix minutes d'échanges entre les deux hommes :
TC : Qui a saboté Nord Stream ?
VP : Vous.
TC (ironique) : Désolé, mais ce jour-là, j'avais un rendez-vous.
VP : Pas vous personnellement, mais la CIA.
VP : Je ne vais pas m'étendre sur le sujet. Dans la guerre de propagande, les USA sont les meilleurs. Les États-Unis contrôlent à peu près tous les grands médias de l'Ouest.
En savoir un peu plus sur Tucker Carlson :
Né en 1969 à San Francisco, Tucker Swanson McNear Carlson est né d'un père ancien ambassadeur des Etats-Unis et dirigeant de médias. Sa mère Lisa McNear, une artiste, quitte sa famille alors que Tucker Carlson est encore un enfant. Il est par la suite adopté par Patricia Swanson, héritière de la marque agro-alimentaire Swanson, seconde épouse de son père.
Après avoir débuté sa carrière dans l’hebdomadaire conservateur The Weekly Standard, Tucker Carlson est passé par CNN (2000-2005) puis MSNBC (2005-2008), où il anime des émissions d’actualité. Il débarque sur Fox News en 2009. A partir de 2016, il présente quotidiennement Tucker Carlson Tonight, une émission d’une heure qui lui vaut une notoriété internationale. Son influence est très grande dans les cercles conservateurs américains. De manière surprenante, la chaîne Fox News annonce à la fin avril 2023 qu’elle se sépare de son animateur le plus populaire. Mal lui en prend : ses audiences plongent. En juin 2023, Tucker Carlson lance son propre programme sur le réseau social Twitter, format raccourci de son ancienne émission.
D’après ses déclarations, Carlson, fervent défenseur de la liberté d’expression, a travaillé des mois pour obtenir un entretien exclusif avec le président russe Vladimir Poutine.
Certains lui voient déjà un avenir politique de premier ordre : on parle de lui comme d’un possible colistier de Donald Trump ou comme du prochain porte-parole de la Maison-Blanche, si l’ancien président républicain est réélu en novembre 2024.
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